Francofolies de Spa Jour 5 – Nostalgie avec Arid, Folie furieuse avec Vegas

21 Août

(Il n’y aura pas de compte-rendu du Jour 4, car je n’ai pas pu être présente ce jour-là.)

C’est ma maman qui m’accompagnait pour ce dernier jour car elle avait très envie de voir Arid et Catherine Ringer.

J’avais prévu d’assister au concert de Great Mountain Fire ,mais nous n’avons pas pu nous libérer à temps et sommes arrivées à peine 10 minutes avant la fin. Il s’agit d’un groupe pop belge originaire de Bruxelles que je connaissais de nom, j’avais écouté une ou deux titres, et ma curiosité me poussait à les découvrir sur scène. Ils étaient programmés sur la scène couverte, il y avait du monde, mais moins que pour Dan San. Nous avons entendu trois chansons : les deux premières nous ont paru sympa, la troisième nous a semblé un peu cacophonique, mais difficile de juger sur un aperçu aussi court.

Venait ensuite le concert de Roscoe (groupe liégeois encore, tout comme Dan San et Hollywood Porn Stars, logique dans un festival qui a lieu en région liégeoise),  ce groupe est un peu le chouchou de mon Tonton, j’y allais donc avec un à priori positif, mais il n’ont pas réussi à me convaincre : j’ai trouvé que c’était un peu répétitif et que les musiciens étaient trop statiques sur scène (pardonne-moi Tonton…).

Alors que nous nous dirigions vers la scène où se produirait bientôt Arid, je me remémorais les souvenir d’il y a 15 ans : alors qu’ils étaient un tout jeune groupe, je connaissais leur premier album par coeur. Cette année-là, heureuse d’avoir l’occasion de les voir en festival, j’avais attendu une heure à la scène pour être au premier rang, et je me souviens que leur présence scénique m’avait déçue, je trouvais que le chanteur Jasper Steverlinck communiquait trop peu avec le public. Ajoute à ça qu’une amie les avait revus sur scène il y a un peu plus d’un an, et les avait trouvé moins bien qu’avant (avant = il y a 15 ans) et tu comprendras que je ne misais pas vraiment sur leur concert. Comme on avait un peu d’avance, je me suis bien placée au cas où ça me plairait quand même.

Eh ben voilà, première claque de la journée: dès le début du concert, j’ai été complètement absorbée. Tous vêtus de noir, aucun décor, leur présence scénique repose entièrement sur la qualité de la prestation et le charisme de Jasper Steverlinck qui a carrément bien travaillé le contact avec le public ces quinze dernières années (bon, c’est sûr qu’il a eu le temps d’y travailler aussi), il est descendu de la scène à plusieurs reprises, incite le public à chanter, et mets en valeur les autres membres du groupe de manière élégante (Je crie à l’injustice, je n’ai pas eu droit à tout ça le jour ou j’étais au premier rang). Et voilà qu’il nous balance Too Late Toonight (extrait du premier album Little Things of Venom, que je connaissais par coeur) dès la deuxième chanson, j’ai été catapultée dans le passé, genre grosse nostalgie, sensation plutôt agréable, mais responsable de nombreuses larmes dans mes yeux. Tout au long du concert, ils interpréteront sept chansons extraites de cet album, ça faisait au moins dix ans que je ne l’avais pas écouté, mais, tu me crois ou pas, je connaissais encore tout par coeur, peut être pas toutes les paroles, mais j’anticipais chaque note et je m’en suis pris plein les oreilles. A plusieurs reprises, l’émotion était tellement forte que j’ai fermé les yeux pour être sûre de privilégier les sensations auditives et ne manquer aucun son de cette merveilleuse voix et de ces mélodies si puissantes, car l’énergie sur scène est bien plus intense que sur le disque et les guitares envoyaient du tout bon son.

