Festival des Papillons de nuit – Samedi 18/05/2013

27 Mai

(Live-report à quatre mains: Dumdumgirl écrit en italique, Zyblynn en écriture simple)

Le week-end dernier, direction Saint-Laurent de Cuves, un village de 500 habitants du département de la Manche, pour la 13eme édition du festival Papillons de Nuit, un événement musical qui a pris de plus en plus d’ampleur au fil des années, puisque pour cette édition, il a attiré entre 45000 et 50000 spectateurs, contre 10000 en 2001, l’année de sa création. Il a d’ailleurs été qualifié par Libé de “plus grand festival français inconnu” et c’est vrai que jusqu’il y a deux-trois ans, on en n’entendait pas trop parler. S’étalant sur trois jours, il se caractérise par l’éclectisme de sa programmation qui lui permet d’attirer un large public. En effet, il y en a pour tous les goûts : rock, pop, variété française, electro…et le festival accueille aussi bien des grosses pointures que des jeunes talents locaux. A titre d’exemple, Jean-Louis Aubert, -M-, Gossip, Iggy Pop, The Hives ont joué aux Papillons de Nuit par le passé et cette année la programmation est encore une fois très alléchante, particulièrement celle de la journée du samedi très orientée pop-rock.

Ce festival se déroule à deux pas de chez moi, l’ambiance y est plutôt sympa, et la programmation m’a toujours réservé quelques belles découvertes, c’est pourquoi, si j’ai l’occasion de me libérer ce week end-là, je réserve mes places avant même de connaitre la programmation…Il peut donc arriver que les têtes d’affiches ne m’emballent pas particulièrement. Et, tu me crois ou pas, pour la journée du samedi, le concert que j’attendais le plus était celui qui ouvrait cette journée, à savoir: Bow Low. J’avais raconté, ici, ma première rencontre avec eux sur scène. Depuis ce jour, mon affection pour ce groupe n’a cessé de grandir. C’était la troisième fois que je les voyais en concert, et, une fois de plus, ils m’ont embarquée dans leur univers avec une facilité déconcertante. Nik, le chanteur, anime la scène de son dynamisme et de sa bonne humeur communicative, et les musiciens ne sont pas en reste pour nous envoyer une énergie débordante en pleine figure.  Leur musique est une combinaison d’influence très variées, un cocktail de sonorités particulièrement enivrant avec des moments plus calmes, et, toujours, une énergie qui resurgit au moment où tu en as besoin. J’ai filmé uniquement le premier titre du set, histoire de me libérer de toute contrainte matérielle  et profiter pleinement du moment présent. Voici « Little River », première chanson de leur deuxième album « 30W 10W ».

J’ai laissé voyager mon imaginaire tout au long du concert, selon l’inspiration, j’ai ressenti: l’agitation d’une chevauchée sauvage, l’apaisement d’un coucher de soleil,ou même, au plus fort de l’énergie du concert, l’adrénaline d’un bel orage sur une mer déchaînée, lors des chansons « Write a Z »  et « Sympathy For You ». Originaire de L’Aigle, Bow Low sera de retour sur les terres Normandes à l’occasion du Festival Beauregard à Caen, le 5 juillet prochain. Toutes les dates de leur tournée sont bien en évidence sur leur page Facebook.

Les concerts qui ont suivi, jusqu’à minuit, ne m’ont pas suffisamment inspirée pour me donner du plaisir à écrire, j’ai préféré m’abstenir.Il s’en suit, donc, un vide de quelques heures dans mon live-report, que Dumdumgirl va s’empresser de combler.

Après le set de Bow Low auquel j’ai moi aussi assisté et que j’ai trouvé entraînant et énergique, bref parfait pour un début de journée de festival, j’ai décidé de faire cavalier seul pour aller voir les BB Brunes. J’en vois déjà qui se gausse. Bah oui j’aime bien les BB Brunes. Découverts sur scène un peu par hasard à Solidays en 2010, j’avais été à l’époque très agréablement surprise, à tel point que je les ai revus un peu plus tard au Trabendo. Je me faisais donc plutôt une joie de les revoir cet après-midi. Et cela démarre plutôt bien, puisque retentissent les premières notes de « Grande Rio », un de mes morceaux préférés de Long Courrier, le dernier albums des parisiens. Oui mais bof. Car très vite, je me rends compte qu’Adrien Gallo semble avoir décidé de faire le service minimum vocalement sur cette chanson, laissant ses comparses assurer le pré-refrain, assez haut certes, mais bon, on est chanteur ou on ne l’est pas.  Au fil du concert, pas de surprise : à part quelques titres qui s’incrustent dans ta tête pour ne plus s’en déloger (« Coups et Blessures »,  « Stereo ») ce troisième album me fait aussi peu d’effet en version live que studio. Parfois on confine presque au ridicule, je pense notamment à « Police Déprime (« Police déprime, jette ton insigne »…mouais). Je préfère décidément un bon vieux « J’écoute les Cramps » ou un tout mignon « Lala love you ». Et puis cette façon qu’à le leader de mettre du « les amis » à toutes les sauces pour apostropher le public, cela va bien cinq minutes, mais cela devient lassant et sonnerait presque faux. Bref, pendant cette heure de concert, j’ai été à la limite de l’ennui. Au moins, les avoir vus ici me permettra d’économiser une place pour leur prochaine date à Paris.

