Le Rock Dans Tous Ses Etats #31 – Jour 2 – 28/06/2014

16 Juil

Site RDTSE J2Pour cette deuxième journée, puisque nous étions sur place, plus question d’arriver en retard, pas même pour Hill Valley. J’avoue que la première rencontre avec ce groupe originaire de Clermont-Ferrand sur la tournée Ricard S.A. Live en première partie de Stuck In The Sound ne m’avait pas vraiment convaincue. Et bien, le deuxième essai ne fut pas plus concluant : la voix du chanteur m’agace, leur musique m’indiffère et je trouve la prestation scénique du leader sur jouée. À les décrire de la sorte, je me trouve un peu dure, d’autant qu’ils sont, paraît-il, bien agréables, mais que veux-tu, le capital sympathie ne fait pas tout.

J’attendais avec impatience de découvrir le Stoner aérien des bordelais de Mars Red Sky. mars red skySelon les premières écoutes, je ne pouvais qu’aimer leur son. Et c’est là que s’est produit inexplicable : les vibrations des basses se répercutaient tellement fort à travers mon thorax que j’en ai ressenti un inconfort physique durant tout le concert. Question gros son en live, je n’en étais pourtant pas à mon coup d’essai, et d’habitude, les basses, j’adore ça ! J’ai eu beau changer dix fois de place, m’éloigner de la scène, rien n’a résolu cette insupportable sensation de résonance, et c’est vraiment dommage car j’ai relevé plusieurs moments très intéressants dans leur set, mais sans possibilité de les recevoir agréablement. J’espère avoir l’occasion de les rencontrer à nouveau dans des conditions qui me correspondront d’avantage.

Les Normands de Dorian’s Grace, initialement programmés sur la petite scène pour les deux jours consécutifs ont eu le privilège de jouer sur l’une des scènes principales en remplacement de Hundreds bloqué à l’aéroport par une grève. Ce qui a mené à trois le nombre de leurs prestations sur la durée du festival. Arme à double tranchant : chouette pour le groupe de gagner en visibilité, mais de mon côté, leur Grunge ne m’a pas vraiment convaincu, je les ai trouvé un peu envahissants.

J’ai donc préféré une seconde dose de l’énergie Primal Age dont j’avais déjà parlé hier.

TrampsMalgré la coiffure du chanteur un peu trop travaillée à mon goût (encore un chanteur à mèche, oui, j’avoue, j’ai ri), les Londoniens de Trampolene (on peut lire « Tramps » sur la grosse caisse) m’ont embarquée avec leur Rock efficace et leur sincérité. Pour leur premier festival en France (nous ont-ils dit), leur plaisir d’être sur scène était communicatif. Image de prévisualisation YouTube

On m’avait dit beaucoup de bien d’ALB, le projet solo de Clément Daquin, que l’on connait pour son travail avec Yuksek, mais j’étais complètement passée à côté le soir où j’avais entrepris de découvrir son albumALB « Come Out! It’s Beautiful » qui m’avait semblé sans relief. Mais, à vrai dire, c’est probablement moi qui étais sans relief le jour de la première écoute, car, une chose m’a particulièrement impressionnée lors de leur prestation : aucune chanson ne ressemble à l’autre. Ils ne sont que deux sur scène : Clément, qui voyage entre son clavier et sa guitare, est simplement accompagné d’un batteur hors pair. Point ici de présence scénique particulière, mais le naturel, la simplicité et surtout, les compétences des deux musiciens suffisent à mettre en valeur les mélodies subtiles et recherchées qui créent un univers sonore majoritairement entraînant. Ce magnifique concert a juste apporté le soleil qui manquait alors que les nuages gris recouvraient la plaine depuis le début de la journée.