En fin de concert, on note un incident léger, mais des plus frustrant: le groupe revient pour un rappel, un membre de l’organisation leur fait singe de se presser, le chanteur demande à jouer encore deux chansons, faveur qui lui semble accordée. Malheureusement, alors qu’il commence à jouer la deuxième, le membre de l’organisation l’oblige à quitter la scène, grosse incompréhension du côté du public: pourquoi avoir laissé commencer la chanson? Pourquoi n’avoir pas stoppé entre les deux? Mystère et frustration…

Après cette grosse claque, je pensais que plus rien ne m’étonnerait ce jour là, Vegas allait commencer à jouer sur la scène voisine, j’avais intégré ce groupe belge à mon planning du festival depuis des mois sans vraiment avoir pris le temps d’écouter attentivement leur musique, j’avais eu ce réflex un peu basic: « C’est du rock, donc j’irai voir de toute façon et je verrai bien sur place si ça vaut le coup ». Petit anecdote amusante: ils m’avaient suivie sur twitter quelques jours après que j’aie découvert leur existence, amusée par cette coïncidence, je leur avait twitté à peu près ceci « Je ne vous connais pas bien, mais j’ai prévu de vous voir aux francos de spa » j’avais reçu pour réponse quelques chose comme: »A nous d’assurer alors » suite à quoi je m’étais dit en moi même: « ben, oui, y’a plutôt intérêt, parce que je suis quand même un tout petit peu beaucoup exigeante en ce qui concerne la présence scénique », j’étais alors bien loin d’imaginer ce qui m’attendait. Les concerts d’Arid et de Vegas s’enchaînaient dans la minute puisqu’ils se déroulaient sur deux scènes voisines, j’ai été plus ou moins contrainte de rater le début car ma maman souhaitait un petite pause repas. La première chanson du groupe retentissait agréablement dans mes oreilles pendant que, de manière totalement idiote et irréfléchie je commandais une tartiflette. Là, déjà, ça commençait à être un peu difficile de rester en place, mais bon, ma maman mérite bien que je rate deux petites chansons de rien du tout d’un groupe que je connais à peine d’ailleurs… Mais, évidemment, la deuxième chanson était tout aussi délicieuse que la première, et là, je n’ai plus pu me retenir: « Euh, maman, là, il faut que j’aille voir, je suis désolée hein, ça a vraiment l’air bien ». Me voilà partie vers la scène avec ma tartiflette en main, mais j’ai rapidement compris que tartiflette et concert de Vegas, ce n’est pas vraiment compatible, mieux vaut être léger pour faire des petits bons, hein?! (Je sais, ce n’est pas bien de gaspiller, mais abandonner ma tartiflette était le seule issue envisageable). Bon, donc, déjà, rien qu’au son, ça déchirait grave, alors, avec l’image, je ne te raconte pas….enfin, plutôt…si…je te raconte, attends un peu …je cherche les mots (Bon allez, ça fait bientôt un mois que tu les cherches, tes mots, alors envoie!!!). N’avais-je pas mentionné les termes « présence scénique » au début de ce paragraphe? A vrai dire, c’est un euphémisme dans le cas présent: en réalité j’ai carrément été ensorcelée. (Afin de dissiper tout éventuel malentendu, je tiens à préciser que les phrases qui suivent concernent la prestation artistique et non le mec lui-même, différence bien nette dans mon esprit, mais pas forcément évidente pour quelqu’un qui n’aurait jamais ressenti ce genre d’émotion). Alky Stoner, le chanteur du groupe te convaincra aisément qu’il n’est pas nécessaire d’avoir le physique de Robert Pattinson pour dégager un charisme incroyable: par exemple, en ce qui concerne le regard de vampire assoiffé de sang, Edward Cullen peut aller se rhabiller:

J’ai été fascinée par sa capacité à varier l’expression de son visage, il peut passer en quelques secondes du regard « je vais te bouffer » au regard « doux comme un agneau », la preuve en image: cette deuxième photo a été prise quelques secondes après la première.

