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[live-report] Pendentif, un bijou de la scène française !

18 Nov

©dumdumgirl

Pendentif fait partie de cette nouvelle vague de groupes français qui surfent sur une musique mélangeant pop et new wave, héritiers de la musique française des années 80 où les synthétiseurs ont une place égales aux guitares, et où les textes ne se prennent pas toujours au sérieux.
C’était à la Maroquinerie qu’ils jouaient ce 14 novembre, précédés du groupe The Pirouettes.
The Pirouettes, c’est un duo, Leo Bear Creek et Vickie Chérie, deux jeunes artistes pleins de fraicheur, jouant des morceaux de ‘French pop’, utilisant exclusivement des instruments électroniques.
Les titres sont évocateurs d’une musique fun et colorée, avec « le matin l’été indien » qui fait évidemment référence au titre de Joe Dassin, « Danser dans les boites de nuit », où notre tandem se déhanche sur une musique sautillante, scandant « J’ai jamais su dansé dans les boites de nuit ».
Lorsque le chanteur déclame « Je pense à mon chat qui dort à cette heure là », on pourrait penser que c’est une improvisation mais non c’est bien dans le texte, comme quoi ce groupe est surprenant, car même si l’on sait que la musique sera légère et dansante, les paroles arrivent à nous étonner, et c’est vraiment ça la magie de ce duo : derrière une image fantaisiste, il y a bien de la substance dans cette musique. On se dit parfois « WTF », et c’est ça qui est marrant. Pour moi, le morceau qui représente bien cet esprit était « Robocop » qui narre l’histoire du robot policier que l’on connait tous. En résumé, The Pirouettes étaient une bonne surprise !

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Oceania – The Smashing Pumpkins

9 Juil


Billy Corgan - Licence Creative Commons - Par matthewf01 - Flickr

The Smashing Pumpkins, un grand nom du rock des années 90’s… En apparence, un groupe de musiciens se limitant à donner vie à l’univers musical du guitariste-chanteur Billy Corgan, mais en regardant de plus près, un vrai collectif d’artistes caché derrière ce leader, presque une marque de fabrique… Lorsqu’un nouveau disque des Smashing Pumpkins sort, on est curieux de l’écouter, même si plus le temps passe, plus on s’éloigne du génie créatif des premiers albums…

Qu’en est-il de ce nouvel opus? Un résultat plutôt positif, on sent que Billy Corgan a voulu faire plaisir à ses fans… Le titre d’introduction, Quasar, est un hommage appuyé à Cherub Rock, l’un des titres de leur album phare Siamese Dream, voire Geek U.S.A., tiré du même album, comprenant une enfilade de riffs de guitares avec ce style si particulier à Corgan. A la première écoute, on a tout de même un sourire crispé… Est-ce un retour au source ou un gros manque d’inspiration? Le morceau suivant, Panopticon, ne rassure pas. L’impression d’un déjà-vu se renforce, que ce soit en le comparant au titre United States de l’album Zeitgeist ou Rocket de Siamese Dream. Cependant c’est un morceau qui mérite d’être écouté plusieurs fois, le genre de morceau qu’on finit par apprécier, voire adorer alors qu’on le détestait au début.

 

 

The Celestials continue de dérouter… Est-on en train d’écouter encore un titre très inspiré d’un ancien morceau, en l’occurrence Disarm ? Même si ce morceau évolue, on a l’impression de manger un gratin de restes : un peu d’électro vers le milieu, un peu de ballade rock vers la fin… Toujours dubitatif, c’est heureusement le quatrième titre, Violet Rays, qui rassure, avec une mélodie agréable à écouter dès la première fois, une chose assez rare que Billy Corgan réussit souvent, et qui explique en partie pourquoi les Smashing Pumpkins ont toujours une horde fans après tant d’années… My Love is winter continue dans le registre, c’est vraiment dans les balades power-pop que les Smashing Pumpkins convainquent le plus et on est pas déçu.

 

Lorsqu’on regarde l’évolution du groupe, le premier album Gish était d’un style très alternatif, on peut réécouter I am one en particulier, ou Rhinoceros, pour en avoir une idée. C’est ensuite la collaboration avec le producteur Butch Vig qui a mis en orbite la carrière du groupe avec l’album Siamese Dream. Le travail de production a quasiment atteint la schizophrénie avec l’excellent Mellon Collie And The Infinite Sadness… En effet le style devenait plus grunge (Zero, Bullet With Butterfly Wings), mais avec beaucoup d’expérimentation et de recherche, autant au niveau de la composition (Thru The Eyes Of Ruby) que des sonorités (Love). Par la suite, Billy Corgan décida d’assurer lui-même la production des albums et commença à se tourner vers des sonorités électroniques, bien avant les autres artistes américains… C’est sur l’album Adore qu’on peut entendre des morceaux mélangeant guitares électriques et synthétiseurs (Ava Adore). Une B-side comme Eye est quasiment un morceau d’électro, et vaut pourtant le détour.

