Lana Del Rey @ L’Olympia, 27/04/2013

2 Mai

 

Lorsque j’ai découvert les premières vidéos home made de Lana Del Rey, et même si j’ai toujours été convaincue de son talent, j’étais loin de me douter que presque deux ans plus tard, elle ferait deux concerts sold out à l’Olympia. J’étais aussi loin de me douter qu’après avoir été portée aux nues, la belle allait être descendue en flèche, assez violemment, par les hipsters, notamment à cause de ses performances live plutôt médiocres. Mais malgré toutes les mauvaises critiques que j’avais pu lire, quand j’ai su  que la chanteuse serait de passage à Paris pour une date (puis deux) à l’Olympia, il n’était pas question de ne pas y aller. Je l’avais déjà manquée lors de ses précédentes venues en France (au Nouveau Casino et aux Eurockéennes de Belfort) et compte tenu de la rumeur selon laquelle elle arrêterait la musique, je me suis dit que ça serait peut-être mon unique occasion de la voir sur scène. Et tant pis pour le prix de la place !

Car oui, je le revendique, je suis fan de Lana Del Rey. Enfin, « fan » dans le sens raisonnable du terme bien sûr. J’aime le personnage, son côté rétro et glamour, ainsi que le mystère qui l’entoure malgré toute la médiatisation dont elle fait l’objet. J’aime ses chansons aux paroles mi-provocantes, mi-mièvres. En parlant de son album, elle a dit : « the songs I’ve written are an homage to true love and a tribute to living life in the wild side » et c’est exactement ce que je ressens en écoutant ses morceaux. Oui, définitivement, la musique de Lana Del Rey parle à l’amoureuse passionnée, torturée et rebelle que je suis et depuis le tout début, elle n’a eu de cesse d’être la bande-originale de mes rêveries, mais aussi de mes coups de déprime.

Ce qui est bien avec Lana, c’est que tu n’as pas l’occasion de te lasser car même si elle n’a officiellement qu’un seul album au compteur, il y a régulièrement de nouveaux titres qui font leur apparition sur la toile. Enfin « nouveaux » n’est pas le terme exact, en général il s’agit plutôt de vieilles démos qui refont surface. Parfois c’est même carrément un album entier qui réapparaît  : il y eut tout d’abord l’album enregistré en 2010 sous le nom de Lana Del Ray (avec un « a », ce n’est pas une coquille) aka Lizzy Grant, avec notamment l’excellent « Yayo », puis l’album Sirens, cette fois sous le nom de May Jailer, encore plus ancien, puisqu’il aurait été enregistré entre 2005 et 2006, où l’on ne trouve que des compos guitare-voix, très éloignés du style actuelle de la chanteuse. Sur le net, on peut aussi trouver une version démo de l’album Born To Die, très intéressante car elle permet d’apprécier les chansons sans tout le côté surproduit qu’on trouve sur la version commercialisée. Lana Del Rey n’a pas que des vieilleries à nous proposer puisque fin 2012 elle a sorti une réédition de son album avec 9 titres inédits, Born To Die-The Paradise Edition, et le 6 mai on pourra la retrouver sur la BO du film Gatsby Le Magnifique avec le titre « Young And Beautiful ».

Avec toute cette matière musicale à écouter, le temps est vite passé pendant les six mois qui ont séparé le jour où j’ai acheté ma place et le concert lui-même. D’autant qu’entre-temps, j’étais tombée sur une vidéo de « Ride » en live à l’occasion de la participation de Lana à une émission de télé française qui avait levé mes doutes quant à ses capacités vocales.

D’autant que j’avais aussi regardé sur youtube plusieurs vidéos des dates européennes précédentes. Du coup, samedi dernier j’étais relativement sereine. Nous n’avons pas eu de file d’attente à subir devant l’Olympia, car les portes avaient été ouvertes une bonne heure avant notre arrivée à Chacaloute et à moi. Comme quoi arriver à la dernière minute parfois ça a du bon. C’est le groupe écossais Kassidy qui assurait la première partie. Groupe dont Barrie-James O’Neill, le chanteur, se trouve être le petit ami de Lana Del Rey (je sais pas toi, mais moi je trouve que le hasard a rudement bien fait les choses sur ce coup !) Le couple a d’ailleurs repris tout récemment « Summer Wine » rendu célèbre par le duo Nancy Sinatra-Lee Hazlewood.

Je ne dirai pas grand chose sur cette première partie puisqu’on a préféré aller boire un verre au bar, tout en observant le va et vient des clones fans de Lana Del Rey : eh oui, ce soir si tu n’étais pas fringuée en lolita et surtout si tu n’avais pas ton headband à fleurs, tu n’avais rien à faire à l’Olympia ! Certaines, en manque d’accessoires vraisemblablement, semblaient avoir été fouillé dans leur grenier pour exhumer le serre-tête à fleurs blanc de leur première communion, ou carrément s’être arrêtées au cimetière du coin histoire de piquer discrètement une couronne mortuaire. Autant te dire qu’il y avait tout de même matière à piquer un bon fou rire, car n’est pas Lana qui veut. Du coup, on a juste vu la toute fin du set de Kassidy, un folk rock assez classique à première vue, mais on notera qu’ils étaient plutôt communicatifs et heureux d’être là, et que le public semble les avoir appréciés.

