Le Rock Dans Tous Ses Etats #31 – Jour 1 – 27/06/2014

15 Juil

rdtse_2014_affiche_horizontaleDepuis quelques années, la prog de Le Rock Dans Tous Ses Etats semblait, à mes yeux, approcher la perfection, mais pour raisons familiales, il m’est relativement difficile de me libérer le dernier week-end de juin… Qu’à cela ne tienne, pour 2014, j’ai fait le choix de placer en priorité ma participation à ce divin festival, bien avant que la prog ne soit dévoilée. Je mentirais si je disais que j’ai fait des petits bonds de joie quand j’ai découvert l’affiche: à part Kasabian et Girls In Hawaii, rien ne m’enthousiasmait de prime abord. Mais il y avait aussi pas mal de noms que je ne connaissais pas, je misais donc beaucoup sur la découverte pour cette nouvelle édition.

 

Les aléas de la vie (trente mille choses à faire, et autres bouchons sur la route) ont fait que je suis arrivée après le rock psyché des hollandais de Birth Of Joy, et l’indie-folk chorale et solaire des californiens de Family Of  The Year (ces jolis mots de présentation sur le site du festival et l’écoute de quelques morceaux de chacun des deux groupes avaient pourtant aiguisé ma curiosité et attisé mon envie de les voir sur scène).

 

Site RDTSEA l’arrivée sur le site, hormis quelques difficultés de parking (mais je crois qu’on est arrivés du mauvais côté), force est de constater que l’organisation est nickel, pas trop d’attente pour la pose des bracelets, et les bénévoles de l’accueil sont super sympas. Petite séance de papotage et petite bière pour commencer la soirée, et j’avoue que je n’ai rien vu du concert de Gaspard Royant (honnêtement, ça ne me tentait pas vraiment, mais je ne pourrai donner d’avis plus précis).

 

Sarah W. Papsun faisait partie des groupes dont on m’a maintes fois vanté les qualités scéniques, et effectivement, ils ont la pêche sur scène, et le public suit avec enthousiasme, ça saute et ça bouscule sous les douches de poudres multicolores, l’ambiance est au top, mais, en ce qui me concerne, je ne suis pas vraiment rentrée dedans. Chacaloute qui m’accompagnait a retranscrit bien mieux que moi l’émotion ambiante : Bon en toute honnêteté, Sarah W. Papsun fait partie de mes groupes chouchous. Tu sais, cette poignée de groupes que tu peux voir et revoir un nombre incalculable de fois sans jamais te lasser, et qui, à chaque fois, te surprennent, te serrent le cœur et/ou t’éclatent les oreilles de bonheur… Bah voilà, Sarah W. Papsun me fait tout ça à la fois et me colle une folle envie de les revoir encore et encore, concerts après concerts. SarahWPapsunAlors là, les imaginer face au public chaud bouillant du Rock Dans Tous Ses Etats, wow ça s’annonçait carrément royal. D’ailleurs, poudré de jolies couleurs vives, le public normand était déjà bien fourni devant la scène A lors des balances des parisiens. Tel un rituel, c’est le magistral Kids Of Guerilla qui lancera le set. La réponse est immédiate : le premier quart de fosse explose, agrémentant ses pas de danse effrénés de jets de craie multicolore. Sur cette grande scène ornée d’un énorme « W », les six musiciens semblent complètement électrisés, aussi précis et concentrés qu’habités par leur son. Aucun d’entre eux ne tient en place, s’empressant d’aller chauffer les premiers rangs au moindre changement de rythme. A mesure des titres, la foule s’épaissit autour de nous. Pendant la seconde moitié du set, on frôle carrément le dancefloor géant, la preuve en images avec un Pay Try explosif filmé depuis la fosse.

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Comme toujours, la prestation dé-chi-re. C’est indéniable : le puissant son des Papsun se savoure encore mieux en live. J’ai d’ailleurs trouvé leur son particulièrement bien mis en valeur sur cette grande scène du RDTSE. Comme pris dans une spirale infernale, entre math-rock déstructuré (Drugstore Montmartre) et électro-pop dansante (5’’, Night), les six compères enchaîneront leurs titres crescendo et sans répit, selon une construction de set diaboliquement bien calculée, de façon à ne laisser aucun survivant sur le terrain normand. Tout le monde DEVAIT prendre sa claque ce soir-là. Eh bien perso, j’ai (encore) fini KO, des étoiles d’admiration plein les yeux… et, accessoirement, victime d’une sournoise attaque à la craie rouge sur le champ de bataille.

 

The Dillinger Escape Plan, ce nom nous disait vaguement quelque chose, mais nous ne savions rien de leur style de musique. Je crois que le moment le plus drôle du concert fût la tête de Chacaloute lorsque le chanteur a commencé à hurler dans son micro : « Et il va crier comme ça pendant tout le concert?! ». Le Hardcore, moi, j’aime encore bien, mais, à un moment, il faut manger et puisque nous pensions que le live de MGMT allait tout déchirer, nous avons choisi de dîner avant qu’ils n’arrivent sur scène. Nous avons néanmoins suivi le concert de The Dillinger Escape Plan à distance raisonnable pour que les oreilles de Chacaloute ne soient pas trop meurtries. Et force est de constater qu’il y avait de bons morceaux et qu’ils avaient l’air de tout démonter sur scène, après coup, je regrette un peu de ne pas être allée y voir de plus près.