Ce mélange « hargne-douceur » se retrouve justement dans la musique de Vegas, parfois dans une même chanson au travers des choeurs ou bien d’étonnantes variations dans le ton de la voix, mais aussi d’une chanson à l’autre : certaines sont très dures, d’autres plus calme, mais toujours avec un fond de noirceur (et puis moi, j’aime bien ça, quand on va farfouiller dans mon côté noir qui n’a pas souvent l’occasion de s’exprimer au quotidien). L’attitude scénique d’Alky Stoner met parfaitement en valeur la musique du groupe et appuie les paroles sur certains passages. Il n’arrête jamais: quand ce n’est pas le regard fou, c’est la gestuelle qui prend le relais, il est possédé par sa musique et dégage une passion et un énergie enivrantes. Le son de ma vidéo n’est pas exceptionnel, mais je trouve qu’elle est relativement parlante question charisme scénique:(même si, comme toujours, il faut voir « en vrai » pour vraiment se rendre compte)

J’ai donc glissé dans un autre monde, celui où plus rien d’autre n’existe que les vibrations de la musique qui t’enveloppe et le temps de le dire, je me suis retrouvée dans les premiers rangs complètement envoûtée par ce concert complètement dingue.

La chanson la plus marquante restera pour-moi « Welcome On The Deadfloor », c’est à ce moment-là que j’ai atteint le point de non retour :j’ai compris que je serais forcément définitivement dépendante à ce groupe. En voici une version live de ce titre mise en ligne sur la chaîne youtube officielle du groupe :

Vegas est incontestablement un groupe de scène (même ma maman qui a regardé ça de plus loin que moi, a trouvé que c’était super bien). N’hésite pas à te bouger pour assister à un de leurs concerts. Malheureusement , il tournent peu en France pour le moment , alors, allez, les français : écoutez Vegas et faites les buzzer dans tout le pays. Si t’es belge, aucune excuse pour ne pas y aller, les dates de la tournée sont bien en évidence sur leur page Facebook.

Je serais bien restée là-dessus pour la fin de la soirée, mais il fallait que j’aille retrouver maman au concert de Catherine Ringer des Rita Mitsouko. Déjà, j’ai loupé la moitié du concert parce que je suis allée acheter l’album de Vegas après des membres du groupe puis j’ai un peu traîné au stand, et je n’étais pas motivée plus que ça pour aller écouter autre chose tout de suite, et puis, pour moi, Les Rita Mitsouko, c’était de la musique « pour ma maman ». Mais je dois bien reconnaître que le concert était vachement bien, les musiciens étaient très bons et je tire mon chapeau à Catherine Ringer pour l’énergie qu’elle déploie sur scène à son âge.

 

Le bilan de ces quatre jours de festival est plutôt positif quand on sait que j’avais réservé mon pass « parce que les dates me convenaient » et non « pour son affiche » comme le font le plupart des gens. Du coup, beaucoup de belles découvertes: Skip The Use, GiedRe et Dan San; quelques retrouvailles avec de vieux (Benoit Doremus) ou très vieux (Arid) amis et ZE coup de coeur: Vegas.

 

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5 Responses to “Francofolies de Spa Jour 5 – Nostalgie avec Arid, Folie furieuse avec Vegas”

  1. zaboula abaca 15 septembre 2012 at 12:08 #

    Bonjour.

    Ce fut un délice de vous lire. Moi qui écris trop soit-disant. J’apprécie quand d’autres font pareil et si bien tourné. Merci. Bonne continuation.

    Bien à vous,

    Isabelle

    • zyblynn 18 septembre 2012 at 12:14 #

      Merci!
      Quand un sujet me tient à coeur, c’est vrai que je me laisse porter par tous ces mots qui viennent se poser sur mes émotions. J’ai longtemps gardé pour moi ce genre de compte rendu,mais j’avoue que depuis que je les partage, c’est un grand bonheur de constater combien mes mots peuvent toucher d’autres personnes. Merci pour ton commentaire 🙂

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