F U Z E T A : le début d’une belle aventure !

31 Mai

Chaque nouveau coup de cœur artistique met dans ma vie un peu de magie, chaque rencontre avec un groupe, un artiste, m’encourage à grandir, franchir des étapes, réfléchir, me dépasser et raconter des histoires, celle que je vis avec FUZETA  a une saveur particulière.

Tout commence un soir de novembre 2014, alors que j’écoute en « randomisé » une quinzaine d’albums conseillés par les cop(a)in(e)s, sans plus savoir qui est quoi, ni de qui ça vient. Entre Milky Chance et Jessica93, je m’arrête sur une chanson pop, mais genre, vraiment pop, avec des guitares aiguës comme j’aime pas. Je reçois alors de ce titre quelque chose de puissant et de doux à la fois, quelque chose de poignant tout en étant lumineux, de la nostalgie dans un truc nouveau. Beaucoup d’émotions contradictoires en moins de cinq minutes, je viens de faire connaissance avec le titre « Dive », qui me place à mi-chemin entre rejet et fascination.

Début décembre, mon esprit, las de batailler indéfiniment contre les moelleuses guitares aiguës, choisit de s’ouvrir un peu plus à l’univers du groupe sur la session live de « Plage », réalisée par Suite n°7 peu avant le passage de FUZETA aux Transmusicales de Rennes. Je les proclame alors publiquement « gros coup de cœur » sur mon compte Facebook avant même d’avoir compris qu’ils étaient Bretons (du Morbihan, même, la plus belle région de France), trois frères et un ami d’enfance, et que j’avais déjà croisé trois d’entre eux à travers un autre projet du nom de Killroy.

Mi-décembre, arrive le concours Ricard S.A Live Music, tremplin musical national que je surveille attentivement depuis quelques années, mais dont le lauréat est rarement à la hauteur de mes espérances. Comme chaque année, c’est l’occasion de découvrir de nouveaux projets, je vote pour tous ceux qui me plaisent. Mais quand FUZETA se trouve à la limite de sortir du top 100 (la présence parmi les 100 premières places, décidée par les votes des internautes, est indispensable pour accéder à la finale), mon enthousiasme me pousse à harceler mon entourage pour récupérer un maximum de voix en faveur de ceux que j’imagine mériter la récompense pour l’année 2015 (Merci encore à mes amis, et toutes mes excuses pour les désagréments occasionnés). S’ensuit leur arrivée dans le top 100, puis dans le top 10, ensuite l’interminable attente de découvrir leur session live (chacun des dix finalistes se doit de présenter une chanson filmée par Rod Maurice moins de 15 J après sa nomination), étape déterminante pour convaincre le jury qu’ils sont tout simplement les meilleurs. Le nouveau titre « Sunset » me réconcilie définitivement avec le son des guitares et met le jury du concours d’accord : FUZETA est le lauréat du concours Ricard S.A. Live 2015. Ce prix implique, entre autres jolies choses, une tournée de dix dates, début avril, un peu partout en France, et cette année, elle s’arrête à Caen, au Big Band Café, pas très loin de chez moi.

Voici donc ma première rencontre live avec FUZETA, accompagnée de mes trois fils âgés de six à dix ans. Oui, je sais, c’est un peu jeune pour se mettre au Ricard, mais que veux tu répondre à tes gamins lorsque, après un silence de fascination unanime devant le clip de « Dive », ils apprennent que le groupe est composé de trois frères et te disent : « Oh, comme nous ! On pourra aller les voir? ». En tant que parent, tu as forcément envie d’aider tes enfants à comprendre qu’il est peu constructif pour eux de se chamailler sur leurs différences, et qu’ils trouveront une vraie force dans leur complémentarité. Car, sur scène, si la cohésion est évidente quand les voix des frangins se combinent en un puissant vecteur d’émotions, on remarquera aisément trois personnalités aussi distinctes que complémentaires : le charisme tranquille et imposant de Charles (basse), l’énergie pétillante de Pierre (guitare) sur ses jambes élastiques et l’apparence si fragile de Dorian (guitare et voix principale) qu’on pourrait l’imaginer disparaître derrière sa voix d’ange. Jérémy, à la batterie, souligne avec force la puissance émotionnelle transmise par les harmonies vocales, et accentue brillamment l’effet « mer déchaînée » qui différencie FUZETA d’une bonne majorité des groupes pop actuels. Le concert à peine achevé, j’ai déjà hâte de les revoir le mois prochain tant je sens chez eux un immense potentiel d’évolution.

Photo par Rod Maurice pour Ricard S.A. Live Music

Parmi les avantages qu’offre le Prix Ricard cette année : six sessions live, reprenant les six titres de l’EP, ont été tournées dans les plus beaux coins du Morbihan. Pour nous aider à patienter entre les concerts, les vidéos sont partagées au compte goutte sur la toile : « Y », « Dive », puis « Plage » sont les trois titres que l’on a pu (re)découvrir avant la sortie officielle du disque. Ma préférence va à « Y », un hommage à la grand-mère des trois frangins, aujourd’hui disparue. Cette chanson débute par une douce mélancolie qui monte progressivement en une véritable tristesse, elle laisse ensuite place à quelque chose de plus léger (Rod choisit ce moment précis pour insérer un vol d’oiseau dans le ciel bleu, tout s’accorde à merveille) et j’en ressors vraiment apaisée. Pour moi, l’émotion dégagée par ce titre et les images associées collent parfaitement à la phase douloureuse inévitable de deuil, suivie de l’acceptation du manque et du soulagement qui en résulte.

