Alexis HK + Undobar @ Big Band Café à Caen 02/02/2013

12 Fév

J’avais déjà évoqué, dans cet article, combien j’avais apprécié le concert d’Alexis HK au forum de Falaise. J’ai embarqué mon mari (ou alors, peut être que, cette fois, c’est moi qui l’ai suivi, je ne sais plus…) pour une deuxième rencontre, quelques mois plus tard, dans un contexte un peu différent: d’un théâtre dans lequel nous étions tous assis, nous passons à une salle de musiques actuelles où le public est debout. Et, contrairement au forum de Falaise, le Big Band Café propose toujours une première partie. Le plus souvent, c’est la salle qui fait le choix de l’artiste qui ouvrira la soirée, en conséquence, l’affiche est parfois (souvent) un peu éclectiques. J’avais beau savoir que la première partie est souvent différente de l’artiste principal, quand les deux membres du groupe Undobar sont arrivés sur scène avec, en main, chacun une guitare folk, je m’attendais à de la chanson française toute calme. Il est vrai que je ne m’étais absolument pas renseignée à leur sujet, je n’avais même pas la moindre idée de leur nom. J’avoue que j’aime bien me laisser surprendre par les premières parties: la découverte, quand elle est de taille, n’en est que meilleure. Et, comment dire…dès les premiers accords, j’ai compris que je pouvais bannir le mot « douceur » au profit du mot « énergie », parce qu’avec Undobar, tu t’en prends plein les oreilles avant même d’avoir eu le temps de prendre ta respiration. Les vibrations de leurs deux guitares s’entremêlent à merveille et créent une ambiance résolument Rock renforcée par quelques coups de grosse caisse bien placés et une voix grave qui accentue le côté sombre de leur musique. Je me suis laissée envelopper par cette ambiance en moins de trois chansons, et, à en croire le regard réjoui de mon homme, (celui-là, qui, quelques minutes auparavant, ronchonnait de devoir « subir » une première partie) il était du même avis que moi ( et je peux te dire que c’est assez rare qu’on tombe d’accord dans le domaine de la musique). A vrai dire, le groupe est venu chercher le public avec une aisance redoutable, Dieu sait, pourtant, combien les Normands sont parfois difficile à réveiller.

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En ce qui me concerne, j’ai été conquise par leur prestation et me suis offert leurs deux EP à la sortie du concert. Le plus récent est sorti en janvier de cette année, il est donc tout frais, avec un superbe design de pochette ( joli piranha, jolies couleurs) et un titre qui claque: Virus On Your Lips. On y trouve six chansons bien pêchues, tu peux te le procurer facilement sur itunes ou, si t’es radin, tu peux aussi l’écouter sur deezer (mais, ne radine pas trop quand même, parce que ce n’est pas facile pour les artistes de vivre de leur musique). Maintenant que je connais bien leur répertoire, j’espère les revoir prochainement sur scène pour te faire un compte-rendu plus détaillé.


Maintenant, place aux retrouvailles avec Alexis HK ou tout l’art d’offrir la sensation d’un concerts complètement différent de celui de Falaise avec une setlist strictement identique (hormis le deuxième rappel). J’ai ressenti cette nouvelle rencontre de manière bien plus intense que la première, et, à aucun moment, je n’ai eu l’impression de revivre le même concert que la première fois. Certes, je partais conquise dés le départ, mais j’ai eu le sentiment que Monsieur Alexis HK était d’une humeur particulièrement affable qui le poussait à de jolies improvisations. On note un petit changement d’équipe: à la guitare, banjo, et autres instruments à cordes, Simon (corrigez-moi si je me trompe…) est remplacé par Loïc. Ce dernier apporte un souffle de jeunesse à une équipe de musiciens d’âge mûr (auto-proclamés « vieux », avec humour, par leur leader). Ce soir-là, j’ai également découvert un nouveau concept: si je suis habituée à ne pas sortir indemne des concerts de Rock pour cause de côte(s) lâchée(s) dans les pogos, la notion de « côte froissée dans un fou rire » m’est moins familière, mais, crois-moi, la claque live n’en est pas forcément moins violente et le bilan est tout aussi agréable (les petits « aïe, ouïe » de départ sont bien vite oubliés). Entre les chansons, Alexis HK se montre particulièrement habile pour déclencher les rires du public par son humour subtil, (ou moins subtil quand il s’agit de fumer la pipe, private joke pour ceux qui étaient là) mais c’est surtout l’émotion qu’il insuffle dans l’interprétation de son oeuvre qui a fait de ce concert un moment magique. Dès l’entrée en scène, j’ai senti des petits papillons s’agiter dans ma poitrine, c’est là que j’ai compris qu’Alexis HK avait désormais rejoint le cercle (de plus en plus large) des artistes qui déclenchent chez moi une réaction passionnelle. Oui, je sais, on me l’a souvent dit: je suis une coeur d’artichaut, trait de caractère que je trouve beaucoup plus supportable depuis que j’ai appris à l’accepter comme faisant partie intégrante de ma personnalité. « Effacés les châteaux de sable, envolés les paravents, les amoureux des fables, et le rire de enfants », les premiers sons de La fin de l’empire, m’ont, directement, plongée dans un état de douce mélancolie. Pendant toute la durée du concert, j’ai oscillé entre rire et frisson intense, et il y a même eu quelques passages durant lesquels j’ai perdu le fil de la réalité, portée par l’intensité de l’émotion transmise à travers les vibrations de la musique et la beauté des paroles. La chanson Cesar, qui nous conte l’humanité perçue par un arbre, m’a, une fois de plus, convaincue que la sagesse de ces êtres vivants est bien supérieure à la notre.Image de prévisualisation YouTube

