[Live Report] Renan Luce @ Le Cargö – Caen 28/05/2014.

16 Juin

IMG_1322(Avant tout chose, je tiens à m’excuser pour la mauvaise qualité des illustrations de cet article, les photos sont prises avec mon iphone. Dans la précipitation, je n’avais pas pensé à prendre mon appareil photo, merci pour ta compréhension.)

Renan Luce et moi, c’est une longue histoire : Alors que la découverte musicale ne faisait plus tellement partie de mon quotidien (je me sentais blasée, j’écoutais bien mes vieux CD’s, j’en avais déjà plein, pourquoi chercher ailleurs?), mon attention avait été attirée par le clip de « La lettre ». Ce jour-là, il s’était passé, un tout petit « je ne sais quoi » de joli dans mes oreilles, j’avais  noté le nom de ce jeune homme et je m’étais dit que si j’avais eu un nom aussi bizarre, à sa place, j’aurais choisi un autre nom pour la scène (pardon). Quelques jours plus tard, en faisant mes courses, j’entends à nouveau la chanson. Je me souviens du passage: « ma petite ingénue, qui ne l’était pas tant, au regard du profil, qu’un petit habitant, lui faisait sur le nombril ». J’ai flashé sur cette phrase et j’ai acheté son premier album « Repenti » dans la foulée. C’est à la suite de son deuxième album « Le clan des miros » que j’ai eu le plaisir de le découvrir sur scène, une, deux, trois, quatre fois (enfin, si on compte, en plus, les deux concerts de la tournée Seuls à Trois, on arrive à six). Parmi ces six dates, trois rencontres avec l’artiste. Renan est très proche de son public : à chaque fois que ça lui est possible, il vient nous voir après le concert. Je t’entends déjà me dire que ça ne sert pas à grand chose, car les artistes qui ont une notoriété comme la sienne rencontrent tellement de monde qu’il ne peuvent pas se souvenir des visages, à quoi bon, donc, leur dire quelques mots pour qu’ils tombent dans l’oubli? En ce qui me concerne, j’ai toujours eu le sentiment qu’il était sensible à ce que je lui racontait, et cela a suffit à m’encourager à multiplier les rencontres. Après chaque concert, j’ai rédigé un live-report, mais, ne cherche pas, tu ne les liras pas, je n’avais, à l’époque, pas suffisamment confiance en moi pour oser mettre en ligne le moindre de mes textes. Mais Renan Luce est bien à l’origine de mes premières inspirations liées à la musique.

Depuis ma dernière rencontre avec Renan fin novembre 2011, il s’est passé tellement de choses : j’ai commencé à écouter beaucoup de nouveautés, j’ai rencontré les autres rédactrices de ce webzine qui m’ont encouragée à publier mon premier article et j’ai pris goût à rendre publics mes écrits; j’aime de plus en plus d’artistes, de groupes que j’ai envie de voir sur scène, ce qui rend fréquemment compliqué le choix des concerts que je vais voir. Si bien que, lorsque j’ai appris le passage de Renan à Caen, je ne me suis pas décidée à y participer tout de suite, car c’était un soir à Baby-sitter (comprends par là que mon mari ne pouvait pas s’occuper des enfants) et j’avais déjà grillé une bonne partie du budget pour d’autres concerts ces derniers temps. Au dernier moment, mes beaux-parents ont décidé de nous rendre visite pour quelques jours, je pouvais alors leur laisser les enfants, mais les réservations par internet affichaient complet, les dernières places seraient mises en vente au guichet à 18h30, il était 18h15, j’habite à 50 min du Cargö en voiture…Mais j’avais atteint le point de non retour : maintenant que je m’étais enthousiasmée à l’idée de revoir Renan sur scène, aucune autre option n’était envisageable : je trouverais bien un moyen d’assister à ce concert.

Quand les choses doivent se faire, elles se font toujours : il restait des places. C’était donc bien aujourd’hui que devaient avoir lieu mes retrouvailles avec l’artiste qui a initié mes premiers élans de chroniqueuse.

La soirée était organisée par le Réseau Bas-Normand Sclérose en Plaque, la première partie était un spectacle des Fracadingues, une troupe de comédiens tous porteurs d’une maladie chronique. Et c’était vraiment un délicieux moment : voir ces gens s’épanouir sur scène en dépit de leur handicap (certains étaient en chaise roulante). La représentation était vraiment de très bonne qualité et ça m’a beaucoup émue.

Le temps du changement de plateau, avec un décor qui n’en est pas vraiment un (un simple rideau noir translucide en fond de scène et les instruments « classiques » guitare – basse – batterie – clavier), Renan arrive sur scène avec de nouveaux musiciens par rapport à la tournée précédente (sauf Martin Gamet, fidèle à son poste de bassiste et à ses chapeaux excentriques, sans contrebasse cette fois, mais avec des baskets aussi flashy que sa casquette). Me voilà, en un clin d’œil, revenue en mode « groupie-qui-connait-tous-les-textes-mais-qui-chante-en-silence-pour-ne-pas-gacher-le-plaisir-de-ses-voisins-d’un-soir ». Mais comment se fait-il, d’ailleurs que je sache les paroles par cœur? Non, parce que, son dernier album « D’une tonne à un tout petit poids » , je ne l’avais presque pas écouté : à peine deux, trois, euh…dix?, quinze fois (ok, j’avoue, même si j’avais le sentiment que le coup de cœur n’était pas aussi intense que pour les deux premiers opus). Sur scène, Renan ajoute une nouvelle dimension à ses chansons, par sa sincérité, sa simplicité, ses petits sauts, ses sourires et surtout, ses petites mimiques qui renforcent le sens de certaines phrases (par exemple, il cligne toujours des yeux au moment du lion dans « Lacrymal circus », comprenne qui pourra).