Que c’est sexy une bassiste!!! Licence Creative Commons – Par PRIME IMAGERY >gianni< – Flickr

Malheureusement, même si Chicago est le berceau de la House music, la musique électronique, c’est le domaine de l’Europe, pas des Etats-Unis. Pour s’en rendre compte, il suffit de voir qu’un artiste comme David Guetta y est l’un des DJs les plus populaires, 20 ans après qu’un collectif tel que F-Communication ait lancé la French touch. Par conséquent, on a l’impression que Billy Corgan en est resté aux synthétiseurs avec des sonorités dépassées (On sait Billy, une TB-303 c’est rigolo mais à peu près tout le monde l’a déjà exploitée dans tous les sens). Et cet amateurisme sur les instruments virtuels et autres synthés, c’est ce qu’on entend sur les morceaux d’Oceania tels que One Diamond, One Heart, et pire, Pinwheels. Si seulement les mélodies se laissaient écouter, mais non, et on attend péniblement la fin de ces morceaux, presque prêt a abandonner l’écoute de cet album.

Ca serait pourtant une erreur, car enfin un bon titre apparait, c’est Oceania, titre éponyme de l’album. On y retrouve l’ambition créative des beaux jours, avec un morceau qu’on pourrait séparer en 3 parties, mais heureusement qui s’enchainent bien. Il faut savoir qu’il y a eu pas mal de changement sur le line-up originel (James Iha, D’Arcy et Jimmy Chamberlin). Chacun des nouveaux membres apportant leur touche, on entend des lignes de basses plus travaillées que jamais, notamment sur Oceania, et on ne peut être que réjoui que Nicole Fiorentino, ex-bassiste de Veruca Salt, ait rejoint le groupe, le rendu en live n’est est que plus prometteur.

Pale Horse fait partie de ces morceaux avec un tempo assez lent que Billy Corgan semble apprécier puisqu’on les trouve sur de nombreux albums, comme par exemple Try Try Try sur Machina/The Machines Of God. C’est ce genre de titres qui divise souvent les fans, ennuyeux pour les uns, géniaux pour les autres, personnellement j’ai bien aimé au début mais il a rapidement perdu de sa saveur. A ce niveau, l’album commence à lasser sérieusement. Le titre suivant The Chimera ressemble beaucoup à Girl Named Sandoz de Pisces Iscariot, et heureusement une bonne surprise Glissandra permet d’insuffler un petit regain d’intérêt, avec son riff accrocheur… Un bon petit titre qui même si il n’est pas exceptionnel se laisse écouter avec plaisir.

 

Inkless n’a d’intérêt que les sonorités des solos de guitares, on sent que l’album a été produit avec attention, mais ce n’est pas suffisant pour faire de bons morceaux. On préfère largement quand Billy Corgan nous livre une des B-sides sur The Aeroplane Flies High, en l’occurrence Tonite Reprise, probablement enregistrée sur un petit magnétophone, avec des couacs dans la voix, mais pleine de sincérité et terriblement accrocheuse.

Pour finir, Wildflower n’arrive pas au niveau des traditionnelles fins d’albums où participaient D’Arcy et James Iha (on citera ici Farewell And Goodnight de Mellon Collie And The Infinite Sadness).

J’ai beaucoup critiqué cet album dans cet article, car je suis fan, et comme beaucoup de fans de la première heure, je suis nostalgique de l’époque Siamese Dream/Mellon Collie. Mais si il faut faire un bilan de Oceania, il en ressort tout de même quelques très bons titres : Violet Rays, My love is Winter, Oceania, Glissandra. C’est déjà suffisant pour justifier l’achat de l’album. Il manque malheureusement 1 ou 2 ‘hits’ qui auraient relancé les Smashing Pumpkins, et nous savons que Billy Corgan en est capable, ou du moins l’était jusqu’à Machina/The Machines of God.

L’espoir vient davantage du live, car avec de nombreux excellent morceaux dans leur carrière, et une longue expérience scénique, les Smashing Pumpkins valent vraiment le coup d’être vus, même par les néophytes… Si vous en avez l’occasion, ne les manquez pas! Et dans tous les cas, tentez votre chance avec Oceania, sans être l’album de l’années, il mérite largement qu’on s’y attarde.