Live-report

A bord du vaisseau « Archive », le 13/11/2012 à Forest National

Dans ma famille, on ne va pas à un concert à la légère, juste comme ça, pour passer le temps. Dans ma famille, la musique fait partie de nous, c’est un être à part entière…

Lorsque, entre hommes du clan (+ la petite sœur, cherchez l’erreur !), on décide d’aller applaudir Archive, c’est en toute connaissance de cause puisqu’on a déjà vu le groupe entre 4 et 9 fois chacun.

Cher lecteur, désolé de te l’écrire mais si tu n’as pas de place pour les prochaines dates de la tournée, tu passes probablement à côté du meilleur concert d’Archive depuis les 4 dernières années. Je vais te parler de moments « forts » et de moments « intimistes », éliminons de notre répertoire les mots « faibles, bémols, etc. » car ils n’existent pas à bord de la navette sur laquelle nous avons embarqué le 13 novembre 2012 : Archive, tournée « With Us Until You’re Dead », Forest National, Bruxelles.

Je savais qu’on n’allait pas perdre notre soirée et vivre un moment intense mais j’étais loin de me douter à quel point ! Surtout que la rumeur murmurait que Maria Q était absente, devant assurer une tournée en solitaire. On devrait donc se passer de sa voix. Snif !

Le show commence classiquement : une boucle est lancée, les musiciens (dont les excellents Steve Harris à la guitare lead et Steve « Smiley » Barnard à la batterie) entrent au fur et à mesure autour de Keeler et Griffiths, les deux piliers du groupe. Pollard Berrier à la voix si délicieusement torturée entame le premier morceau « Wiped Out » du dernier album, tandis que Dave Pen s’occupe, pour l’instant, de la percu.

Mouais, me dis-je, légèrement déçu, ils se la rejouent comme à la tournée de présentation de « Controlling Crowds » : ils font une lecture de l’album.

Soudain, des coups de guitares tranchantes démentent mes pensées négatives : dans un halo luminescent, un déhanchement suave et des cheveux aux vents à peine coiffés, – ô apparition céleste –, je ne peux me retenir de crier : « Maria ! ». Sa douce voix entame le morceau « You Make Me Feel » du second album « Take My Head ». Le public est en transe : Maria Q est là, tandis que, légèrement en retrait, Holly Martin, la toute nouvelle venue, s’occupe du contre-chant, essentiel sur le morceau. C’est une succession de force et de tendresse. Les guitares puissantes s’effacent au profit des voix féminines qui, à leur tour, se taisent pour laisser la place aux guitares…

Crédit: Chacaloute

 

Le ton est donné : la nouvelle tournée est une alternance du meilleur des albums d’Archive. Les plus grands titres y sont, ou presque.

« With Us Until You’re Dead », leur dernier opus repose essentiellement sur l’électro et est beaucoup moins rock que les précédents albums. Ça, ce n’est valable qu’en studio parce que, sur scène, les guitares crachent ! Et ce n’est pas pour nous déplaire !

« Interlace », « Conflict », « Stick Me In My Heart » sont interprétées par le groupe dans une version beaucoup plus percutante, et comme si elles avaient toujours fait partie de leur répertoire. Plus tard, Maria Q nous donnera le splendide « Silent », une perle de cet album, aux légers accents de tango !

Nous exultons lorsque les premiers accords de l’entêtant « Fuck You » résonnent dans l’air, nous procurant encore cet effet de la première écoute. Et, chanté par Dave Pen, il est encore plus jouissif ! Tout comme le morceau « Again » qu’il reprend de sa voix mélancolique et désespérée. With-OUT-your-love…you’re-TEAR-ing-me-a-part… With-Out-your-love… D’accord, les puristes diront « Ils auraient pu faire la version longue ». Oui, c’est vrai, mais pensez aux nouveaux morceaux, il faut leur laisser de la place !