Pendant la demi-heure d’attente, il a fallu ruser pour fendre la foule et se trouver une place convenable dans la fosse. En plus de ça, nous avons du subir une musique de fond qui rendu l’attente assez insupportable, un genre de musique classique à la sauce Walt Disney. Quelques minutes après 21h, levé de rideau et début des cris des fans hystériques. Moi qui n’aie guère l’habitude d’aller voir en concert des artistes à groupies, ça m’a un peu surprise de voir que Lana Del Rey en était déjà à ce stade de « staritude ». Entre les cris et les « oh mon Dieu », le concert débute par « Cola », tu sais la fameuse chanson où on apprend que « my pussy tastes like Pepsi Cola ». Bon, autant te dire que visuellement tu en prends quand même plein les yeux, avec un décor magnifique un peu rococo avec palmier, statues et dorures. Et bien sûr, Lana elle-même, magnifique en petite robe blanche et boucles brunes. Presque virginale je dirais. Souriante et sans chichis, elle semble presque intimidée. Vocalement, on la sent appliquée et concentrée car pas tout à fait sûre d’elle. Et effectivement, de temps en temps elle est un peu juste. Néanmoins la voix est posée et on est loin, très loin, de la catastrophe annoncée par ses détracteurs.

La chanteuse égraine tous ses tubes, sublimés par les musiciens aux styles assez disparates qui l’accompagnent : un quatuor à cordes côtoie un bassiste/contrebassiste/claviériste qui ne dépareillerait pas dans un groupe de hip hop et un batteur un peu métalleux sur les bords. Eh oui c’est ça Lana : le mélange des genres, à l’image de son look du jour (petite robe blanche/Converse) ou de ses paroles mi-chaudasses, mi-niaises « I’ve got a burning desire for you baby » (Burning Desire)/« I will love you till the end of times » (Blue Jeans). Parmi la set list on retiendra notamment la très belle »Million Dollar Man » en version jazzy, la bouleversante « Ride » et la lynchienne « Burning Desire ». Enfin difficile pour moi d’en détacher quelques unes du lot, car je les aime toutes. Ou presque  : je me serais bien passée de « Without You » et « American » que je trouve relativement inintéressantes, au profit de, par exemple, « Yayo » et « Young And Beautiful » (cette dernière a d’ailleurs été jouée au Luxembourg quelques jours plus tard).

Peu de communication verbale avec le public, mais une petite reprise de « I Love Paris » de Cole Porter, bien évidemment de circonstance, quelques pas de danse, et surtout beaucoup de sourires. Une attitude qui a permis de démystifier un peu la star : oui, sous le botox et le maquillage, il y a bien un coeur qui bat. Au bout d’une heure et quelques, voilà « National Anthem ». Comme je m’étais renseignée au préalable sur les set-lists des concerts précédents, je sais donc qu’a priori, ça sera la dernière chanson. Ce que je ne savais pas par contre, c’était que ce concert allait tout de même se terminer d’une drôle de façon. En effet, à la fin du morceau, la chanteuse disparaît et de la fosse, on a bien du mal à savoir où. Pendant ce temps-là, les musiciens s’en donnent à coeur joie sur des solos. Au bout d’un moment, on voit sur les écrans qu’elle est en train de signer des autographes dans les premiers rangs de la fosse. Ok, donc elle va revenir se dit-on. Puis on commence à s’impatienter car ça fait tout de même un bon quart d’heure que ça dure cette affaire. Lana finit par revenir sur scène, les bras chargés de cadeaux, mais juste pour un bref au revoir. Elle ne reviendra même pas saluer le public avec les musiciens, et pour le rappel, on peut se brosser. O déception…

Quand j’apprécie beaucoup un artiste et que j’écoute en boucle ses disques depuis des mois, j’appréhende toujours le moment de le voir sur scène, de peur que le résultat ne soit pas à la hauteur de l’attente. Encore plus quand l’artiste en question a mauvaise réputation sur scène. Finalement, je n’ai pas été déçue par ce concert de Lana Del Rey, qui m’a permis de voir une jeune femme qui, certes n’a pas une grande voix, mais qui chante juste, et qui sait se montrer proche de ses fans. Evidemment je n’ai pas été satisfaite à 100 % de la set-list bien trop courte, et comme tout le monde la fin du concert m’a un peu déçue, mais au bout du compte ça ne m’a pas étonnée plus que ça, car ce départ précipité correspond plutôt bien au personnage et au mystère qui l’entoure.

SET LIST :

Cola
Body Electric
Blue Jeans
I Love Paris (reprise de Cole Porter)
Born to Die
Carmen
Million Dollar Man
Blue Velvet
American
Without You
Knockin’ on Heaven’s Door (reprise de Bob Dylan)
Ride
Summertime Sadness
Burning Desire
Video Games
National Anthem

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3 Responses to “Lana Del Rey @ L’Olympia, 27/04/2013”

  1. Schattra 2 mai 2013 at 2:10 #

    Ah, le voilà enfin le live report de référence pour Lana Del Rey! Merci pour ce compte rendu qui réussit à être amical sans sombrer dans l’idolâtrie mièvre et fait preuve de recul sans donner dans le Lanabashing. C’est rare, et c’est donc très appréciable.

    • dumdumgirl 2 mai 2013 at 3:06 #

      De référence, je ne sais pas, car au final je me rends compte que je n’ai pas tant parlé du concert que ça, mais merci ! De la modération en toute chose, c’est la clé 🙂

Trackbacks and Pingbacks

  1. Le Top Concerts 2013 de la rédaction | My Wonderwall - 14 janvier 2014

    […] Lana Del Rey à l’Olympia : ce n’est un secret pour personne, je suis fan de l’univers de Lana Del Rey. La voir en live lors de son passage parisien était donc impératif, même si avec les retours très mitigés sur ses concerts, je m’attendais très fortement à être déçue. Comme quoi il ne faut jamais écouter les on-dits car bien loin de la catastrophe annoncée, elle a assuré ! Mon report à lire ici. […]

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