Le Top EP 2013 de la rédaction

6 Jan

Dumdumgirl

Chaque année j’achète un nombre inavouable d’EP mais au final bien peu conversent une place de choix dans ma discothèque. Voici ma sélection 2013 :

charles-baptisteAussi Cool Que Toi par Charles-Baptiste : avec des textes à la fois cinglants et touchants, ce virtuose du piano brosse un portrait représentatif de notre génération et donne un bon coup de jeune à la variété française. J’attends l’album avec impatience.

Pirouettes EP par The Pirouettes : pour ceux qui ne supportent pas les paroles sans queue ni tête, passez tout de suite votre chemin. Pour les autres, venez découvrir ce jeune couple à la scène comme à la ville et leur attachante electro minimaliste.

Nuit 17 à 52 par Christine And The Queens : vue au festival Chorus il y a deux ans, je n’avais pas du tout accroché, ni à la musique, ni au personnage. Et puis il y a eu cette chanson, « Nuit 17 à 52 ». Un véritable bijou d’où se dégage une fragilité que je n’avais pas perçue dans les précédents travaux de cette artiste.

Balinger par Balinger : un des groupes chouchous de la team MyWonderwall. On l’a attendu longtemps ce premier EP et il ne nous a pas déçu. La voix habitée de Jim entonne des morceaux aux débuts souvent mélancoliques où soudain les guitares explosent, comme si la tristesse cédait la place à la colère. Bref, un premier essai qui vous remuera les tripes.

Le Coeur par Chat : après un premier album que j’avais trouvé horripilant, me voici réconciliée avec Chat grâce à cet EP avec -M- aux commandes, où la voix mutine de la chanteuse se marie à merveille au piano pour donner un mélange de mélancolie et de gaieté. De toute beauté.

Lunatique par Margaux Avril : Si certains pourront trouver les paroles des chansons composant cet EP un peu cul-cul la praline, personnellement je suis complètement tombée sous le charme du joli brin de voix, légèrement cassée, de cette jeune chanteuse dont le premier album est également disponible. A noter une excellente reprise acoustique de « Lisztomania » de Phoenix.

Murderology par Yard Of Blondes : les Français installés aux Etats-Unis ont mis des guitares électriques dans leur folk et ça leur réussit pas mal. Chronique à lire ici.

Le Vasco par Le Vasco : si ce n’est pas le genre de musique que j’écouterais tous les jours, le premier EP des Franciliens ne pourra pas laisser indifférent…Dans la lignée de Crystal Castles, leur univers déjanté est impérativement à découvrir en live.

Running Away par The Dedicated Nothing : un efficace mélange de new wave et de pop-rock à la sauce biarrote. On vous en avait déjà parlé ici.

Knife Edge par Mac Guffin : ce premier EP du side-project du leader de La Phaze, à l’atmosphère de bande-originale de film noir, ravira forcément les fans de Portishead et Wax Tailor.

Zyblynn 

Cette année, mon top EP fait plutôt office de catégorie révélation, et ça me va bien comme ça. Du coup, il y a des disques sept titres que j’ai considéré comme des longs EP, parce que ça suivait bien le fil de mes idées, voilà (ma rédac chef me dit dans l’oreillette qu’un sept titres, c’est un EP). Dans cette rétrospective, il y a beaucoup de soutiens à ma scène locale.

1=0Sabre par 1=0 (Paris) : J’ai chroniqué cet EP il y a quelques semaines, je voulais simplement décrire mon ressenti face à leur musique, sans rien savoir à leur sujet. Je n’avais jamais écrit un article aussi instinctif, aussi peu réfléchi,..euh si, en fait, quand j’avais écrit sur Fauve, c’était sorti tout seul, pareil, d’une traite. Mais voilà, ça n’allait pas vraiment dans le même sens : je trouvais les paroles de Fauve trop précises, laissant peu de place à l’imaginaire, alors que les mots de 1=0 laissent la part belle à la libre interprétation. J’avais directement noté cette contradiction, sans, pour autant, faire la comparaison, tant je perçois leurs deux mondes de manière opposée. Par la suite, je me suis aperçue que certaines personnes rapprochent ces deux groupes, à cause du chant parlé…Hééé oui. Sauf qu’ici, la musique est quand même un peu plus recherchée (enfin, ça me parle plus, en tout cas), crée une tension permanente et les textes ne te cloisonnent pas dans une direction déterminée. J’ai mis cet EP à la première place, parce que ça fait plus de deux mois que je le décortique, que je ne cesse de l’interpréter de diverses façons, et parce qu’il farfouille dans les profondeurs de mon être et fait remonter des choses, qui, visiblement, avaient besoin de sortir. Peut être est-il avantagé dans ce classement du fait de sa parution en fin d’année…ou pas.

