[live-report] Mein Sohn William @Festival Mo’Fo’, le 26/01/2014

4 Fév

DSC03407Dimanche dernier, au lieu de la traditionnelle soirée pyjama pilou-tisane censée nous donner la force d’affronter une nouvelle semaine, Chacaloute et moi avons franchi le périph’ pour aller à Saint-Ouen à Mains d’Oeuvres à l’occasion de la 12eme édition du festival Mo’Fo’, un festival « rock 100 % indé » d’après l’affiche. Pour le coup on ne pouvait qu’être d’accord, la programmation étant tellement pointue qu’on ne connaissait aucun nom ou presque. Pourtant sans vouloir nous vanter, on a quand même notre petit niveau en musique. Bref, si nous étions là ce soir, c’était pour assister à l’une des rares venues franciliennes de Mein Sohn William, que nous suivons toute cette année dans le cadre de notre partenariat avec Le Fair. Pour ma part, c’était la première fois que j’avais l’occasion de les voir en live.

Et quelle meilleure première fois qu’une création élaborée spécialement pour le festival ? En effet, durant trois soirs d’affilée, le groupe interprétera dans la salle Star Trek « Machina Animalis », un spectacle mettant en scène souris et oiseaux qui réinterprètent le répertoire du groupe. Avoue que sur le coup ça fait son petit effet quand même. Ensuite tu te dis que les mecs sont peut-être un peu barrés.

Un quart d’heure avant le début du spectacle, nous prenons place dans la salle, la capacité étant limitée à une centaine de personnes. On sent que le weekend a été dur à Mains d’Oeuvres, car on trouve quelques spectateurs faisant la sieste dans les fauteuils. D’ailleurs, +1 pour avoir eu l’idée de jouer dans une salle avec des places assises, mes dix heures de sommeil en deux jours commençaient à se faire salement sentir.

mswNéanmoins, je ne suis pas prête de m’endormir car la première chose qui frappe en entrant dans la salle, ce sont les sons, assez étranges, voire inquiétants. Des sons lourds et lancinants qui, à terme, pourraient carrément taper sur le système. Ensuite, on voit les cages : une avec des oiseaux, deux autres avec des souris. Ou comment avoir des choristes à moindre coût (espérons que Brigitte Bardot & co n’étaient pas dans la salle hein, sinon vous allez voir des problèmes les gars, je dis ça, je dis rien). Enfin un écran représentant les deux compères ainsi que leurs amis à poils et à plumes, un peu comme une mise en abyme. Figure de style on ne peut mieux choisie pour représenter la dimension légèrement schizophrène du groupe. En effet, le thème du dédoublement de personnalité avait déjà été exploré dans le clip de « Until The End », comme Zyblynn avait tout bien expliqué ici. Mais malgré son talent pour tout faire en même temps : chant, guitare, synthé, pédales, Dorian (créateur de Mein Sohn William) a quand même fini par déléguer un peu comme on a pu le constater ce soir, puisqu’Antoine Bellanger l’accompagne désormais au synthé et à la batterie.

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Cette soirée est l’occasion de découvrir les titres du nouvel album Every Day, In Every Way, qui sortira le 12 mai. Schizophrénie un jour, schizophrénie toujours, puisque Mein Sohn William est capable de faire le grand écart entre légèreté (le footballistique « Leather », le sautillant « Always The Same Time ») et côté obscur de la force (« Rebecca », « Words » et leurs rythmes sourds).

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Si la majorité des morceaux sont déroutants par leur construction et leur dissonance, personnellement j’ai particulièrement apprécié « Théorie du complexe » qui, bien que peut-être plus classique que les autres chansons, a un riff de guitare qui raisonne tel un leitmotiv, lui conférant une sorte d’urgence qui fait qu’elle se fond totalement dans le reste du répertoire.

DSC03424Au bout de 35 minutes, le concert s’achève. C’est court, mais on a senti Dorian et Antoine tellement habités pendant leur prestation que pour leur santé mentale, on leur pardonne. En plus, leur musique n’est clairement pas de celle qu’on peut écouter en fond sonore, en mode musique d’ascenseur. Non, non, un concert de Mein Sohn William s’apparenterait plutôt à une suite d’électrochocs. On n’en sort pas tout à fait indemne. Et dans une industrie musicale de plus en plus policée, c’est assurément une bonne chose.

Pour découvrir le phénomène Mein Sohn William, ça se passera le 15 février aux 4 Ecluses à Dunkerque en 1ere partie de GaBLé. Une date parisienne soutenue par le Fair est également prévue pour le 15 mai.

Merci à Jean-Philippe Béraud de Martingale et à Julie Cerizay du Fair.

 

 

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