Live-report

Quatre marseillais ont mis le feu à Paris. SOMA @ La Maroquinerie, 22/11/2012

Ce jeudi 22 novembre à la Maroquinerie, pas d’affrontement. Pas de foot non plus d’ailleurs. Pas de légendaire opposition entre Paris et Marseille, l’assemblée présente n’est là que pour une seule et même raison : S.O.M.A.

Quatre lettres derrière lesquelles se cachent quatre musiciens marseillais à la réputation florissante, ayant gagné les faveurs de la capitale.

J’avoue, il y a quatre mois encore, je ne connaissais pas SOMA. C’est au hasard d’un bienheureux follow de mon compte Twitter (@chacaloute, par ici les amis) de la part du groupe l’été dernier que j’ai jeté mon oreille assoiffée de nouveau son sur eux. En août dernier donc, le quatuor pop-rock, ayant déjà un (très bon) premier album à son actif (Jewel and the Orchestra sorti en 2010), était en pleine avant-promo de son second opus Nobody’s Hotter Than God (sorti depuis le 24 septembre, tu peux l’écouter par ). A l’époque, sur ce bon vieux YouTube, deux clips disponibles : « Rollercoaster » et « The Brightest Side ». Et bim. Deux titres hyper accrocheurs qui ont suffi à me convaincre que j’avais affaire à des bons. Allé, ça sent la valeur sûre, hop on fait tourner et on surveille les dates car le groupe s’apprête à tourner dans la France entière.

C’est Zyblynn qui verra SOMA sur scène en premier à la Luciole d’Alençon en octobre dernier. Elle nous a d’ailleurs dépeint une expérience live plutôt très réussie avec d’alléchantes vidéos, ainsi qu’un contact sympathique avec le groupe (tu peux relire son report ici). Ce retour très enthousiaste m’a finalement décidée à troquer mon billet pour le concert de Garbage (réservé de longue date) contre un pour celui de SOMA. Aucun regret, d’autant que quelques semaines avant le concert, deux premières parties sont annoncées : Your Happy End et Hi Cowboy. Le hasard fait plutôt bien les choses puisque ça faisait quelques mois déjà que je cherchais à revoir Hi Cowboy. Bref, que du bon en perspective. Une date parisienne unique et SOLD OUT.

Fidèle à moi-même (et à ma réputation d’éternelle ponctuelle), je n’ai pu atteindre cette lointaine contrée du XXème que peu avant 20h30. J’ai donc (et je m’en grignote les doigts) manqué le groupe qui a ouvert cette belle soirée, Your Happy End. Je ne pourrai donc pas parler de leur prestation live (dont j’ai eu de très bons échos néanmoins) mais je m’étais un peu documentée sur ce duo avant de venir et leur musique m’avait beaucoup plu. Je suis d’ailleurs repartie avec leur nouvel EP Evening Classes, que je vous recommande chaudement. Session de rattrapage pour les parisiens le 20 décembre à l’International à l’occasion d’une soirée Noomiz avec les excellents nancéiens The Aerial.

Timing manqué avec Your Happy End mais plutôt parfait pour accéder aux premiers rangs (encore peu serrés) en vue du concert d’Hi Cowboy. Tu connais un peu le principe du sampling ? Il s’agit d’une technique consistant à enregistrer des morceaux de sons (guitare, basse, voix ou autres) via un sampler ou un ordinateur, afin de construire une chanson en réutilisant ces sons à volonté tout au long de celle-ci. En live, je te laisse imaginer, c’est à double tranchant : captivant… ou chiantissime. Découvert par hasard en avril dernier lors d’un concert des fabuleux E.T. On The Beach (isatagada, si tu me lis ;-)) à La Loge, le duo Syrile (chant/synthé) et Philippe (guitare/basse/sampling) m’avait justement impressionnée par sa faculté à exploiter intelligemment ces fameux morceaux de sons, par accumulation, superposition et/ou répétition. Leurs titres sont très vite accrocheurs et t’entraînent dans l’univers d’un certain Cowboy, à cheval entre western et new wave. « Minimal French Pop », c’est comme cela qu’ils se définissent. Leur grande particularité – hormis le charisme et la voix saisissante de Syrile – est qu’ils enregistrent tous leurs sons en direct. Et ça, c’est chacal. Une prouesse qu’Hi Cowboy a brillamment réalisée ce soir-là à la Maroquinerie, enchaînant sur la demi-heure accordée la quasi totalité de leur EP éponyme fraîchement sorti. Bang, on en redemande et ça tombe bien, ils seront en concert le 30 novembre au Truskel et le 21 décembre en clôture du festival Les Aventuriers à Fontenay sous Bois avec Naïve New Beaters et The Bewitched Hands.