Virus on Your Lips par Undobar (Caen)Undobar, ça ne s’explique pas, ça se vit, car c’est sur scène que tout le charisme de ce duo atypique se révèle. Cette année, j’ai passé six concerts en leur compagnie, et je ne m’en lasse pas. J’en ai, d’ailleurs, déjà parlé ici et . En 2013, ils ont donné plus de cinquante concerts (oui, oui, tu comptes bien, ça fait quasiment un par semaine), en France et en République Tchèque, toujours accompagnés de Jérôme qui fait en sorte que le son leur corresponde toujours parfaitement. Ils ont joué dans des cafés, en bord de mer, dans un camion aménagé…et même dans un cimetière. Ils sont capable de s’adapter aux lieux les plus insolites et aux publics les plus déroutants. Ils mériteraient vraiment d’être davantage reconnus.

A Walk On Mars par The Airplane (Paris) (sorti en décembre 2012, j’ai presque pas triché). En route pour le ciel et les étoiles, avec les mélodies planantes et recherchées de The Airplane, embellies pas la voix touchante d’Arthur Gamblin qui nous prête ses ailes d’ange afin que nous puissions définitivement quitter la terre. De ce que j’ai pu voir par vidéo interposée, sur scène il ont le pouvoir de créer un univers bien à eux, ce qui en fait un des groupes que j’ai le plus envie de voir sur scène en 2014.

Symmetry par Jean Jean (Paris). Dans la musique de Jean Jean, je trouve : de la bonne humeur, de l’énergie, des voyages, des subtilités, des atmosphères variées, de la rosée, des lutins, des soirs d’été et même des mammifères marins (Aaah, la liberté d’interprétation des musiques instrumentales). Néanmoins, un petit mystère subsiste: pourquoi Symmetry (Symétrie) ? Le petit plus des Jean Jean: quand tu achètes leur CD  physique par correspondance, tu reçois un joli mot dedans avec plein de bisous de JeanJean. Quelques mois plus tard, j’ai même reçu un petit mail de Sébastien (guitare) juste pour échanger, remercier et faire des bisous, sans savoir qui j’étais, juste pour dire merci. Bien sûr, quand ils vendront des milliers de CD, ils ne pourront plus faire ça, alors, profites-en, si tu veux des bisous de Jean Jean, c’est maintenant qu’il faut acheter leur CD.

4 par SAmBA De La mUERTE (Caen). En ce qui me concerne, ce coup de cœur fût imprévisible puisque leur musique ne correspond pas vraiment à ce que je recherche. Mais c’est doux et raffiné, plus j’écoute cet EP, plus je m’émerveille. Et puis, ce groupe à l’air trop magique sur scène, pourvu que nos routes se croisent en 2014.

(premier) EP par The Nes Nation (Caen). Avec une formation « classique » guitare-basse-batterie, The Nes Nation propose une musique bien énergique, mais pas trop grasse. Les chansons sont bien construites et chacune a sa personnalité, le tout agréablement relevé par le timbre de voix particulier de Thomas Cosse. (J’explique tout ça en détails dans cet article.)

Balinger par Balinger (Paris). Dès la première écoute de Balinger, on retiendra l’identité vocale facilement reconnaissable de Jim Rosemberg, une très jolie voix, néanmoins un peu plaintive, qui pourrait facilement devenir gnangnan si elle n’était pas encadrée d’une musique capable de la mettre en valeur. Heureusement, le groupe a trouvé le parfait compromis entre les mélodies poignantes et les passages plus énergique, la voix de Jim n’en est que plus charmante.

Pushing it par The Family Rain (Bath – Angleterre). Encore un groupe dans lequel tous les musiciens donnent de la voix. Il s’agit de trois frères (guitare-basse-batterie) originaires de Bath en Angleterre, et ils te dépotent une énergie de malade. Trust Me …I’m a Genius non inclus sur cet EP, est, pour moi, leur meilleur morceau. J’ai le sentiment que c’est en live que toute  l’essence du groupe se révèle.