A la fin de la reprise de  J’passe pour une caravane d’Alain Bashung, le simple mot « magnifique », prononcé par un membre du public, résume parfaitement l’émotion ambiante. Dans la catégorie frisson, je retiendrai également L’homme du moment et Princesse de papier deux chansons qui pointent du doigt le revers de la célébrité: éphémère pour la première, et dévisagée pour la seconde. Mais il y a aussi celles qui sont plus légères, pleines d’humour, et qui font du bien, comme  La maison ronchonchonCharité populaire ou C’que t’es belle (avec une très belle allusion à la tolérance au moment où il invite à danser, je cite, « les filles avec les garçons, les garçons avec les filles, les garçons avec les garçons, les filles avec les filles…c’est le mariage pour tous! ») et celle qui brille par la qualité de ses jeux de mots: Les Affranchis. Cette dernière présente la grande famille de la chanson française comme une mafia. Si tu n’as jamais vu le clip de cette chanson, il faut y remédier au plus vite: Image de prévisualisation YouTubeMais, pour moi, le moment le plus intense de ce concert restera Le dernier présent, titre qui a donné son nom au dernier album sorti en 2012. Pendant ces quelques minutes, le chant m’est apparu si juste et le son si pur, que  l’idée de la perfection s’est dessinée peu à peu. Ce moment où une chansons que tu trouvais déjà très belle prend une dimension magique: chaque vibration qu’elle dégage t’imprègne, t’enveloppe, t’emporte délicieusement ailleurs et fait, de l’instant présent, un moment inoubliable dans lequel tu restes figé un bon moment, même après le concert.

La setlist complète du concert était la suivante: La fin de l’empire, Fils de, La fille du fossoyeur, On peut apprendre, Son poète, Cesar, Gaspard, La maison ronchonchon, Ignoble noble, Maudits Anglois, J’passe pour une caravane [Alain Bashung], Coming out, L’homme du moment, Le dernier présent, (premier rappel) Charité populaire, C’que t’es belle, Princesse de papier, Les affranchis, Je reviendrai, (2e rappel) Les sages.

Voilà donc une soirée doublement réussie avec une très belle découverte: Undobar et la confirmation de mon admiration grandissante pour Alexis HK, et, fait exceptionnel, les deux concerts ont également emballé mon homme, soirée triplement réussie, donc, en fin de compte.

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  1. Le Top EP 2013 de la rédaction | My Wonderwall - 7 janvier 2014

    […] en leur compagnie, et je ne m’en lasse pas. J’en ai, d’ailleurs, déjà parlé ici et là. En 2013, ils ont donné plus de cinquante concerts (oui, oui, tu comptes bien, ça fait […]

  2. Le Top Concerts 2013 de la rédaction | My Wonderwall - 14 janvier 2014

    […] Il est des artistes que j’écoute peu chez moi, mais que je pourrais voir et revoir sur scène, sans jamais me lasser. Alexis HK est de ceux-là, dès qu’il monte sur scène, je suis amoureuse : il a de la prestance, de l’humour. Et il parle tellement bien, il emploie des termes qui ne sont plus utilisé couramment, mais sans jamais que cela sonne vieillot. Ses textes sont tellement touchants et abordent tous les sujets, il chante toujours parfaitement et est accompagné de musiciens hors-pair. Il faisait déjà partie de mon top concerts 2012, mais ce fût encore meilleur au Big Band Café cette année (les détails sont ici). […]

  3. Fred Atome - Pan D - Black Boar @ La Bazoge (Soirée Twin) 08/03/2014 | My Wonderwall - 18 mars 2014

    […] là. Et moi, si j’étais à La Bazoge ce soir-là, c’est tout simplement parce que j’ai découvert Undobar en première partie d’ Alexis HK en janvier 2013, oui bon ça, c’est la version courte, pour les étapes intermédiaires, […]

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