Au Pont du Rock – Jour 2 : un marathon breton, résolument rock (partie 2)

26 Août

Suite et fin de mon périple breton Au Pont du Rock

Après 45 minutes passées avec Miossec, je quitte la foule et me dirige vers la scène Grenouille pour assister aux balances de Stuck in the Sound et surtout me placer correctement pour THE concert. Oui bon, en trois secondes, tu l’auras compris (si tu ne le sais pas déjà), j’aime particulièrement Stuck in the Sound, et ce depuis quelques années maintenant (il était une fois une vieille affiche de concert dans un bar à Fontenay sous-Bois…). Un son rock si particulier, une voix saisissante et une présence scénique impressionnante. Imparable et addictif. Quatrième fois que j’assiste à un concert du groupe parisien cette année et à chaque fois, la même intensité, le même plaisir de bout en bout. Autre constat plutôt très cool, la setlist est légèrement différente à chaque fois. Non contents d’avoir composé une multitude de titres taillés pour le live (« Toy Boy », « Ouais », « Bandruptcy », « Don’t Break the Bar Please Dumbo ! » et j’en passe), les Stuck semblent retravailler soigneusement leur setlist à chaque concert pour une meilleure montée en puissance de l’ambiance dans le public, constamment encouragé par leur charismatique front man à capuche. C’est rock, puissant, bordélique : « Faites du bruit ! », la consigne est claire, on est là pour se lâcher et on aime ça.

Relativement pointilleux lors de ses balances, le quintet fait résonner quelques riffs incontournables de son répertoire, rameutant rapidement bon nombre de festivaliers des quatre coins de la prairie. En quelques minutes, aux premiers rangs s’amasse une foule de gens chauds bouillants, visiblement aussi impatients que moi. Quelques courageuses nanas au premier rang se cramponnent déjà très fort à la barrière de sécurité car derrière se dresse un mur de mecs prêts à tout lâcher dans un pogo dont le festival se souviendra longtemps. Et ce fut le cas. MÉMORABLE. Véritables bêtes de scène, les Stuck nous ont offert un set surpuissant, presque uniquement composé des morceaux les plus musclés de leurs trois albums, avec pour seul objectif : foutre le bordel à Malestroit. Dès les premières minutes, la foule est survoltée, ça chante, ça saute, ça pogote de partout. « Ouais », « Let’s go », « Brother », un début de set complètement inédit (pour moi en tout cas), de quoi te couper le souffle en trois chansons. En milieu de set, le groupe nous laissera juste trois minutes de répit avec la sublime ballade « Tender », avant de nous achever (de plaisir) doucement (euh) mais sûrement avec des titres tous plus rock les uns que les autres : « Pursuit », « Purple », « Shoot Shoot » ou encore le terrible « It’s Friday » dont voici un extrait vidéo, filmé en direct de la fosse.

En résumé (et en toute objectivité bien sûr), encore une prestation impeccable du groupe, un live d’une intensité incroyable, où il était franchement bon de voir les deux côtés de la rambarde partager un pur moment de folie. Tellement intense d’ailleurs, que même les enceintes droites de la scène Grenouille n’y ont pas résisté (perte de connaissance quelques secondes pendant le show). En tout cas, si les Stuck in the Sound passent par chez toi, n’hésite pas, tu t’en souviendras longtemps crois moi.

Ramassant mes pauvres côtes parmi les k-ways, bobs et autres cadavres gisant sur le champ de bataille, je suis restée plantée là quelques minutes, un peu groggy, à savourer ce qui venait de se passer. 23h40. Izia commence son show au loin sur la grande scène, je la suis de la seule oreille qu’il me reste. En quelques minutes, la jeune fille impose sa présence, son rock brut et rageur, ça envoie sec. La foule semble réceptive, il faut dire qu’Izia avait déjà fait forte impression à Malestroit deux ans auparavant. Le public sait donc à qui il a affaire. Et moi aussi, puisque c’est également la quatrième fois que je la vois en live en deux ans. 21 ans seulement, deux excellents albums à son actif, Izia a du talent c’est clair, une superbe voix éraillée et, sur scène, de l’énergie à revendre. Et entre nous, les nanas françaises qui font du bon rock, c’est plutôt rare.

Mais (car oui, il y a un mais), rien à faire, je reste un peu perplexe après chaque prestation. En fait, j’aime l’artiste, sa musique, sa générosité et surtout, je reste toujours fascinée par la manière dont ce p’tit bout de nana est capable d’assurer un live d’une telle puissance, perchée sur des talons de 10 cm. Mais je lui trouve aussi un côté « too much ». Sur scène, Izia parle beaucoup. Alors ok, c’est parfois marrant car elle a plutôt une bonne répartie (demandez aux cons qui ont osé lui balancer leurs gobelets plastiques au début de « Let me alone », ils doivent s’en souvenir). Mais à la longue, ses « putain ! » à tout-va (sans oublier cette pauvre « Lola » qui se fait insulter à chaque concert…) et son attitude scénique explicitement sexuelle (introduction du titre « Baby » notamment) agacent. A-t-elle vraiment besoin de ça pour convaincre le public de sa rock’n roll attitude ? Je ne crois pas mais bon passons, car, malgré ça, en deux ans, je dois reconnaître qu’elle a bien grandi la demoiselle. Sur cette nouvelle tournée, elle semble plus mature, plus maîtrisée, sans pour autant avoir perdu sa fougue. Je m’étais déjà fait cette réflexion à la sortie du Bataclan en mars dernier et ça se confirme au fil des concerts : l’intensité est intacte mais sa voix plus nuancée et ses grands discours (un peu) raccourcis. Cool.