 

MGMTD’autant que du côté de MGMT, la surprise était plutôt  inverse : une prestation sans relief, dénuée d’énergie (et quand je dis « énergie », je ne demande pas des guitares saturée, pour moi, une musique calme peut dégager de l’énergie, ce qui n’était pas le cas ici) et les membres du groupe incapables de créer un lien avec le public, qui le leur a bien rendu en étant tout aussi amorphe que les musiciens. On a pu observer un léger regain de motivation dans l’assemblée pendant la chanson Kids, qui n’était pourtant pas interprétée avec grand enthousiasme. Heureusement qu’il y avait l’écran de fond avec des animations complètement psychédéliques et ultra colorées. (Big Up à la langouste aux couleurs acidulées qui est réapparue régulièrement tout au long du set, mais que nous n’avons, malheureusement pas réussi à immortaliser avec nos petits appareils photo).

 

Il va sans dire que je n’ai pas eu la patience de rester devant ce concert ultra-ennuyeux, il y avait Primal Age sur la petite scène, un groupe dont je ne savais absolument rien. Chacaloute préféra ne pas me suivre : « À voir le nom, je parie que ça va crier comme le concert précédent ». Et bien, on peut dire qu’elle a eu du flair, ma copine : il s’agissait bien d’un groupe de Métal/Hardcore. Donc, les guitares saturées, le rythme rapide et le gros son, j’aime bien, mais j’avoue que le chant hurlé ne fait pas vraiment partie des choses que je recherche dans la musique. Mais pour le coup, ça ne m’a pas vraiment dérangé : le chanteur qui semble taillé dans une allumette, (on se demande carrément ou il va chercher sa puissance vocale), déploie une énergie incroyable pour occuper l’espace scénique,  le public reçoit beaucoup et n’hésite pas à pogoter, sautiller, s’amuser… Quelle bouffée d’oxygène quand on arrive du morne concert de MGMT, je suis restée jusqu’à la fin, et j’ai pris bien du plaisir à me laisser gagner par l’univers de ce groupe Normand tout heureux d’être sur la scène de Le Rock Dans Tous Ses États.

(La vidéo ci-dessous a été captée le deuxième jour, mais puisque c’est ici que je parle du groupe…)Image de prévisualisation YouTube

 

On continue dans la série des bonnes surprises, un groupe généreux et un public enthousiaste avec le groove-jazz-funk-hiphop-inclassable de Deluxe. DeluxeJ’avais eu de très bons échos quant à leurs qualités scéniques, dans ces cas-là, je n’écoute pas avant, car je sais que j’irai voir de toutes façons et j’adore les surprises. Costumes à paillettes et thème de la moustache récurrent (il nous aura quand même fallu la moitié du set pour réaliser que la jupe de la chanteuse est, en fait, une moustache), tout le monde avait la pêche dans ce groupe, le lien avec le public s’est créé en une demi-chanson, je suis entrée dans leur univers un brin déjanté en un éclair. Mention spéciale à la basse bien présente dans leur musique et le style du bassiste super classe. Très belle découverte, à voir sur scène, même si le style musical ne te parle pas au premier abord. En ce qui me concerne, je retournerais les voir les yeux fermés.

 

Kasabian ne fait pas partie des groupes que j’écoute souvent chez moi, mais je garde la marque de la claque que j’avais reçue lors de leur passage aux papillons de nuit en 2010.  Pour tout décor, les chiffres 48:13 (pour celui qui n’aurait pas compris, il s’agit du titre de leur dernier album qui correspond à la durée de celui-ci) en lettres rouges lumineuses en fond de scène, les artistes sont arrivés  détendus et ont pris plaisir à animer le show. Kasabian - Sergio PizzornoLe son était bon, il y avait de la puissance, le  charismatique Tom Meighan – secondé avec talent par son guitariste Sergio Pizzorno qui donne de la voix sur certains titres – a fait ce qu’il voulait de son public. On a chanté, on a dansé, on a levé  les bras, on a crié en cœur « eez-he », même ce titre que je n’aime pas passe bien en concert, il faisait chaud, on s’est éclatés  et on a oublié tout le reste. Kasabian est un groupe qui prend plaisir sur scène, et nous, on suit, c’est tout…et c’est parfait comme ça.

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Cette première journée nous a déjà réservé de bien belles surprises, on avait hâte de découvrir la suite après un bon sommeil réparateur. (Oui, on loge à l’hôtel, le camping et le boucan toute la nuit, c’était bien quand on avait vingt ans, mais maintenant, on préfère dormir pour de vrai).

 

La confirmation : Kasabian

La surprise : Primal Age

La découverte : Deluxe

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3 Responses to “Le Rock Dans Tous Ses Etats #31 – Jour 1 – 27/06/2014”

  1. Toute Ouïe 9 avril 2015 at 1:02 #

    Ah ce concert de Kasabian aux Papillons de Nuit 2010 était un sacré show! Un de leurs meilleurs concerts selon moi…

  2. xavierem 8 août 2017 at 6:46 #

    Bonjour. Je suis tombé sur votre site en recherchant des chroniques sur le Rock Dans Tous Ses Etats en 2014 et j’y ai été les deux jours. Je suis tout particulièrement d’accord pour MGMT et Kasabian. Les premiers ont livré une prestation apathique alors qu’il fallait peu de choses pour que leur set décolle vraiment comme un minimum d’engagement scénique et de contact avec le public. Atouts que Kasabian a largement déployés via une présence énergique et hautement communicative.

    • zyblynn 8 août 2017 at 10:52 #

      Bonjour,
      Ça fait plaisir de lire un commentaire, même trois ans plus tard, et même après que ce festival ait (malheureusement) changé de formule. Beaucoup de beaux souvenirs 🙂

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