Après cette superbe prestation d’ALB se sont enchainés quelques concerts qui m’ont moins emballée personnellement : Peter von Poehl, malgré sa très jolie voix qui n’est pas sans me rappeler celle de Phil Collins, n’a pas réussi à me captiver, Blake Worrel a fait jumper le public sur son Hip Hop convaincant (même si je n’étais pas dans le trip) et Dub Inc a enflammé la foule avec son Reggae tricolore (mais cette fois, j’ai capitulé, mon dos et mes jambes réclamaient une pause, je me suis assise au sol par sac plastique interposé). Je souhaite néanmoins saluer les performances scéniques des deux derniers cités, même si je ne me suis pas particulièrement sentie concernée par leurs univers respectifs.

Dés la fin du concert de Dub Inc, les belges de Girls In Hawaii ont pris le relais sur la scène en face. Ce groupe est le parfait exemple de celui qui surprend sur scène. Je les avais déjà vus en mars dernier au Big Band Café (Caen). J’adore leur dernier album Everest mais j’avoue qu’avant cette première rencontre, j’avais du mal à imaginer ce que la scène pouvait apporter à leur musique. Il ne leur avait pas fallu longtemps pour me convaincre de leurs talents scéniques : j’étais ressortie de leur set de deux heures en salle avec des étoiles plein les yeux. GIHMême si j’avais adoré ce concert, j’en avais néanmoins gardé une impression générale d’apaisement mêlé de mélancolie, un certaine torpeur mélangée d’espoir, je me souviens d’un public assez calme porté par cette ambiance majoritairement aérienne. J’avoue que j’ai pensé qu’en plein air, ça risquait peut être de paraître un peu mou. Pardonnez-moi ce manque de confiance : dès les premières notes, les six garçons m’ont fait comprendre qu’ils sont doués d’une parfaite capacité d’adaptation, je me suis pris un tourbillon d’énergie en pleine figure, c’était hallucinant! La première vraie averse de la soirée n’a pas le moins du monde gâché le plaisir : Antoine (l’un des chanteurs du groupe) est venu goûter la pluie avec nous sur le devant de la scène et Lionel (l’autre voix) nous a fait remarquer un magnifique arc-en-ciel qui se déployait face à la scène (et par conséquent, dans notre dos). Le groupe nous a embarqué dans son univers durant tout le concert et n’a jamais laissé refroidir le public détrempé, qui a dansé, sauté et applaudi chaleureusement. Je n’ai que trois mots pour conclure (enfin, quatre) magnifique, merci et à bientôt (aux Franco de Spa).

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LA pépite de ce festival porte, selon moi, le nom de Vundabar. Peu avantagé par son heure de passage, le groupe originaire du Massachusetts, avait la tâche délicate de jouer en même temps qu’Interpol. Je connais assez peu la musique des derniers cités, mais j’avais bien envie de me laisser envelopper par la froideur sombre de l’univers des New-Yorkais. Je pensais, naïvement, aller jeter une oreille curieuse à Vundabar pour les premiers titres, et revenir ensuite vers Interpol. Mais c’était sans compter sur le magnétisme des trois jeunes garçons originaires de Boston. Avec leur air de ne pas y toucher, ils débarquent avec toute l’insouciance de leur adolescence (ils n’ont pas 20 ans, je parie) et occupent l’espace sonore et scénique comme s’il avaient fait ça depuis toujours. Ils me rappellent par moment les Weezer de ma propre adolescence insouciante, et la construction des chansons est pleine de rebondissements, avec des breaks qui créent toujours la surprise. Rien ne semble leur poser problème : une sangle de basse qui lâche, un guitariste qui devient batteur, et inversement, ou même la présence de redoutables prédateurs sur scène (Ah bon? Le requin et le crocodile n’étaient que des jouets de plage gonflables?). Le mot « difficulté » ne semble pas faire partie de leur vocabulaire. Il va sans dire que je n’ai pas décollé de la scène avant la fin du concert, tout comme le reste de l’assemblée qui n’a cessé de grandir tout au long de set. Vundabar est de ces groupes qui t’agrippent et t’entrainent dans leur univers sans te laisser le choix. Autant dire qu’après cette ambiance enthousiaste, je n’ai pas réussi à rentrer dans l’univers sombre des trois dernières chansons du concert d’Interpol.