Ages and Sun par Robbing Millions (Bruxelles – Belgique)J’ai découvert ce groupe belge originaire de Bruxelles au Festival Les Ardentes cette année. Le coup de cœur n’a pas été immédiat, mais ils m’ont suffisamment interpellée pour me convaincre de les suivre. Et, force est de reconnaître qu’il y a une réelle identité dans leur musique et l’univers un peu déjanté qu’ils proposent.

In Between par The Magnets (Marseille). J’ai découvert ce groupe par le clip de la chanson Observer qui met en scène un vieil homme rêveur et passionné de vieux bateaux et de voyages en mer. L’univers, quelque peu énigmatique, des quatre marseillais semble faire recette sur scène puisque le groupe a beaucoup tourné cette année, notamment, en Belgique, en Angleterre, en Espagne et un peu partout en France (Mon organisation familiale ne m’a pas permis d’assister à leur concert Caennais, j’espère qu’il reviendront bientôt nous voir).

Chacaloute

A l’instar de mon top Albums 2013, mon top EP fait indéniablement la part belle aux jeunes groupes français. D’ailleurs, les formations parisiennes/franciliennes sont tout particulièrement à l’honneur cette année.

In The Canopy - Never ReturnNever Return par In the Canopy : en principe, j’ai un très gros coup de cœur par an. Et ceux qui me connaissent bien savent qu’en 2013, cette place de numéro 1 revient sans conteste à In The Canopy. Après un mini album live en 2011, les cinq parisiens ont sorti leur premier EP studio, Never Return, à la toute fin 2012, petit bijou qui a croisé mes oreilles à peine deux mois plus tard pour ne plus jamais les quitter. Aérien, intense et plein d’émotions, le somptueux titre d’ouverture, « Never Return », résume parfaitement l’essence de la Canopée. Dès les premières mesures, la magie et l’harmonie des voix nous envoûtent, jusqu’à ce que toute la beauté du son explose et nous emporte loin, très loin, vers des hauteurs où il fait bon vivre, où tout semble possible. Aux influences trip-hop jazzy, rock ou folk, les titres suivants viennent compléter et parfaire l’ensemble, chacun à sa façon, révélant ainsi un univers extrêmement riche. Aussi varié que maîtrisé, Never Return est un très bel aperçu du grand talent des parisiens, qu’on espère voir s’épanouir encore davantage dans un second volet, prévu pour ce début 2014.

King and Cross par Ásgeir : très belle surprise de cette fin d’année, découverte sur les bons conseils de lilangell_ (merci !!!). Jeune islandais de 21 ans, Ásgeir Trausti Einarsson s’est déjà forgé une belle réputation dans son pays en sortant un sublime premier album folk, Dýrð í Dauðaþögn, composé dans sa langue maternelle. Un tel succès, qu’il vient de l’adapter en anglais et d’exporter un premier EP, King and Cross, en novembre dernier. Son atout principal ? Une voix à tomber. Sincèrement, écoute « Going Home », si tu arrives à ne pas frissonner, respect. À travers des mélodies douces et intimistes, mais également originales et rythmées, il parvient à rendre le folk accrocheur, ce qui, finalement, n’est pas si fréquent. La sortie de son premier album In The Silence est prévue pour le 27 janvier, inutile de te dire que je trépigne d’impatience.

Balinger par Balinger : aaah Balinger ! Le quatuor francilien qui a fait unanimement fondre le cœur de la team. Rien d’étonnant, impossible de rester insensible à leur folk-rock passionné, tantôt énergique, tantôt mélancolique. Reconnaissable entre toutes, la voix de Jim apporte un atout considérable à chaque titre, en sublimant, selon le cas, l’émotion ou la puissance de celui-ci. Ils nous ont ravies avec la sortie de cet EP éponyme en avril dernier, perso, je ne me lasse pas des bouleversants « Voices » et « All Alone ».

Relizane par We Are Match : tiens, encore un groupe du coin. Décidément. Anciennement connus sous le nom de Match, le mystérieux quintette « à tête de chats » nous avait joliment bluffées en début d’année en nous envoyant un morceau hors norme supra stylé « Dying Kings » (pour relire l’article de Dumdumgirl, c’est ici). Joli coup que viendra confirmer leur premier single officiel « Violet », tellement enivrant qu’on se le repasserait à l’infini. Sorti en octobre dernier, leur 6 titres Relizane est une petite merveille pop à découvrir d’urgence et/ou à se repasser certains jours gris d’hiver.

