Au Pont du Rock – Jour 2 : un marathon breton, résolument rock (partie 1)

23 Août

Chez My Wonderwall, vous le savez, on raffole des concerts. Comme pour tous les amoureux de la musique live, l’été marque la période des festivals. Et ça tombe plutôt bien car on en raffole aussi. Après Solidays, le Main Square et les Francofolies de Spa, voici un retour sur le « plus vieux festival rock associatif et indépendant de l’été en Bretagne », Au Pont du Rock, où j’ai pris plaisir à passer une journée fin juillet.

Organisé à Malestroit, jolie bourgade du Morbihan entre Rennes et Vannes, ce festival représente un grand rendez-vous local depuis 1989. Pour preuve, cette année, la 22ème édition fut encore une réussite, rassemblant 15 000 festivaliers sur deux jours, soit la deuxième meilleure fréquentation après 2011. Il est porté par l’association « Aux Arts Etc…» (50 membres) et soutenu par un grand nombre de bénévoles (environ 750 cette année) assurant le bien-être des festivaliers tout au long de l’évènement.

Vous me direz, pourquoi avoir choisi Au Pont du Rock ? Il est vrai qu’en Bretagne, on a l’embarras du choix en matière de festivals, tous présentant des programmations plus alléchantes les unes que les autres (Les Vieilles Charrues, La Route du Rock…). Cependant, suite aux quelques déboires vécus au dernier Solidays, j’avais envie d’un festival de plus petite envergure, plus convivial où l’on n’est pas là pour se montrer, où il ne faut pas se battre pour voir les artistes, ni faire trois heures de queue pour entrer sur le site ou pour la moindre bière. Et le choix fut judicieux. Au Pont du Rock, rien de tout cela : simplicité, intimité, convivialité. Certes plus discret, le festival proposait néanmoins cette année une programmation éclectique de qualité. À l’affiche, de nombreux artistes français dont la réputation n’est plus à faire, tels que The Shoes, Birdy Nam Nam, Revolver, Imany, Camille, Arthur H, Miossec, Stuck in the Sound, Izia, quelques formations internationales comme Sallie Ford and the Sound Outside, Puppetmastaz et Death in Vegas, sans oublier des groupes de la région comme Les Enfants de Morphée, Darez, Les 3 Fromages ou encore The Decline ! Majoritairement rock, résolument festif, voilà ce qui m’a convaincue.

Situé entre la forêt et le centre-ville de Malestroit, le site des concerts investit une grande pairie le long d’un canal. L’accès au parking se fait à travers champs, un peu sportif mais plutôt marrant, parfaitement adapté à l’image du festival, nature et écolo, de quoi se mettre direct dans l’ambiance. Petit bémol, la distance à pied du parking au site est d’environ 1,5 km, autant te dire qu’au retour à 3h du mat’ sans éclairage, tu rigoles moins.

Bref, après quelques minutes de 4×4 à travers champs, me voilà donc garée, galopant gaiement vers le site et croisant tout un tas de festivaliers déjà bien alco… joyeux. À l’entrée, les notes de Camille résonnent au loin, je m’empresse donc de passer les contrôles (1 minute montre en main contre 1h15 à Solidays, ça se passe de commentaire) et de foncer vers la scène. Autre gros point fort de ce festival : deux scènes seulement, une grande (scène Dragon) et une plus petite (scène Grenouille), dont la portée sonore permet de suivre n’importe quel concert depuis l’autre bout du site. Impossible d’en rater une miette. Et se perdre, bah encore moins. En plus, comble du bonheur pour le festivalier, les artistes sont programmés… les uns après les autres ! Oui, ça peut paraître super logique dit comme ça, mais ce n’est pas le cas dans la plupart des festivals qui n’hésitent pas à cumuler les groupes et donc à « chevaucher » les prestations, nous obligeant à faire des choix souvent déchirants. Là, on passe simplement d’une scène à l’autre sans râler ni sans courir, grâce aux cinq minutes d’intervalle accordées entre chaque concert.

Arrivée un peu avant 20h sur le site, je ne vous parlerai donc pas des trois premiers artistes de la journée, à savoir Les Enfants de Morphée, The Decline ! et Revolver. J’avoue, dommage pour les deux premiers que j’aurais aimé découvrir en live, mais sans regret pour Revolver que je venais de voir au festival Fnac Live la semaine précédente et dont je trouve les concerts peu intéressants (ça, c’est fait). Au programme donc : 7h de live avec (dans l’ordre) Camille, Arthur H, Miossec, Stuck in the Sound, Izia, Puppetmastaz, Death In Vegas. Autant dire que des têtes d’affiche.