Remise de mes émotions et happée par l’ambiance qui se créait devant la scène Dragon, je me rapproche. Véritable tornade, Izia fait son show, entraîne le public sur une série de morceaux musclés « Lola », « Baby », « On Top Of the World », « She » et évidemment l’excellent « So Much Trouble » dont voici un extrait.

Très peu de répit sur ce set, « Penicilline », « I Hate You », « Disco Ball », on sent qu’elle lâche le maximum. Son large sourire constant et la belle complicité avec ses musiciens en disent long : elle prend un pied non dissimulé et le public aime ça. Moi aussi. En dépit du léger bémol décrit plus haut, c’est vraiment une artiste à aller voir.

Il est presque 1h du matin alors qu’on attend le groupe suivant, Puppetmastaz, sur la scène Grenouille. Je ne connaissais pas ce groupe venu d’Allemagne. Oui je sais, ça peut paraître fou vu son nombre d’années de carrière. Je savais juste qu’il était question de « marionnettes qui chantent » (fait confirmé par l’étrange décor à l’effigie du groupe installé sur la scène), et d’un mélange de hip-hop et d’électro. Tout ce que j’aime, quoi. Allé, pas d’à priori, aux vues de la masse de festivaliers présents et visiblement très impatients, je reste. Comme Au Pont du Rock, faut le savoir, la discussion avec des inconnus est assez facile, j’en profite pour interroger mes (sympathiques) voisins de fosse sur ce qui nous attend : « Excellent ! », la réponse est unanime. Après coup, j’aurais plutôt dit « Déjanté » moi mais bon. Ok, c’est parti. Voilà les étranges marionnettes qui entrent en piste. Des animaux venus d’ailleurs dotés de noms aussi improbables que leurs looks : Mr. Maloke (la taupe, le leader), Panic the Pig (un cochon), Snuggles the Bunny (un lapin), Wizard the Lizard (un lézard) et deux autres espèces non identifiables.

A ce moment, je plains les festivaliers dont la langue de Shakespeare n’est pas la spécialité car les marionnettes s’expriment uniquement en anglais, ils n’ont donc pas du profiter du show à sa juste valeur. Après une petite introduction pour situer l’histoire, le spectacle commence. Énorme son. Les basses dominent et résonnent à fond sur la scène Grenouille, tous les bras sont levés dès les premières mesures. Un tout petit extrait pour te donner une idée :

Au bout de quelques titres, on a le droit à une nouvelle salve de Puppetmastaz : les vrais, en chair et en os ! De véritables « freaks » sur pattes, six membres arborant des costumes d’animaux similaires à ceux des marionnettes, déchaînant la foule, scandant des morceaux oscillant effectivement entre rap, hip-hop et électro. Non, cette musique n’est pas forcément ma tasse de thé mais je dois dire qu’il y avait quelque chose de prenant dans leur son, comme magnétique. Sans doute l’effet des basses qui résonnaient jusque dans la gorge. Quoi qu’il en soit, le spectacle en valait le détour : c’était drôle et l’ambiance était à peu près aussi dingue que ces six extraterrestres.

A 10 min de la fin, une pause technique m’oblige à sortir de la foule (hey, même ça c’est facile Au Pont du Rock !) et m’a fait rater LE potin croustillant de la soirée : une demande en mariage ! Oui oui, à la fin du concert de Puppetmastaz, accompagné par l’un des chanteurs, un jeune homme a demandé à sa chérie de l’épouser, comme ça quoi, en toute intimité devant 7000 personnes. Je t’avais prévenu, c’est convivial Au Pont du Rock. Wuh.

Arrive l’heure du concert de clôture du festival, celui de Death In Vegas. Encore un que j’attendais beaucoup. Il est 1h45. 7ème heure, ça commence à être dur. La fatigue gagne du terrain, l’humidité de la nuit se fait sentir, on se resserre devant la scène. Le groupe d’électro-rock anglais fait quand même son retour après 7 ans d’absence alors on tient le coup, impossible de rater ça ! Je ne sais pas pour les autres mais malheureusement pour moi, la fatigue ne m’a pas lâchée durant ce dernier set et force est de constater que je n’ai pas apprécié ce concert.

Mystérieuse et énigmatique, la musique de Death In Vegas est un savant mélange de rock et d’électro (globalement). J’avais pas mal écouté chez moi, ça m’avait plu. Mais là, je m’attendais à quelque chose de nettement plus pêchu que ça. Le côté électro a pris le pas sur le côté rock. Alors oui, c’était super planant, psychédélique et ponctué de belles mélodies ascensionnelles, qui te donnaient envie de vivre le plaisir de l’explosion finale. Mais, au fil des morceaux, j’ai trouvé ça lassant, ils m’ont perdue. Par rapport au concert précédent, le public semblait un peu éteint mais bon, je me dis qu’à ce moment-là, je n’étais peut être simplement plus réceptive à rien. Leur tube « Hands Around My Throat » m’a tout de même sortie de ma torpeur quelques minutes mais je suis retombée aussi sec. Déception.

3h, fin du concert. Je quitte la prairie où raisonnent encore les mélodies dansantes d’un groupe de musiciens improvisés, munis de percussions, entraînant les derniers festivaliers (campeurs) jusqu’au bout de la nuit. A dire vrai, ça m’a fait quelque chose de quitter ce lieu. Ce qui prouve qu’on se sent bien Au Pont du Rock, vraiment bien, un peu comme à la maison, les galettes-saucisses en plus. Trève de plaisanterie, je vous conseille vivement d’aller y faire un tour.
Pour moi, le rendez-vous est pris. Alors à l’année prochaine !

 

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