Rencontre avec… Klink Clock

14 Déc

© Laurent Seroussi

La première fois que j’ai entendu parler de Klink Clock, c’était en mars dernier. La Clef organisait une soirée rock plutôt alléchante, où le groupe partageait l’affiche avec Cheers et The Hushpuppies. Amatrice de bonnes surprises, je n’écoute pas forcément les groupes que je ne connais pas en amont d’un concert mais là avec Klink Clock, il y avait quelque chose : non seulement leur nom était accrocheur (oui, oui, ça compte) mais leur visuel mettant en scène deux poupées géantes plutôt stylées m’avait carrément intriguée. C’est comme ça que je me suis retrouvée devant le superbe clip noir et blanc de « Rhythm », l’un des titres phare de leur second EP.

En trois minutes, j’ai compris : Klink Clock, ça claque, c’est simple et efficace. Un duo guitare/batterie porté une voix féminine hyper sensuelle, un rock grunge puissant, franc et imparable. Un second clip live du titre « Siamois » viendra confirmer cette première impression. Restait plus qu’à les découvrir en live, et je ne vous raconte même pas la claque que j’ai pris ce fameux soir à la Clef.

« Duo rock » originaire des Yvelines, Klink Clock a vu le jour en 2009. Composé de Jennie au chant et à la batterie trois pièces (« half-drummeuse » dit-on) et d’Aurélien à la guitare et désormais au chant également, le groupe affiche un son grunge, avec un poil de garage (dixit Aurélien), s’inspirant du meilleur du début 90 (Nirvana, Sonic Youth, Hole…). Un grunge des plus épurés, rageur et sensuel à la fois, où se mêlent guitare hyper saturée et batterie qui tape, un cocktail détonant qui conserve pourtant une grande finesse mélodique.

© Laurent Seroussi

Après deux EP autoproduits à son actif, le duo s’est lancé dans l’enregistrement de son premier album We Don’t Have The Time To Do Love All The Time, dont la sortie est prévue pour ce début 2013. En collaboration avec Eric Tong Cuong, ils ont conçu cet opus d’un seul bloc, enregistrant les 9 pistes d’affilé dans les conditions du live. Et le rendu est clairement réussi : brut, intense et énergique à souhait. En toute logique, la similitude avec leur son live saute immédiatement aux oreilles, en particulier sur les deux titres ultra-musclés ouvrant la galette, « Mayhem » et « H », mais, au fil de l’écoute, l’album gagne en nuances et se diversifie (on peut notamment citer l’ovni acoustique « Coin Machine » en milieu d’album), ce qui le rend d’autant plus accrocheur. Au-delà de sa puissance, ce qui nous a frappées et beaucoup plu dans la team, c’est le côté charnel de l’album. Sur des titres comme « Princess », « I Dream I Fuck » ou « Rhythm », la douce voix de Jennie transpire de sensualité, tandis que celle d’Aurélien (davantage mise en avant par rapport aux EP) apporte la touche de virilité nécessaire, un p’tit côté sauvage à tout ça. Des timbres différents mais complémentaires, qui se répondent à merveille sur le titre « Siamois » par exemple. En résumé, un album parfait pour réveiller ses instincts ou simplement avoir la patate le matin. A noter que la pochette a été réalisée par le photographe Laurent Seroussi (comme celle de leur second EP), connu pour ses nombreuses pochettes d’albums d’artistes de renom (M, Alain Bashung, No One Is Innocent, etc.).

A l’occasion de cette sortie imminente, avec Dumdumgirl, nous avons eu le plaisir, le 3 novembre dernier, de passer une soirée plutôt conviviale avec eux au Gambetta Club, où ils jouaient avec le trio de rockeurs (et amis), TREMSTON. Ils nous ont accordé un peu de temps après leurs balances pour répondre à quelques questions sur ce nouvel opus… mais pas que ! Retour en images.

Voilà maintenant que tu en sais plus sur ce duo sexy, talentueux et plein d’humour, il est temps d’aller le découvrir sur scène. Plus de dix ans qu’ils se connaissent, alors la complicité des deux musiciens ne passe pas inaperçue et représente même un atout considérable. En concert, Jennie et Aurélien s’éclatent, ça se voit. Ils lâchent tout et prennent même un malin plaisir à t’envoyer leur rock en pleine tête, façon décharge électrique. Et cette générosité te séduira, je te le garantis.

Après un passage à Rock en Seine 2011, une multitude de dates à Paris et en province en 2012 (dont quelques belles premières parties comme celles de Moriarty ou de Stuck in the Sound) ainsi qu’un voyage notable au Québec, les Klink Clock tentent de conquérir l’Europe. Actuellement entre l’Allemagne et les Pays-Bas, tu pourras les retrouver sur Paris le 22 décembre à la Boule Noire ou le 28 janvier au Réservoir.

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