FOALS, un de ces groupes qui font péter un câble aux gens.

22 Août

Foals@Route du Rock par Fred Lombard

Entre le moment où tu apprécies simplement une musique et le moment où tu plonges dans celle-ci, où tu te laisses imprégner par le moindre son, la moindre vibration qui la composent, il y a un point de bascule. Cet instant précis où l’univers de l’artiste prend soudain une dimension importante à tes yeux est purement fascinant.

Mon histoire avec Foals est particulièrement marquée par ce phénomène.

En 2013, j’avais classé leur album « Holy Fire » dans mon top 10, je le trouvais bien foutu, mais, honnêtement, je l’ai mis de côté après quelques écoutes.

Pourquoi? Mystère…

Le 11 juin dernier, une image sur mon fil Facebook attire irrésistiblement mon attention. Une photo d’une apparente simplicité, mais étrangement fascinante : une silhouette sombre – pouvant, au premier coup d’oeil, être assimilée à un éléphant – se détache d’un fond clair évoquant, à priori, un ciel calme et dégagé. Sauf que, à bien y regarder, la silhouette se révèle plutôt être une personne bizarrement recroquevillée, et le décor dégage quelque chose d’humide, de froid, sensation accentuée par quelques auréoles, suggérant que le support de cette image aurait pris l’eau. Beaucoup d’émotions dans cette photo : un mélange de détresse et de fascination, une sensation de calme après la tempète, quelque chose de froid et sale, mais clair et attirant à la fois. Je reste un moment à admirer ce qui sera la pochette du prochain album de Foals (à paraitre le 28 Aout 2015), et j’imagine que la musique qu’elle abritera pourrait peut être m’inspirer dans la même mesure.

foals-what-went-down

Mais sans plus…

D’ailleurs, lorsque les deux premiers extraits de cet opus sont révélés, je ne me précipite pas pour les écouter.

Pourquoi? Mystère…

Début Aout, je me souviens soudain que je n’ai pas encore pris le temps d’écouter les nouveaux morceaux.

Et c’est là que tout a basculé…

Image de prévisualisation YouTube

C’est comme si, jusqu’ici, l’essence même du groupe m’avait échappé, comme si je venais tout juste de comprendre leur univers. Quand tu regardes la mer : en surface c’est joli, ça scintille même, au soleil, c’est un peu agité aussi, parfois; mais lorsque tu plonges, tu découvres, la beauté du corail et des poissons multicolore, ainsi que la puissance des requins. A cet instant précis, je viens de passer sous la surface de la musique de Foals et je n’ai plus aucune envie de remonter.

Il faut que je voie ce groupe sur scène…

Je n’avais pourtant pas de lampe magique sous la main, mais mon voeu fut exaucé plus vite qu’aucun génie n’aurait pu le faire : au moment où je prononce ces mots, Bjork annule sa tournée, et donc sa participation au festival « La Route du Rock ». Dès le lendemain, Foals est annoncé en remplacement, et tout ça à moins de deux cent kilomètres de chez moi. Quelques heures plus tard, j’ai ma place en poche. C’est la première fois que je vais à un festival pour voir un seul concert. D’habitude, je suis curieuse et motivée, mais là, je manque un peu de courage et d’ouverture.

Je veux voir Foals, c’est tout…

Une bonne heure avant le début du concert, les plus motivés d’entre nous se placent proche de la scène. Ici sont ceux qui ont acheté leur place récemment, suite à l’annonce de la participation de Foals. Ce soir, Bjork a beaucoup d’amis, nous sommes nombreux à la remercier d’avoir écourté sa tournée. Certains ont poussé le zèle jusqu’à en faire un T-Shirt : « Thank You Bjork ! ». Un message qui restera longtemps gravé dans les mémoires.

Foals@Route du Rock par Fred Lombard (1)

On papote pour mieux supporter l’attente, l’heure fatidique approche à grands pas, la pression monte. Un membre de l’organisation nous fait frôler l’état de choc collectif lorsqu’il annonce que le bassiste du groupe est malade et incapable d’assurer sa prestation. Rubben, leur roadie, relève le defi d’assurer le remplacement (Sacré challenge, car la basse, chez Foals, marque particulièrement leur son).

C’est là que s’arrêteront mes réflexions, place au coup de poing…

Quand Foals monte sur scène, tu reçois une déferlante en pleine figure; ainsi submergé, tu ne reprendras ta respiration qu’à la fin de concert. Aspirée par la foule dès « My Numbers », troisième titre du set, j’abandonne tout espoir de contrôler la situation et me laisse entrainer dans cette euphorie ravageuse.

J’aime être au milieu de gens réunis autour d’une même aspiration…

J’oublierai donc : le grand en bleu qui revient systématiquement devant moi quelle que soit ma position dans le public; l’hystérique qui tape dans le tas à chaque fois qu’on la frôle; les petits morceaux d’orteils broyés dans mes baskets; et accessoirement, qui je suis et pourquoi je suis là…

Je retiendrai : la fille sympa rencontrée aux toilettes en arrivant sur le site que j’ai retrouvée dans les premiers rangs, heureuse de suivre les mouvements de la foule; les gens qui chantent en choeur; le moment de grâce que fût la chanson « Late Night », quelques minutes suspendues en dehors de l’intensité du concert; l’enchaînement « Inhaler – What Went Down », en fin de set, qui a bien failli avoir raison de ma survie; les cheveux de Yannis (au chant) qui sont toujours décoiffés à la fin d’un pogo et reviennent en place dès que ça se calme (mais quel super-pouvoir se cache donc dans ses bouclettes ?) et plein d’autre choses qui sont toutes confuses et qui ne reviendront jamais en ordre dans ma tête, signe d’un extrême lâcher-prise. Je garderai la trace de la violence du choc, de cette machine de guerre qu’est le son de Foals, de cet impact que je ne mesurais apparemment pas, et qui rend encore plus intense cette première expérience. De ces cicatrices qui guérissent bien plus qu’elles n’abîment.

Image de prévisualisation YouTube

Foals, un de ces groupes qui font péter un câble aux gens…

J’ai appris, le lendemain du concert, que dans une zone plus reculée du public, le pétage de plomb était également de mise, puisque les gens ont fait une bataille de paille (oui, de la paille, comme un ballot de paille) pendant toute la durée du concert, et ça, c’est beau…

La vidéo de « Foals feat. La Paille », moment capturé par Rod Maurice, est ici.

Foals fait maintenant partie de mes incontournables sur scène. J’espère que la tournée qui suivra la sortie de leur prochain album « What Went Down », les emmènera de nouveau vers nos contrées. Au prochain concert, je serai moins confuse, je m’accrocherai à la barrière pour ne pas bouger, je percerai le mystère du super-pouvoir des cheveux de Yannis et je garderai les idées claires….ou alors, rien de tout ça, je me laisserai juste porter, comme la première fois…

Mais une chose est sûre, j’y retournerai…

Share Button

2 Responses to “FOALS, un de ces groupes qui font péter un câble aux gens.”

  1. isatagada 24 août 2016 at 11:21 #

    Tu vois quand tu veux 😉 (peu importe le temps que ça t’a pris ! Surtout que ce dernier album est vraiment excellent)

    • zyblynn 23 octobre 2016 at 12:53 #

      Merci Isa 🙂
      Bisous.

Leave a Reply