Le festival se poursuit avec à nouveau un artiste français, mais gros changement de registre tout de même, puisqu’il s’agit de Saez. Je ne suis pas une habituée du répertoire de ce monsieur, je ne l’ai même jamais vu sur scène. Du coup aujourd’hui c’est l’occasion. Parce qu’il faut bien le dire, ce chanteur m’intrigue. Capable du meilleur comme du pire, de sortir de scène au bout d’une demi-heure ou de jouer presque trois heures comme au Zenith de Paris le mois dernier. Et puis, que l’on aime ou non sa voix (qui peut paraître relativement insupportable, j’en conviens), on ne peut rester insensible à ses textes. Bon, je ne le cache pas, je préfère quand il chante l’amour que quand il la joue chanteur engagé. Ah ces chansons larmoyantes qu’on écoute le cœur brisé, se vautrant dans la déprime comme dans la fange…Au moment de son apparition sur scène, c’est la surprise : euh mais il n’aurait pas un peu forci le Damien ? Pas mal de kilos en trop, le cheveux long et gras, vêtu d’une chemise de papy, il ne vend pas vraiment du rêve…Mais bon, après tout on n’est pas là pour ça. Et effectivement, si son apparence physique a un peu changé, la voix elle, est encore intacte, reconnaissable entre mille. Je ne suis restée qu’une vingtaine de minutes environ, pendant lesquelles il a surtout chanté les morceaux « rock » de son répertoire (plutôt logique dans un contexte de festival)  mais pendant l’intro de « Betty » il aura presque réussi à me faire pleurer ce con. Il semblait dans un bon jour, car à la fin du set, je suis repassée devant la scène Vulcain et il a chaleureusement salué le public.

Je me dirige sans trop traîner vers la scène Thécia, car je vise le premier rang. Pourquoi ? Parce que voici venue l’heure de Miles Kane pardi ! Au fil du temps, revoir les mêmes artistes en live a tendance à me saouler. Néanmoins il y en a quand même quelques uns pour qui j’achèterai une place de concert les yeux fermés. Le Britannique fait partie de ceux-là. Chaque année, il répond présent pour la période des festivals, on dirait qu’il n’en a jamais assez de tourner. Et c’est entre autre raison pour cet enthousiasme que je l’aime tant ! A chaque concert, étant de plus en plus connu, je prie pour qu’il n’ait pas attrapé la grosse tête. Ouf, c’est toujours le même Miles, monté sur ressorts, souriant, dynamique, et déconnant avec ses musiciens. D’habitude, je me fous complètement que les artistes que j’apprécie soient des gros cons dans la vraie vie, mais lui, clairement, ça me ferait bien mal d’apprendre ça. Car il a vraiment l’air so cool. Ce set aux Papillons est l’occasion pour moi de découvrir des extraits du nouvel album de l’artiste, Don’t Forget Who You Are, qui sort le 3 juin. Et je dis bien « découvrir », car à part deux titres qui ont déjà été diffusés, le reste de l’opus reste un mystère car à l’heure où j’écris ces lignes, il n’a pas encore leaké, fait suffisamment rare de nos jours pour être signalé. Après ce concert, une chose est sûre, l’attente sera encore plus longue, car ces nouveaux morceaux m’ont vraiment mis à l’eau à la bouche.Et bien évidemment, c’est avec un plaisir non dissimulé que j’ai entendu pour la énième fois mes chansons préférées : la ballade « My Fantasy », le boulet de canon « Inhaler », et autres « Kingcrawler » et « Rearrange ». Petite déception : il n’a pas joué « The Responsible », sa reprise de Jacques Dutronc, dont j’avais parlé ici. Un peu dommage, car étant en France, cela aurait été de circonstance. Encore un grand moment de bonne humeur, et même de bonheur on peut le dire, passé avec Miles, à tel point que j’ai remis le couvert quatre jours après pour son concert à la Maroquinerie. Pour reprendre le titre d’un de ses morceaux, Miles : the first of his kind.