Captation vidéo par Timmy Over Me

Là, c’est surtout Holly Martin qui retiendra notre attention puisque c’est sa voix qui a été choisie pour lancer les deux singles de « With Us Until You’re Dead ». Alors que je l’ai trouvée un peu trop effacée pendant l’ensemble du show (c’est compréhensible : elle doit faire sa place entre trois pointures vocales que le public connaît depuis longtemps), lorsqu’il s’agit d’interpréter « Violently » et « Hatchet », par contre, elle irradie l’assemblée qui la soutient en retour. Elle est lumineuse. Le meilleur reste à venir pour elle. Ça promet, donc ! Je n’étais pas à 100% convaincu par ces deux titres aux premières écoutes, je leur trouvais un côté trop « R’n B ». Depuis le 13 novembre, je suis presque fan.

Crédit: Chacaloute

 

Simple déception personnelle par rapport au dernier opus : l’absence de « Twisting », excellent morceau aux consonances blue’s que Pollard Berrier interprète d’une manière magistrale.

Heureusement, on se rattrape pour Pollard ! Le chanteur est de plus en plus présent sur scène, aussi bien dans l’interprétation que dans la voix de mieux en mieux posée, devenue indispensable à des chansons comme « Controlling Crowds » qui incendie la foule sautant et scandant en même temps que le groupe. Il nous interprète ensuite l’obligatoire « Bullets » et sa litanie hypnotique mais LE Grand Moment de Pollard Berrier reste, selon moi, dans « Dangervisit », quatrième titre de l’album « Controlling Crowds » : une quantité d’émotions contradictoires nous habitent pendant la première partie, planante : « make me sad, make me sleep, make me question, give me things that can calm this depression », jusqu’à l’explosion finale, voire l’autodestruction du morceau en apothéose ! Et nous de crier « Feel – Trust – Obey ! Feel – Trust – Obey !»

Crédit: Chacaloute

Le tout appuyé de la guitare de Steve Harris, excellent musicien, un vrai plaisir de le voir sur scène : il s’amuse, interprète, donne parfois un soutien dans les background vocals. Et Que dire de cette basse omniprésente, fondation de la plupart des morceaux, qui nous arrive par le sol et remonte jusqu’à nos tripes ! ? Je ne peux pas te parler d’Archive sans évoquer le jeu de Steve « Smiley » Barnard, le batteur, qui oscille sans arrêt entre les beats rock et hip-hop, donnant au groupe cette couleur particulière. Le génie de Keeler/Griffiths (très scéniques, eux aussi) balaie les frontières, on ne sait plus sur quel terrain on avance, et on s’en fiche d’ailleurs, on prend part à la danse.

Bref, tous dans le groupe ont leur raison d’être et sont investis par la musique qu’ils donnent. Ils disparaissent presque derrière elle, la portant littéralement. D’une élégance rare (soulignons d’ailleurs le changement de look de Dave Pen !), les protagonistes ne manquent absolument pas de charisme !

Moment intimiste qui restera gravé à jamais dans ma mémoire : Maria Q accompagnée d’un simple clavier pour un morceau que je ne connaissais pas, un inédit sûrement : « Build and construct ». Frissons, silence attentif. Hypnotisés, nous sommes ! (J’ai retrouvé ce titre grâce à cette page )

Nul besoin d’une projection sur écran comme pour la tournée « Controlling crowds » ni d’orchestre philharmonique comme au Cirque Royal l’année passé (même si c’était bien quand même). Lorsqu’on sort d’un show comme celui-ci, on a simplement envie de baisser la tête et de dire « merci ».

Deux heures de concert, deux rappels d’au moins trois morceaux chacun, une émotion palpable sur scène et dans le public. Cette harmonie entre les artistes, cette unité, leur humilité me font presque oublier qu’ils n’ont pas joué mon titre préféré « Collapse/Collide », mais on ne peut pas tout avoir !

Enfin, quelle idée magistrale de terminer sur « Waste » ! Par Dave Pen en vocal lead + Pollard, Maria et Holly en secondes voix ! « I’ve got time to waste on you, on and on and on and on”.

Nous sommes définitivement conquis ! Oui, nous aussi, Archive, nous voulons perdre du temps avec toi, encore et encore et encore et encore et… A la prochaine !

Ensuite, nous avons repris la route et une activité normale, comme si de rien n’était. Sauf que nous n’y sommes pas réellement arrivés. On plane encore.

Share Button

Un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *