[live-report] Miles Kane @l’Olympia (30/10/2013)

8 Nov

Une nouvelle date parisienne pour Miles Kane, à l’Olympia qui plus est ? Je ne me suis même pas posée la question, évidemment que j’en serai ! Le fait de l’avoir déjà vu trois fois sur scène cette année, et environ une dizaine de fois en tout, n’est pas rentré en ligne de compte dans ma décision. Quand on aime, on ne compte pas me suis-je dit en prenant mon billet. Et puis avec Miles, il n’y a jamais de mauvaises surprises.

eugeneC’est le cœur léger que je suis partie de chez moi ce mercredi soir : j’allais voir un de mes artiste préférés dans ma salle préférée, j’étais bien accompagnée, et sur le point d’être en vacances. Bon j’étais un peu en retard et forcément la première partie assurée par Eugene McGuinness avait déjà commencé. Je ne l’avais jamais vu sur scène autrement qu’en tant que guitariste aux côtés de Miles Kane, du temps où il officiait à ce poste, du coup il n’était pas question de traîner au bar. Ma sacro-sainte coupe de champagne de l’Olympia attendrait l’entracte. C’est donc d’un pas décidé que je foulai la moquette de la fosse. Tellement décidé que je n’ai pas vu la marche et que j’ai chu. Oui, oui, comme une grosse merde. Heureusement que les lumières étaient déjà éteintes et que par conséquent ma dégringolade a du rester relativement discrète. Mais bon. C’est donc rouge de honte et toute endolorie (parce que oui bien sûr je me suis fait mal, sinon c’est pas drôle) que j’ai assisté à la prestation d’Eugene McGuinness. Pas grand chose à dire (ni à redire d’ailleurs) sur ce set : si le jeune homme à l’allure de dandy a bien quelques tubes dans son répertoire (Harlequinade, Sugarplum, Fairlight) sur lesquels on ne peut s’empêcher de hocher la tête et de taper du pied, il ne m’embarque pas complètement dans son univers. Au contraire, il y a comme une  distance qui m’empêche de rentrer vraiment dans le concert : morceaux parfois peu accrocheurs, pas de réelle proximité avec le public. Bref, cette première partie n’était nullement désagréable, mais vivement Miles quoi.

Ledit Miles fait son apparition sur scène vers 21h. Contrairement aux derniers concerts, point de tenue extravagante, mais toujours le pantalon très, très près du corps. Le mkshow débute avec Bombshells et You’re gonna get it, deux bons morceaux du dernier album Don’t Forget Who You Are, avant que les choses sérieuses ne commencent avec Taking Over, LE morceau rock de cet album selon moi. Si dans cette chanson Miles Kane nous parle de sa girlfriend qui a pris le pouvoir sur lui, on peut dire qu’à ce moment du concert, il a déjà pris le pouvoir sur nous vu qu’il est clairement impossible de résister à cette chanson. Il enchaîne avec le tube Rearrange, extrait de Colour Of The Trap, la chanson pop qui te donne l’impression de vivre dans le pays des Bisounours. Cette chanson met forcément de bonne humeur tellement elle dégage d’énergie positive. Dans la même veine poppy, on peut évidemment citer Quicksand : c’est pratique, pas besoin de connaître les paroles pour participer, il y a du « lalalalala » en veux-tu en voilà. J’ai déjà du le dire sur ce blog, mais selon moi tout artiste de pop-rock qui se respecte doit mettre des « lalalalala » dans ses chansons. Bah oui, parce qu’avec le handicap que j’ai de ne pas retenir les paroles en anglais, comment je fais pour chanter en concert moi sinon ?

Si je n’aime décidément pas What Condition Am I In , peut-être trop rétro pour moi, je redécouvre Darkness In Our Hearts et Tonight, nerveuses comme il faut. Je dis « redécouvre », parce que passé l’excitation de la sortie, je l’ai finalement assez peu écouté ce deuxième album. Pourquoi ? Je ne saurais pas vraiment le dire, car il ne démérite pas par rapport au premier, et s’il y a des morceaux plus faibles comparés aux autres, c’était déjà le cas pour Colour Of The Trap qui n’était pas parfait non plus. On va dire qu’il y a juste un lien affectif plus fort. En parlant d’affection, ce concert a eu son lot de ballades avec Take The Night From Me, assez rare en concert, My Fantasy où j’ai toujours l’impression d’avoir quinze ans et le même petit frisson au moment du pont « Oh darliiiiing, hold me like befoooooore », et Out Of Control, qui a failli faire se liquéfier ma voisine.

milesOn sent que c’est la fin du concert lorsque retentissent les premières notes de Inhaler, que bien sûr tout le monde reconnaît immédiatement. Non mais cette chanson quoi. Plus je l’entends, plus je la trouve incroyable. En live, il s’en dégage une telle puissance, quasi animale, que j’ai désormais un peu de mal à l’écouter en version studio. Et qu’importe si à chaque interprétation il y a toujours la même gestuelle : à chaque fois que Miles Kane nous fait le coup de la montre au moment où il dit « The night time is the right time », à chaque fois moi je marche à fond. Le set s’achève de façon classique avec Don’t Forget Who You Are. Et lorsque le groupe quitte la scène à la fin du morceau il se passe un truc que je crois n’avoir jamais vu en concert auparavant : le public reprend « lalalalalalaa, don’t forget who you are ». Ok ,y a rien d’original tu vas me dire. Oui, sauf que là le public, debout, chante cette phrase en boucle jusqu’à ce que les musiciens remontent sur scène. Très émouvant ce moment. Pour l’artiste et ses musiciens évidemment, mais aussi pour moi, de voir ce ptit mec que j’ai vu pour la première fois en live avec son groupe The Rascals il y a cinq ans, que j’ai retrouvé en compagnie d’Alex Turner pour le magnifique projet The Last Shadow Puppets, que j’ai manqué plusieurs fois en première partie des Arctic Monkeys, que j’ai suivi sans relâche en festivals, aussi bien en province qu’à Paris, et à chacune de ses dates parisiennes, remplir un Olympia et faire kiffer un public parisien pourtant pas toujours réceptif. Le rappel ça sera, sans surprise, Miles seul à la guitare pour Colour Of The Trap, dans une superbe version acoustique, sûrement la plus belle qu’il m’ait été donnée d’entendre, et Come Closer, où le « dialogue » à base de « oooooh » et de « aaaaaaaah » entre Miles et le public semble ne jamais vouloir se terminer.

Et voilà mon énième concert de Miles Kane qui s’achève. C’est vrai que comme il n’a que deux albums au compteur, on pourrait se dire que c’est toujours la même chose à chaque concert. Et oui, j’avoue qu’il n’y a jamais de réelles surprises, si ce n’est cette fois une mini-cover de Sympathy For The Devil des Stones insérée pendant Give Up. De même que sa musique n’est pas spécialement originale : on reconnaît toujours les mêmes influences des grands noms de la musique pop-rock britannique (les Beatles et Oasis entre autres), et la composition des morceaux est basique, organisée autour du très classique schéma couplet-refrain-pont. Mais du coup voir Miles Kane sur scène, c’est un peu comme revoir son film préféré : on connaît les répliques par coeur, mais c’est toujours aussi bon et efficace. Et la complicité avec ses musiciens fait toujours autant plaisir à voir. De temps en temps, on les voit se rapprocher et se mettre à taper la discut’ et à se marrer, comme s’ils étaient au pub un samedi soir. Au moment où j’écris cet article, je suis un peu triste, car je réalise que je n’ai pas de prochains concerts de Miles Kane prévus. Mais nul doute qu’on le croisera bien  à quelques festivals cet été !

       SET LIST :

Bombshells/You’re Gonna Get It/Taking Over/Rearrange/What Condition Am I In?/Quicksand/Better Than That/Kingcrawler/Darkness In Our Hearts/Take the Night from Me/My Fantasy/Tonight/Give Up/Sympathy for the Devil(The Rolling Stones cover)/Out of Control/Inhaler/Don’t Forget Who You Are Rappel : Colour of the Trap/Come Closer

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  1. Le Top Concerts 2013 de la rédaction | My Wonderwall - 14 janvier 2014

    […] Miles Kane à l’Olympia : quatre concerts de Miles à mon actif cette année, et le meilleur restera cet Olympia. Je t’avais déjà tout raconté ici. […]

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