Pour confirmer mon sentiment que les Anglais sont vraiment très, très bons musicalement parlant, retour scène Vulcain avec les Two Door Cinema Club. De nos jours, des groupes de petits jeunes, anglais de préférence, qui font de l’electro-pop, il y en a en veux-tu en voilà. J’en avais presque oublié TDCC depuis la sortie de leur premier album. Ils en ont pourtant sorti un deuxième l’année dernière, à côté duquel j’étais un peu passée. Grosse erreur. Les Britanniques ont fait beaucoup de progrès depuis la dernière fois où je les ai vus sur scène, il y a deux ans. Programmés à 22h30, on peut dire qu’ils sont maintenant considérés comme des têtes d’affiche. Et on peut dire que les programmateurs ont eu le nez fin, car à cette heure-là en festival, on commence souvent à piquer du nez : il fait froid, la fatigue de la journée commence à se faire sentir, et cerise sur le gâteau :  il commençait à salement pleuvoir sur Saint-Laurent-De-Cuves. Et moi, pauvre idiote, j’avais laissé mon k-way dans la voiture…Mais heureusement, les TDCC étaient là pour nous faire oublier tous ces désagréments en nous incitant à bouger nos booties. Pour le coup, et je suis désolée d’utiliser cette expression ultra-téléphonée, mais Beacon est vraiment l’album de la maturité, car il est parvenu à allier à la perfection indie et mainstream. Je crois qu’on peut dire qu’il y a vraiment un son TDCC. Mention spéciale aux titres « Someday » et « Sleep Alone », très proches mélodiquement mais diablement efficaces, que je découvrais ce soir et que je me passe en boucle depuis. Et quelle véritable jouissance auditive d’entendre les deux tueries que sont « I Can Talk » et « What You Want », issues du premier album. Le groupe sera à Paris le 9 juillet pour le Festival Days Off, j’ai très envie de prendre une place pour les revoir.

A minuit, mon amie Christel et moi-même, étions bien au chaud sous le chapiteau proche de la scène Erebia, un cornet de pâtes aux 3 fromages à la main. Elles n’avaient pas le goût de fromage, mais avaient l’avantage d’être bien chaudes. J’avoue qu’on a eu du mal à ressortir sous la pluie pour aller voir Woodkid qui se produisait sur la scène Thécia, à l’autre extrémité du site du festival. Nous avions un peu écouté son album à la maison, et ne pensions, ni l’une, ni l’autre, que ce concert pourrait nous plaire…Mais bon, même sous la pluie, l’ouverture d’esprit est la base d’une culture musicale riche, nous nous dirigeons donc vers la scène où se produisait l’artiste. Moins de deux minutes après notre arrivée, nous regrettions déjà d’avoir raté le début du spectacle. Si on m’avait dit, il y a quelques années, que je me trouverais scotchée, hypnotisée, par un mec dont la musique repose uniquement sur des percussions, des cuivres et des claviers, il est certain que je ne l’aurais pas cru, moi qui ne jurais que par les guitares (et ne supportais pas les cuivres). J’ai appris par la suite, que Woodkid, de son vrai nom Yoann Lemoine, artiste français, s’est d’abord fait connaitre pour ses talent de réalisateur de clips. Ceci explique, probablement, que son concert est un véritable spectacle de sons et lumières d’une qualité exceptionnelle. Il est en telle symbiose avec sa musique, et les images qui l’illustrent (sa gestuelle appuie juste là où il faut pour accentuer les moments forts de sa musique), qu’il semblait évident qu’il ait pris part à la réalisation du spectacle sur tous les plans. Voilà vraiment ce que j’appelle « une claque »: quand un artiste sur lequel tu n’aurais pas misé, t’enveloppe de son univers, te fait oublier, le froid et la pluie et réduit en miettes tous tes préjugés. Woodkid est un artiste exceptionnel, à découvrir sur scène de toute urgence, quels que soient tes goûts musicaux de base. Depuis ce concert,  je frissonne et mes yeux se chargent de larmes à chaque écoute de l’album, c’est grave, Docteur? Et hop, encore un artiste que je veux ABSOLUMENT revoir en salle,  il va falloir trouver une date et caser tout ça dans l’organisation familiale (Que c’est compliqué d’être passionnée de musique ET maman ET épouse…enfin, tu vois…).

Pour ma part, même constat que Zyblynn, excepté qu’après deux heures sous la pluie, j’étais complètement détrempée et que malgré toute ma bonne volonté et le fait que ce concert me plaisait vraiment, je n’ai eu le courage de rester que jusqu’au morceau « I Love You » (ma chanson préférée de l’album), environ un quart d’heure donc, et ensuite je m’en suis allée vers mon hébergement qui était quand même à presque une heure de route du festival.

La demi-heure de battement entre les concerts de Woodkid et Goose nous a paru interminable. Mais notre culture belge, inscrite dans nos gènes, nous interdit de  passer à côté d’un groupe belge dans un Festival français, c’est la tradition: s’ils sont belges, on va les voir, qu’on les connaisse ou pas, c’est comme ça. Le peu que j’avais entendu de ce groupe laissait présager une belle énergie sur scène,  j’avais, malgré tout, le sentiment que leur musique serait un peu trop teintée électro pour envisager une réel coup de cœur (mais bon, comme nous venons de le constater, les préjugés, ça ne sert à rien…). Et voilà, deuxième belle découverte de la journée: les membres du groupe, excepté le batteur (enfin, je crois…), s’échangent claviers, guitares et autres basses, et développent un jeu de scène très intéressant, ajoute à ça la puissance de leurs sons, et tu comprendras pourquoi on n’avait plus froid à la fin du concert. Eh oui, ambiance de feu et petits sauts, il n’y a pas meilleure recette pour oublier le froid et la pluie. Mais il faut quand même avouer, qu’à la fin concert, nous n’avons pas traîné en route, et étions vraiment contente d’habiter suffisamment près pour ne pas avoir à passer le nuit sous tente.

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