Revigorée par la pop minimaliste des cowboys, je grimpe me placer en amont de la fosse pleine à craquer. La tête d’affiche ne sera pas longue, les quatre compères de SOMA entrent en scène vers 21h30 et annoncent direct la couleur avec « Henri VIII ». La baffe. Ok, les mecs ne sont pas là pour rigoler. En plus, d’habitude avec les groupes qui envoient, t’as toujours ce petit moment de répit vers le milieu de set (ce qu’entre nous on appelle « la chanson d’amour ») pour reprendre tes esprits… Eh bien avec SOMA, sache-le, c’est mort : tu prends du 100 000 volts, et ce plus d’1h durant. Une heure quinze de concert donc (rappel compris), pendant laquelle le groupe va enchaîner la quasi-totalité de son nouvel opus Nobody’s Hotter Than God. La setlist est toutefois minutieusement ponctuée de la crème de Jewel and the Orchestra, notamment les titres « Funeral Party », « The Backyard » (reprise en chœur par la salle), puis, un peu plus tard, le puissant « 20 Minutes » et le mémorable « Get Down », pendant lequel le groupe invitera quelques courageux du premier rang sur scène pour savourer ce moment à leurs côtés. Bref, une heure dense : ils sont à fond, le public adore ça. La fosse applaudit et se trémousse en chantant. Ils clôtureront logiquement ce set principal par leur tube « Rollercoaster », dont voici un extrait, filmé du haut de mon pupitre. On y voit la chaleur ambiante de la salle, le public chaud bouillant et un bel exemple de l’énergie dégagée par le groupe.

Parlons-en tiens, l’énergie de SOMA est bluffante : les formations 2 guitares + basse + batterie, ce n’est pourtant pas ça qui manque, mais eux l’exploitent à merveille et ce, bien au-delà d’un simple son survitaminé. Regarde The Virgins, ils font de la pop sympa et entraînante. Pourtant, sur scène, il n’y a plus personne, c’est chiant à mourir. SOMA c’est l’inverse, et je crois bien que là, c’est une question de personnes. La complicité des marseillais fait plaisir à voir, on profite de leurs nombreux regards malicieux et souriants de plaisir. Le public ne peut rester insensible face à des musiciens qui prennent un tel pied sur scène et le lui rendent puissance dix. Non seulement ils nous offrent une pop-rock efficace et impeccable, mais ils donnent sans relâche, en toute sincérité, créant ainsi chaleur et proximité avec leur public. « Nobody’s hotter than… you! » nous avouera même Lionnel, le chanteur-guitariste. Pour ma part, placée du côté droit de la scène, j’ai profité pleinement des adorables sourires du gesticulant bassiste, Xavier, portant son instrument si haut ! Quatre personnalités généreuses, c’est ça le secret de SOMA, le petit plus qui fait qu’on se sent particulièrement bien pendant leurs concerts. Tellement bien, qu’un jeune homme a demandé la main de sa chérie sur scène juste avant le rappel.

Rappel que SOMA débutera par son excellente reprise du tubesque « Come On Eileen » de Dexy’s Midnight Runners, suivie de « Several Days » et d’un final destiné à nous achever une bonne fois pour toute. Seul bémol au compteur : la durée du concert. C’était tellement bon que la salle ne voulait pas que SOMA s’en aille, moi non plus, je n’aurais pas boudé quelques titres supplémentaires. Mais bon, c’est bien connu, toutes les bonnes choses ont une fin. On se console en se disant qu’on remettra ça bientôt. Oui, SOMA, sachez-le, Paris vous attend de pied ferme en 2013. Au Zénith, hein Lionnel ? 😉

Setlist : Henri VIII/Nowhere Fast/Funeral Party/The Backyard/Letters to Unwrite/MLK’s Caroll/The Brightest Side/Nobody’s Hotter Than God/20 Minutes/Get Down/Silver Spleen+Rollercoaster
Rappel : Come On Eileen (Dexy’s Midnight Runners’ cover)/Several Days/Final.

Un grand merci à Mélodyn productions pour ce délicieux moment.

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