ALB – Café de la Danse, Paris – 09/06/2018

11 Juin

(c) dumdumgirl

Ce live report pourrait bien être encore plus personnel que les précédents publiés sur ce blog, car quand tu vois un groupe sur scène pour la 8e fois (sur 4 ans quand même…) il est clair que certains morceaux sont emprunts de l’accumulation d’émotions du passé, ce qui détourne probablement le ressenti du moment présent.

Mais commençons par le début de la soirée. Les Gordon nous présente ce soir sa musique électronique que je qualifierais « d’ambiance », ce n’est pas un style que je recherche habituellement, mais il faut reconnaître que le jeune homme propose quelques morceaux très agréables malgré un côté parfois répétitif (mais bon ça fait partie du genre). J’encouragerais les adeptes de Fakear (un exemple parmi d’autres, ma culture en la matière étant limitée) à laisser traîner une oreille curieuse du côté de son premier album qui sortira le 29 juin prochain.

(c) zyblynn

Surprise ce soir (mais oui, effectivement, des « special guests » étaient prévus, je n’avais pas relevé plus que ça), un groupe de rock en ouverture : des petits jeunes, tu ne les connais probablement pas, Shaka Ponk c’est leur petit nom. Ils ont l’air tellement heureux d’être là, d’avoir la chance d’ouvrir pour les grands ALB qui les soutiennent avec ferveur depuis quelques années maintenant ! (Pour ceux qui n’auraient pas suivi : ALB a fait la première partie de Shaka Ponk sur 24 dates de leur tournée en ce début d’année, c’est donc super adorable de la part des Shaka d’avoir inversé les rôles ce soir). Blague à part, Shaka Ponk ne propose habituellement pas un univers qui me correspond, leur capital sympathie est énorme, leur son est pas mal, mais leurs prestations scéniques ne m’emportent pas… Sauf aujourd’hui : ils ont préparé (à l’arrache, selon eux) un mini set épuré et sans décors, tous assis côte à côte à l’avant de la scène. Cette configuration inhabituelle pour le groupe présente l’avantage à mes yeux de canaliser le côté « too much » qui ne me plaît pas d’habitude. Bref, je le dis pour cette fois, ça ne se reproduira peut-être pas de si tôt : j’adore la prestation de Shaka Ponk ce soir.

(c) dumdumgirl

Dire qu’il fait chaud au Café de la Danse aujourd’hui est un euphémisme, on dégouline tellement qu’on commence tous à ressembler à des bougies qui se consument. Tant de monde et de chaleur, ça met du bonheur dans mon petit cœur : depuis bientôt quatre ans, je crie mon amour pour ALB, ce duo dégage quelque chose que les autres n’ont pas, que personne d’autre ne fait comme eux le font. Mon cœur en est convaincu et ne veut pas lâcher ça. Mais cette chose, tu ne la perçois pas sur leurs disques, leur véritable essence est révélée par la scène: ALB, ça ne s’écoute pas, ça se vit en live (mais bon, achète le disque aussi, bien sûr pour revivre les sensations à l’infini…). Aujourd’hui, c’est mon 6e concert en salle en leur compagnie (les deux autres étant un festival et une première partie de Shaka Ponk), certains s’étaient déroulés devant moins de 50 personnes, donc la joie que me procure ce public compact et joyeux est indéfinissable.

Pour ce qui est du set, je commencerai par évoquer les titres qui me manqueront parmi ceux qui ne seront pas joué ce soir, à savoir : « Hypoballad » et « Back To The Sun » (M’enfin Raph, comment as-tu pu laisser s’échapper de la setlist ta chanson préférée ?), de façon à poursuivre cet article sur du positif uniquement.

Il faut savoir que ALB propose pour cette nouvelle tournée un show « son et lumière » avec des séquences d’images sur panneaux à LED déclenchées en temps réel par les deux artistes sur scène (tout en jouant leur musique, oui oui!). Le tout créé avec leurs petites mains, l’aide de multiples tutos YouTube et une bonne grosse dose de débrouille. Cela ajoute une dimension supplémentaire à leur univers, mais je crains avoir loupé pas mal de détails visuels entre les moments où mes yeux se ferment pour mieux écouter, ceux où mon regard se tourne vers les artistes, ou quand je prends conscience qu’il est temps de reprendre ma respiration.