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Mais sur My Wonderwall, on t’offre le don d’ubiquité, Chacaloute était au concert d’Interpol et te raconte tout : Comblés par la prestation juste et généreuse de Girls in Hawaii malgré les galères météo, le regain d’énergie fut suffisant pour supporter le k-way détrempé et la fraîcheur de la nuit le temps d’un concert supplémentaire. Et pas le moindre, puisque c’est Interpol qui enchaîne presque instantanément sur la scène A. InterpolTandis que Zyblynn part à la découverte d’un autre groupe américain du nom de Vundabar du côté de la scène Gonzo, on gagne aisément les premiers rangs avec Caipirinou. Interpol. Je me suis revue devant Archive l’année passée, avec cette même sensation d’avoir une chance inouïe d’être là. La grande scène arbore une impressionnante affiche représentant une paire de mains fines et manucurées, rappelant la couverture d’« El Pintor », le 5e opus à venir des américains. Aucune pointe d’exubérance sur scène, les new-yorkais sont plutôt du genre costard-cravate, ce qui finalement renforce la perfection de l’ensemble. Car pour moi, c’est bien de perfection dont il s’agissait ce soir-là. Un live parfait. J’ai aimé l’équilibre de la setlist, la puissance de l’interprétation et la bonne ambiance au sein du public normand, que décidément rien n’arrête, surtout pas l’agaçante pluie fine de ce J2.

Avec une setlist ponctuée de quelques morceaux exclusifs mais faisant surtout la part belle à ses deux (monstrueux) premiers albums, « Turn on the Bright Lights » et « Antics », le quatuor savait qu’il gagnerait le cœur d’Évreux. Petit aperçu du génialissime Obstacle 1 filmé depuis la pelouse :

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Au-delà d’un incroyable magnétisme sur scène (sublimé ce soir-là par des éclairages fascinants), Interpol possède le talent de transformer ses morceaux à la ligne généralement froide, noire et mélancolique, en des instants de live particulièrement grands et percutants. Interpol possède tout simplement cette classe que bon nombre d’autres groupes de sa renommée n’ont pas (hein, MGMT). La grande classe. D’ailleurs, petit chanceux, tu peux revoir ce live en (quasi) intégralité chez Sourdoreille par ici.

La 31e édition du Le Rock Dans Tous Ses États s’est arrêtée ici pour nous. Même si certains artistes nous ont (presque) fait oublier la pluie, on était quand même bien mouillé et le froid commençait à se faire sentir. On n’a pas eu le courage d’affronter la ringardise et le second degré assumés des Salut C’est cool! concept qui, selon nous, ne rentre pas vraiment dans le cadre de ce que nous considérons comme de la musique. Sur le moment, j’ai un peu regretté de passer à côté de Massive Attack, mais j’ai eu des échos selon lesquels il y a eu quelques soucis techniques et le concert s’est terminé prématurément, ça ne valait donc peut être pas le coup de rester deux heures de plus sous la pluie.

Le bilan de mon premier Le Rock Dans Tous Ses États est, en tout cas, très positif, ça faisait bien longtemps que je n’avais pas apprécié autant de concerts sur un même festival, je reste donc sur mon impression initiale : une programmation qui a tendance à correspondre à ce que j’aime.

La confirmation : Girls In Hawaii

La surprise (et coup de cœur du festival) : Vundabar

La découverte : ALB

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One Response to “Le Rock Dans Tous Ses Etats #31 – Jour 2 – 28/06/2014”

  1. xavierem 8 août 2017 at 6:51 #

    En réponse à mon commentaire sur la première journée du Rock Dans Tous Ses Etats en 2014, rien à redire pour Girls in Hawaï et surtout Interpol. Les New-Yorkais ont livré mon concert préféré de ces 2 jours. Et effectivement, vous n’avez pas perdu grand-chose avec Massive Attack. Leur set a été plombé par des incidents techniques à répétition, une arrivée sur scène en retard, un son mauvais, des membres qui avaient une attitude fantôme, des effets visuels tombés à plat. Tout cela s’est conjugué pour donner une conclusion décevante à cette (remarquable) édition du RDTSE 2014.

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