À l’occasion de leur Release Party le 23 mai dernier pour la sortie de l’EP six titres « Dive », FUZETA et l’équipe de MAPL (Musiques d’Aujourd’hui au Pays de Lorient) décident de réunir ceux qui ont cru en eux et les ont soutenus dès le début de cette folle aventure. Merveilleuse opportunité pour moi de rencontrer « en vrai » des amis blogueurs que je ne connaissais, jusqu’alors, que virtuellement et d’échanger quelques impressions avec Dorian, Pierre, Jeremy et Charles autour d’un dîner convivial. L’accueil est impeccable et nous sommes directement intégrés à l’esprit chaleureux caractéristique du « MAPL Family Spirit » (appellation protégée, déposée au nom de Anne Burlot-Thomas, directrice des lieux).

Photos par Fred Lombard / Indiemusic

 

Sur la scène du Manège, salle à l’acoustique irréprochable qui laisse une place non négligeable aux sons de basse et m’ouvre la porte vers une nouvelle dimension d’écoute, le groupe confirme qu’il m’était légitime de croire en leur immense potentiel d’évolution. Dorian s’affirme progressivement dans ses interventions, au delà des simples « Bonjour – Au revoir – Nous sommes Fuzeta – Merci » du début de la tournée. Il commente les chansons de manière simple et spontanée, malgré quelques moments d’hésitation qui devraient progressivement disparaître, dès lors qu’il commencera à mesurer sa capacité à toucher profondément son public sans chercher à comprendre ce qui se passe en face de lui. Chaque musicien affirme sa présence et semble avoir trouvé la formule pour tout donner sans retenue. La cohésion des quatre amis transmet une vague d’émotions si puissante que l’assemblée ne peut que s’ouvrir à la beauté de leur univers.

Photo par Fred Lombard / Indiemusic

De mon côté, en début de set, je me laisse agripper par une chanson qui n’est pas sur l’EP (Je l’identifierai par la suite comme étant « Across »). Je reçois en ce moment-là beaucoup de lumière et d’énergie, ce qui laisse présager de jolies choses pour le prochain album. J’abandonne ensuite toute résistance et laisse les diverses sensations qui me traversent se matérialiser en quelques larmes sur « Rise », « Dive », « Y » et « Sunset ». Je cède sous l’effet de « Plage », comme assommée par le souffle d’une grosse vague en pleine figure. La douceur de « Ferns » atteint pour la première fois les profondeurs de mon être, comme si, jusqu’ici, je la trouvais juste jolie, sans lui avoir encore donné l’occasion de m’apprivoiser. Dix titres dans cette setlist (ajoute « Time Is Gone », « Canopy » et « Silence » aux noms déjà cités), difficile d’en espérer plus d’un groupe aussi récent. Je sais pourtant qu’il existe au moins deux chansons de plus, et ce soir, c’est quand même la Release Party, le public ne repartira pas au bar avant d’avoir obtenu un petit rappel. FUZETA revient nous interpréter un des tous premiers titres qu’ils ont composé pour ce projet.

Cette soirée se termine, mais l’aventure ne fait que commencer, FUZETA sera très présent sur les scènes des festivals cet été et leur récente signature avec l’agence de booking caennaise « Les Tontons Tourneurs » laisse présager de bonnes choses sur les routes en 2016. Pour moi l’aventure se prolonge également côté humain, tant pour les liens que j’ai renforcés avec mes blogueurs préférés, que pour les affinités qui se sont créées avec certains membres du groupe et leur entourage (Tous se reconnaîtront, je pense).

J’aime cette histoire car elle montre à quel point dépasser ses à priori (parce que, maintenant, j’écoute d’autre groupes pop avec des guitares aiguës toutes gentilles) et suivre son instinct en se fiant à l’envie du moment sans se préoccuper du but à atteindre (j’ai soutenu le projet par passion pure, alors que rien n’indiquait qu’un tel destin les attendait) peut déboucher sur une aventure bien plus enrichissante qu’on peut l’imaginer.

Site internet : fuzeta.fr

(Un merci tout particulier à Baptiste sans qui la mise au page de cet article serait bien moins jolie.)

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2 Responses to “F U Z E T A : le début d’une belle aventure !”

  1. isatagada 1 juin 2015 at 7:11 #

    Bel hommage à un groupe aux débuts plus que prometteurs ! Un beau cadeau en ce jour d’anniversaire de Sabrina 🙂
    J’espère les voir bientôt en live, juin devrait rendre cela possible, j’ai hâte.
    Je vous embrasse les filles !
    Ps : le clic sur l’adresse de mon blog renvoie sur une erreur, je viens de m’en apercevoir…

    • zyblynn 4 juin 2015 at 12:04 #

      Merci pour ton commentaire, Isa 🙂
      (Le lien vers ton blog est corrigé 😉 )

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