Pushing It par The Family Rain : comme son nom le laisse supposer, The Family Rain est une histoire de famille. En provenance d’Angleterre, les trois frères Walter, William, Timothy et Ollie, nous envoient un rock brut, certes assez classique (guitare/basse/batterie) mais très efficace. Au-delà de son évidente complicité familiale, le trio dégage une incroyable énergie sur scène. Certes, l’EP Pushing It ne contient pas les meilleurs titres du groupe (je pense notamment aux derniers singles/clips sortis « Reason To Die » et « Feel Better »), mais patience, leur premier album (Under The Volcano) est prévu pour début février. Grosse tuerie en perspective.

Cinecittà par Who Makes Anita Shake! : début 2013, je suis tombée un peu par hasard sur ce trio au détour d’un article sur le site des Inrocks daté de fin 2012 (l’EP est sorti en novembre 2012). Tout d’abord interpelée par le nom très étrange de cette formation parisienne, je suis me suis rapidement retrouvée hypnotisée devant le clip – encore plus étrange – de « Cinecittà », un morceau d’une grande beauté, aux allures de bande son cinématographique… Captivant. Le second tiers de l’EP me semble beaucoup moins torturé, apaisé, parfois même joyeux. Un bon équilibre au final, puisqu’on a rapidement envie de réécouter en boucle cette jolie galette.

No Money Kids #1 par No Money Kids : autre groupe parisien découvert assez récemment, No Money Kids a sorti ce premier EP, intitulé sobrement No Money Kids #1, en septembre dernier. À la première écoute, difficile de croire qu’ils ne sont que deux. À la seconde, surprenant de voir qu’ils sont encore si peu reconnus. Pour ma part, plus j’écoute cet EP, plus je le trouve brillant. Chaque morceau est solide, stylé et possède la dose de mélodie parfaite pour le rendre imparable. Si tu aimes le blues rock façon Black Keys et le chant sexy d’Hanni El Khatib, alors cet EP est fait pour toi.

Le Vasco par Le Vasco : clairement l’ovni de ce top. Pour tout dire, j’ai gardé un moment cet EP dans mon iPod sans parvenir à rentrer dedans… jusqu’à ce que je les vois en live à Rock en Seine cet été. En mélangeant un nombre incalculable d’influences, d’instruments et de sons, le groupe francilien a développé une identité musicale indescriptible et unique. Le Vasco est fou, bordélique et puissant. Si, à la première écoute, si on peut facilement se retrouver dérouté par la folie artistique ambiante, il est bon de persister car, une fois conquis, l’expérience est vraiment intéressante.

E.p par Foreign Diplomats : c’est fou comme le Canada fourmille de merveilleux groupes ! En juin dernier, les cinq Montréalais de Foreign Diplomats (signés chez Indica Records, label de nos chouchous Half Moon Run) ont sorti une jolie pépite indie rock (« disco/rock » si on se réfère à leur page FB), succession de 5 titres frais et vitaminés. Quelque part entre Foals – époque Antidotes – (« Leeches ») et Arcade Fire (« Queen + king »), l’énergie et la bonne humeur communicatives du dénommé E.p séduisent immédiatement, donnant presque envie de lâcher quelques pas de danse.

Hymnal par In the Valley Below : belle révélation de cette année 2013, le duo américain In The Valley Below avait d’abord sorti ce premier EP sur la toile en avril dernier, avant de partir à la conquête de l’Europe cet automne avec un second EP, Peaches, contenant l’irrésistible single du même nom. Pour ma part, je préfère l’EP Hymnal qui regroupe trois des plus beaux titres du groupe, notamment le magnifique « Palm Tree Fire », où leurs deux voix, voluptueuses et complémentaires, se fondent à la perfection.

 

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  1. Le Top Concerts 2013 de la rédaction | My Wonderwall - 14 janvier 2014

    […] sur 2013, depuis mon coup de cœur pour leur premier EP Never Return en début d’année (voir mon top EP). Au bar le Yono en acoustique, à la Dame de Canton en électrique, en radio lors de leur passage […]

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