Je commence donc mon marathon avec Camille sur la grande scène. Une artiste que j’ai découverte avec son deuxième album « Le Fil », mais que je n’avais jamais été voir sur scène, par peur de m’ennuyer j’avoue. Alors, en festival, bien évidemment c’était risqué. Eh bien, non. Bonne surprise. Camille est pleine d’énergie, elle danse, sautille pieds nus, entraîne le public grâce à une énergie et une gestuelle impressionnantes, en adéquation parfaite avec sa performance vocale. Après un « Ta douleur » fédérateur, là voilà qui enchaîne les titres festifs, notamment « La France » et « Cats and Dogs » pour le plus grand plaisir du public qui semble raffoler de ses onomatopées animales qu’il reprend en cœur. Bon, à l’exception de titres joués au piano le dos tourné au public ayant légèrement calmé l’enthousiasme de celui-ci, sa prestation était assez convaincante. Je la reverrai avec plaisir, peut-être dans un lieu plus confiné.

Après un (second) rappel somptueux sur le titre « Tout dit » a capella, Camille nous quitte et Arthur H prend le relais sur la scène Grenouille. Je profite du premier quart d’heure de l’artiste pour faire un tour des divers stands de merchandising et, la soif se faisant sentir, comprendre comment on se restaure au Pont du Rock. La conscience écologique dont fait preuve le festival saute aux yeux entre les dispositifs de toilettes sèches, de tri sélectif et de gobelets consignés. On se restaure grâce à de petits jetons plastiques facilitant le règlement aux stands. Bon, je ne vous parle pas des tarifs bretons hein, même pas besoin de se ruiner pour tenir le marathon sans risquer la déshydratation. Bonheur.

Je rejoins la foule devant Arthur H, dont les mélodies accrocheuses m’ont plu immédiatement. On m’avait dit beaucoup de bien de ses concerts, j’avoue avoir été séduite par sa voix sensuelle, son jeu de scène rock et sexy (un truc de famille sans doute), le tout mis en valeur par d’excellents musiciens. Beaucoup moins touchée par ses textes en revanche, un peu trop « perchés » à mon goût, enfin si je le compare à Miossec que j’ai vu par la suite. En tout cas, j’ai été frappée par l’ambiance chaleureuse et très familiale dans le public : parents, enfants, grands-parents même, tous réunis à chanter et danser gaiement sur un peu de chanson française. Et la famille, Arthur H y a fait honneur en accueillant sa fille Marcia et sa sœur Izia sur scène pour l’un des derniers morceaux du set.

Le concert d’Arthur H se termine. Le soleil commence à nous quitter alors qu’arrive le moment que je redoutais le plus : le concert de Miossec. Bah oui, clairement, écouter Miossec chez moi, j’évite. C’est signe de déprime profonde. Et pourtant, j’aime ses chansons, ses textes réalistes et durs mais à chaque fois, rien à faire, ça me plonge dans un état mélancolique. Au départ, je pensais éviter ce concert, d’autant que, n’ayons pas peur des mots, l’artiste n’a pas vraiment une bonne réputation sur scène. Mais la curiosité l’emporta et, en moins de 10 minutes, me voilà devant (et déjà quasi réconciliée avec) ce monument de la chanson française. 17 ans que le « gars du coin » n’était pas revenu au Pont du Rock, il était clairement attendu par le public breton. Et ce fut grand. Un pur moment de plaisir. Je suis restée complètement fascinée par ce mec brut, écorché mais attachant, capable de chanter les coups durs de la vie avec un charisme étonnant, mêlant à la fois force et émotions. C’était beau et authentique, je garde le souvenir particulièrement ému d’un superbe « Je m’en vais ». En tout cas, moi j’espère bien recroiser sa route un jour.

 

To be continued…

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2 Responses to “Au Pont du Rock – Jour 2 : un marathon breton, résolument rock (partie 1)”

  1. Schattra 23 août 2012 at 11:35 #

    Galette saucisse powaaaa!:D Ça m’a tout l’air d’être une perle ce festival: peu de monde, cadre bucolique, orga rodée et programmation pas pire du tout. Je ne connaissais pas, mais maintenant, je saurai. Merci My Wonderwall!

    J’attends la suite avec une impatience non dissimulée, même si je suppose que ce week-end sera davantage consacré aux prairies du domaine national de St Cloud qu’à celles de Malestroit (au moins, on reste dans l’esprit festival, vous êtes des gens sérieux)…

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  1. My wonderwall, déjà un an ! (playlist 3) | My Wonderwall - 15 octobre 2013

    […] de mes deux partners, Dumdumgirl et Zyblynn, je publiais mon premier live report du festival Au Pont du Rock sur My Wonderwall. Un grand saut pour moi à l’époque, sans aucun regret aujourd’hui. Parce […]

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