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Il s’éclate tellement sur scène, qu’il entraine son public dans une bonne humeur collective, sans jamais en faire trop. Pas comme certains qui passent dix couches de vaseline sur l’assemblée : « vous êtes le meilleur public du monde, qu’ai-je fait pour mériter un public aussi généreux » (mais surtout n’oubliez pas de passer au stand merchandising après le concert). Les moments où j’ai ressenti qu’il s’éclatait le plus, faisant monter, à chaque chanson, l’enthousiasme du public sont : Lacrymal Circus, Monsieur Marcel, La boite, Les voisines, La fille de la bande et Damoclès. Mais la pépite de ce concert, fut, pour moi, Amoureux d’une flic, probablement dû à l’effet de surprise qu’elle a créé en moi : cette chanson était loin d’être ma préférée, mais la magnifique interprétation qu’en a fait Renan a rendu ce moment très intense. Au premier rappel, il revient, le micro à la main (Renan sans sa guitare en bandoulière, on n’a pas l’habitude, dans un premier temps, ça fait toujours un peu bizarre), avec le seul clavier en fond sonore. Par ses mimiques, sa gestuelle, et quelques silences bien placés, il a donné vie à cette chanson devant un public réceptif dont les rires laissaient penser qu’ils découvraient le texte sur le moment. Pour les séquences émotions, je garderai Réponse à tout (un peu déçue que cette chanson ait ouvert le concert, car il s’agit de mon gros coup de cœur du dernier album, j’aurais aimé l’entendre en étant plus dans l’ambiance), Le clan des miros, Repenti (le chef d’œuvre suprême), J’habitais là, Au téléphone avec maman. Il y avait aussi la douceur de Les secrets chuchotés, la légèreté de Appelle quand tu te réveilles, le voyage vers l’inconnu avec Nantes, la complicité du couple rodé, mais pas blasé (qui part en vacances avec deux valises et revient avec trois) avec Voyager…. chaque moment avait son charme.

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Vingt titres (dont l’intégralité du nouvel album) et deux rappels plus tard le concert se termine, trop court, comme toujours quand on passe un bon moment. Je reste immobile un petit moment, à regarder les sourires sur les visages des gens qui quittent doucement la salle, à écouter les commentaires enthousiaste, à m’imprégner encore un peu de la bonne humeur qui plane dans la grande salle du Cargö.

IMG_1333Pendant que d’autres entreprennent de récupérer médiators et autres bouteilles d’eau, je repars avec mon souvenir de concert favori : la setlist papier. Je commence à griffonner, au dos de celle-ci, mes impressions à chaud qui serviront à la rédaction de ce live-report. A peine le temps d’écrire une vingtaine de lignes que Renan arrive déjà pour faire des bisous (spéciale dédicace à mon ami Fanch qui comprendra sans mal ce petit clin d’œil), des photos, des autographes. Moi, je voulais juste lui dire quelques mots, j’attends patiemment mon tour, j’admire sa disponibilité le temps d’une vingtaine de poses/signatures. Il se tourne vers moi, me regarde à peine plus d’une seconde, et me dit : « Ah, mais nous, on se connait » (Ah, donc, tu vois, qu’il n’est pas vain d’aller dire quelques petites choses sympa à un artiste après le concert, quand il s’agit de quelqu’un qui souhaite vraiment échanger). Moi : « Incroyable! Mais oui, la dernière fois qu’on s’est vu, c’était à Coutances pour la dernière de Seuls à Trois, ça fait longtemps ». Ensuite, j’ai eu un peu de mal à retrouver le fil de ma pensée, je me suis embarquée dans une explication nébuleuse concernant mon coup de cœur pour la chanson « Réponse à tout ». En gros, j’adore cette chanson « anti-parent parfait », elle fait particulièrement écho en moi qui ai pris le parti de ne pas cacher mes imperfections, ni mes doutes (et par extension, les imperfections de notre monde) à mes enfants. Et Renan m’a bien confirmé que c’était cette idée qu’il voulait exprimer. Je m’en suis retournée le cœur léger et le sourire aux lèvres, tant de générosité et de sincérité redonneraient presque confiance en l’espèce humaine.

J’ai beaucoup évolué ces dernières années, mes goûts musicaux aussi, et même si, à la première écoute, j’avais eu l’impression que ce troisième album me correspondait moins que les deux précédent, j’y retrouve quand même les petites choses qui me touchent profondément depuis le début : l’attachement à l’enfance (J’habitais là, Au téléphone avec Maman), une certaine fascination pour les voyous que l’on ressent quand on est, soi-même, trop sage (La boite), cet humour tantôt un peu naïf (Damocles, tu vas te couper un doigt), tantôt un peu noir (Amoureux d’une flic) et une personnalité toujours sincère et vraie (Réponse à tout). Renan Luce doit être, à peu près, une des personnes les plus adorables sur cette terre.

 

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