[Live-Report] Half Moon Run @ UBU – Rennes 16/11/2013

22 Nov

Half Moon Run par Gwendal Le Flem 1

photo par Gwendal Le Flem

Il y a des groupes qu’on attend avec impatience de découvrir sur scène, et dont on sait, sans aucune appréhension, qu’ ils ne décevront pas (Youtube et Chacaloute y sont pour beaucoup dans cette capacité de discernement). Comme pour Stuck in the Sound l’année passée (tiens-donc, quelques jours avant mon anniversaire, deux années de suite…), je savais que ma rencontre avec Half Moon Run serait une réussite.

Ce fut, effectivement, un des plus beaux moments live de mon année 2013. Et pourtant, j’ai hésité à me lancer dans l’écriture de ce live-report, tout simplement parce que, pour rédiger un article, il faut poser des mots, faire des phrases, et, pour cela, il faut intellectualiser. D’habitude, j’adore faire ça, mais, quand j’écoute Half Moon Run, je ne réfléchis pas… tellement pas, qu’après un minimum de 128 écoutes de leur premier album Dark Eyes, je ne connais toujours pas les titres des chansons, enfin, pas tous, en tout cas (et en plus, je m’en fou). Et voilà, tant pis, j’écris quand même.

Peut être est-ce là le principal atout d’Half Moon Run? L’état de relâchement, et d’insouciance dans lequel ils emmènent leur public.

Half Moon Run par Gwendal Le Flem 2

photo par Gwendal Le Flem

Au début du set, j’ai essayé de m’y retrouver un peu, comprendre qui produit quel son, mais j’ai rapidement abandonné : ils sont tous multi-instrumentistes, et, dans une même chanson, ils changent de micro et d’instrument, ils en jouent même parfois deux en même temps. Devon Portielje, la voix principale du groupe (oui, parce qu’en fait, les quatre membres du groupe chantent, tu vois) a même trois mains. On s’est tous dit, au moins une fois dans notre vie, que ça serait quand même bien pratique, une troisième main, il est vrai que celle-ci reste cramponnée au pied de micro pendant toute la durée du concert, mais bon, elle a le mérite d’être présente. C’est au début de Judgement, 3e titre du concert (merci à l’âme charitable qui m’a transmis la setlist, comme ça, je peux faire semblant de connaitre tous les titres par cœur [dans mes notes, j’ai écrit: « chanson 3 sourire »]), que j’ai commencé à sourire sans vraiment savoir pourquoi. Probablement, pour le plaisir évident qu’ils ont à être sur scène, pour cette énergie incroyable qu’on reçoit d’eux, pour leurs visages qui reflètent l’insouciance de l’enfance que j’aimerais retrouver et qu’ils semblent ne jamais avoir perdue , pour cette humilité qui rend leur talent encore plus grand, tant ils semblent ne même pas en être conscient. C’est un groupe qui donne, sans même s’en rendre compte : ils jouent, ils s’éclatent, et on a l’impression qu’ils considèrent  l’enthousiasme de leur public comme un bonus, le petit truc en plus qu’ils reçoivent, sans vraiment chercher à l’obtenir…eh bien nous y voilà, le lâcher prise, n’est-ce pas ça? Ne rien attendre, et savoir apprécier les jolies choses comme elles se présentent.

Image de prévisualisation YouTube

Cette sérénité qu’ils dégagent, tu la reçois en pleine figure, et tu te retrouves projeté dans un monde où on ne réfléchit pas, où on ne pense plus à rien, on se retrouve au dessus des nuages avec une collection de petits anges. On pleure un peu sur No More Loosing The War, on frissonne sur Need It, on entre en résonance sur Call Me In The Afternoon ou Drug You, on sautille sur Full Circle ou She wants to know … enfin, je ne sais plus très bien, en tout cas, on est bien, et eux aussi…et à la fin du concert, on dit « Merci les gars », enfin, c’est pas moi qui l’ai dit, mais quelqu’un l’a dit, il a dit tout haut ce que le public entier pensait très fort à ce moment-là, comme en témoigne cette vidéo:

Image de prévisualisation YouTube

Je pourrais encore parler de la gestuelle de Devon qui flotte littéralement sur leur musique, des mains de Conner qui effleurent à peine les touches de son clavier, du charmant accent anglais-canadien de Dylan ou encore, des cheveux bouclés d’Isaac qui accentuent sa ressemblance avec un ange… mais ça voudrait dire qu’en plus d’avoir finalement retenu tous les titres des chansons, je connaîtrais aussi le nom de chaque membre du groupe, ce qui signifierait, alors, que j’aurais beaucoup trop réfléchi. Et, décidément, je préfère m’émerveiller simplement à propos de l’énergie magique et positive que j’ai accumulée pendant ce concert, et dont il me reste encore une petite réserve que je compte garder pour m’échapper lors du prochain moment un peu difficile.

Je voudrais tout particulièrement remercier Gwendal Le Flem pour ses superbes photos (il y en a d’autres sur sa page Facebook) et Anne-Laure Le Denmat pour la deuxième vidéo de cet article (tu trouveras d’autres vidéos de ce concert sur son compte Youtube).

La setlist:

21 gun salute/ Nerve/ Judgement/ No More Losing The War/ Turn Your Love/ Unofferable/ Call Me In The Afternoon/ Drug You/ Need It/ Full Circle/ Fire Escape/ Give Up/ She Wants To Know/ Vampire (cover)/ Blues (ce dernier titre écrit tel quel sur la setlist, il parait que ce serait « Rock n Roll life », si quelqu’un connait la vérité, je veux bien un petit commentaire à ce sujet, merci.)

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2 Responses to “[Live-Report] Half Moon Run @ UBU – Rennes 16/11/2013”

  1. Djeepthejedi 25 novembre 2013 at 7:30 #

    The truth is out there… ^^

Trackbacks and Pingbacks

  1. Le Top Concerts 2013 de la rédaction | My Wonderwall - 14 janvier 2014

    […] Half Moon Run est certainement un des groupes que j’ai le plus écouté cette année. Après avoir manqué, de peu, trois rendez-vous live avec eux, et après une attente qui m’a semblé interminable, j’ai finalement pu les rencontrer sur la scène de l’UBU de Rennes. En concert, les jeunes canadiens fusionnent le talent, l’humilité, l’énergie et l’innocence, et entraînent leur public vers le lâcher prise dans sa forme la plus pure. (Racontage, ici) […]

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