Le set commence par deux titres musclés : « IDIDUDID » et « I Keep on Running », la première sur une simulation visuelle du jeu « Street Fighter – Clément vs Raph », le public est déjà bouillant.

(c) dumdumgirl

S’en suit « The Less I Know » la multicolore, et « Endless Together » duo avec une voix entièrement synthétisée (et non une voix humaine modifiée) nommée Daisy, histoire d’amour impossible entre un homme et une machine. La version live de celle-ci révèle une incroyable énergie qui n’est pas forcément perceptible sur le disque. Petit moment de calme : « Whisper Under The Moonlight » m’arrache une petite larme au passage (première fois en 8 concerts, mon cœur est imprévisible) et nous emmène vers un « Scar Cycles » tout en délicatesse qui me fera changer d’avis sur ce morceau que je passais systématiquement dans l’album. « Golden Chains » est aujourd’hui gratifiée de sa jolie intro « Nature Synthétique » (autrement dit : des sons représentant la nature produits avec des machines), on est tous bien chauds pour les « Wohoho », Clément n’a plus besoin de nous expliquer ! Mais Raph n’est pas convaincu, il ne nous trouve pas assez bruyants, on lui montre que c’est vrai qu’on peut faire mieux, on est bien motivés, on s’éclate ! Mario est de sortie sur les écrans et fait le plein de pièces d’or (notons d’ailleurs la proportion étonnante de personnes arborant le célèbre plombier sautillant sur leurs t-shirts ce soir). Voici venir un enchaînement de trois titres qui ont sur moi un fort impact émotionnel : « Brand New Start », que je n’avais pas entendue depuis longtemps, me propulse dans le passé lorsqu’elle fut la bande son de certaines de mes décisions. « Empathy for The Devil » dont j’attendais impatiemment la version live devient sur scène exactement ce que mon esprit avait brodé autour d’elle : tant pour le rendu instrumental (et vocal) que pour le visuel, rouge (ou orange), noir, glauque et brûlant.

(c) dumdumgirl

Et l’incontournable « The Road » qui résonne, comme à son habitude, dans tout mon être. Après une petite pause hors scène qu’on n’a pas vraiment cru être une fin de concert, les artistes nous demandent de choisir entre « Never Miss you » et « Ashes », il est pourtant évident que nous voulons les deux, ils nous les offriront donc. Je regrette juste d’avoir été prévenue pour la deuxième, j’aurais tellement aimé qu’elle m’attrape par surprise, cette chanson qui m’évoque un combat avec soi-même, entre combustion intérieure et renaissance.

La fin du concert approche avec « The Last Word » qui voit Clément prendre un bain de foule. Mais, oh dommage, pas de slam ce soir, où sont passées les bonnes habitudes prises avec les Shaka ? Pourtant ça aurait pu le faire, j’en suis sûre, sur « Louise », qui arrive dans la foulée : chanson festive écrite par Clément pour sa fille présente dans la salle ce soir. Les deux musiciens quittent à nouveau la scène : une partie du public se dirige vers la sortie, mais moi je sais qu’ils vont revenir. Le slow « Days Till Tomorrow » clôture le spectacle et encourage peut-être quelques couples à s’enlacer. Clément et Raph nous saluent. La musique, c’est fini pour ce soir. Mais, comme à leur habitude, ils viennent rencontrer leur public sans se faire attendre, c’est toujours un plaisir d’échanger quelques mots avec eux.

Voilà donc : le plus long concert qu’ALB m’ait offert depuis que je les connais, un public chaleureux et vraisemblablement fidèle, et deux amies entraînées par mon enthousiasme tombées sous le charme de mes chouchous. Tous les ingrédients sont réunis pour alimenter ma fierté de les soutenir depuis ces quelques années.
Je suis consciente que ça s’arrêtera peut-être un jour, je serais peut-être moins touchée par ce qu’ils font, mais jusqu’à présent, chaque concert avec ALB est comme un nouveau chapitre d’une histoire qui grandit en moi et participe à mon évolution personnelle. J’espère qu’ils continueront à nourrir mon âme avec une telle force pour longtemps encore. Et surtout, qu’ils rempliront les salles de plus en plus vite, ils le méritent tellement !

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