Rock en Seine 2012 – Jour 1 : La Fête à la grenouille

29 Août

Comme chaque année, Rock en Seine sonne le glas de l’été. C’est donc toujours avec une impatience teintée de mélancolie que ce festival est attendu. Pour être honnête, j’avoue que cette fois-ci j’étais nettement moins enthousiaste que je l’étais les trois années précédentes, la programmation ne me donnant pas vraiment l’eau à la bouche. Néanmoins, je n’ai jamais envisagé sérieusement de manquer cet événement devenu une tradition pour moi et en pénétrant sur le site ce vendredi à 15h30, l’excitation est comme à l’accoutumée bien présente.

Je décide de commencer par une artiste dont j’entends beaucoup de bien depuis un bout de temps mais que je n’ai encore jamais vue en live, c’est donc l’occasion. Il s’agit de Owlle, la lauréate 2011 des Inrocks Lab. La jeune femme a abandonné le classique genre guitare-voix pour se lancer dans une musique plus electro, à base d’omnichord, sorte d’instrument hybride entre la harpe et le synthé datant des années 80. Petite appréhension au préalable car j’ai tendance à être un peu suspicieuse lorsqu’il s’agit de musique électronique. J’ai peur de me retrouver face à un ersatz de Austra, Fever Ray, Grimes ou Zola Jesus, ces nanas dont l’allure et le répertoire sont aussi entraînants qu’une marche funèbre. Fort heureusement, il n’en est rien, car la flamboyante jeune femme au regard azur est souriante et ses titres, servis par une superbe voix passant sans difficulté aucune des graves aux aigus, sont tous sauf lugubres. Mention spéciale à l’entraînante Ticky Ticky. Vivement l’album.

Puis direction la scène Cascade. En 2010 on a eu Two Door Cinema Club, en 2011 Foster the People, et en 2012 Citizens! Ces jeunes anglais signés chez Kitsuné et produits par le leader de Franz Ferdinand ont fait le buzz ces derniers mois avec la sortie de leur premier album Here We Are. Personnellement je les trouve largement en dessous des deux groupes précités. Néanmoins, les premiers titres du concert ont failli me faire revoir mon jugement, surtout le tube Reptile qui sonne vraiment bien en live. Et puis rapidement je commence à m’ennuyer. Non, décidément, il n’est pas si facile de faire de l’electro-pop efficace.

Le crapahutage commence vraiment maintenant car il me faut rejoindre la Grande Scène pour aller voir les danois The Asteroids Galaxy Tour pour leur second passage à Rock en Seine. L’association Danemark + chanteuse blonde fait penser à ces groupes scandinaves aux leadeuses diaphanes qui font de la dream pop belle à pleurer, Our Broken Garden par exemple puisqu’on parle du Danemark.  Il n’en est rien, ici c’est plutôt le genre paillettes, t shirt fluo et fun. Vocalement, c’est bien meilleur qu’il y a trois ans où le chant de Mette, très aigu, laissait un peu à désirer.  La présence de cuivres apporte une vraie plus-value à ce groupe et lui permet de se démarquer de la masse de groupes pop. Devant tant d’énergie positive, comment ne pas être conquis, notamment par les tubes Around the bend, Push the envelope et Major ? Et tant pis si la pluie, guest-star habituelle de Rock en Seine, fait son apparition.

Après cette débauche de couleurs et de pop catchy, le contraste est plus que frappant lorsque j’arrive à la scène Cascade pour voir Get Well Soon, en compagnie de l’Orchestre National d’Ile de France. La mélancolie naturelle des compositions des Allemands est renforcée par la réorchestration en mode symphonique, c’est beau mais bon, on s’ennuie un peu et il commence à pleuvoir beaucoup. Il est donc temps de faire une petite pause.

Alors que la pluie s’en va aussi vite qu’elle était venue et que les festivaliers se dirigent en masse vers la Grande Scène pour voir Dionysos, je tente la Scène de l’Industrie avec The Knux. Le DJ présent commence le set en lançant un petit Wonderwall de Oasis remixé. Du coup je me dis que c’est plutôt bien parti. Effectivement, la suite me donnera raison : beaucoup d’énergie et d’humour pour ces Américains qui ont collaboré notamment avec Kid Cudi, et mêlent hip hop et rock à la perfection. Bien sûr, ils ne font pas dans la finesse et il ne faut pas être allergique aux « wesh wesh yo ». Mais en live cela passe très bien et puis ça me rappelle mes jeunes années, j’écoutais pas mal de rap à l’époque.

La soirée débute et avec elle, de nouveaux spectateurs arrivent en masse, il devient difficile d’accéder aux premiers rangs. J’assiste au début du concert de The Shins. Les Américains, connus pour leur participation à la BO du film Garden State, tout sourire, semblent heureux d’être là. Connaissant finalement assez mal ce groupe, si ce n’est la magnifique chanson Kissing The Lipless, j’aurais aimé rester plus longtemps car le début de set était sympathique. Malheureusement, à cause d’une obscure erreur de lecture du programme, je m’en vais plus tôt qu’il n’aurait été nécessaire dans le but de me positionner sur la Grande Scène pour Bloc Party (faudrait peut-être que j’apprenne à lire un programme moi).

Bloc Party, que j’avais snobé lors de leur venue il y a trois ans. Eh bien oui, figur)e-toi que j’ai toujours affiché le désintérêt le plus total pour ce groupe et ce n’est ni leur incursion vers des sonorités electro, ni l’album solo de leur leader Kele Okereke, encore plus electro, qui m’avaient fait changé d’avis, loin de là. Néanmoins, même si je n’adore pas Bloc Party, il se trouve qu’il y a tout de même une chanson de leur répertoire qui trouve grâce à mes yeux : Banquet. Ce morceau est purement et simplement une bombe atomique, et je l’écoute fréquemment sans m’en lasser. Rien que pour ça, à l’annonce de la parution du quatrième album des Britanniques, portant le titre on ne peut plus original de Four, j’ai par curiosité jeté une oreille. Et finalement cet album, résolument plus rock, a suscité chez moi un regain d’intérêt pour Bloc Party. Du coup j’étais presque enthousiaste à l’idée de les voir ce soir dis donc. Bon au final, à part pour quelques titres, Octopus, Banquet of course, Team A et Helicopter, la mayonnaise n’a pas pris tant que ça. Pourtant je n’ai pas grand chose à leur reprocher. Ils ont fait le show, le pauvre Kele en a même craqué sa chemise (hawaienne) ! Ah si, j’aurais voulu qu’ils jouent So he begins to lie, le morceau d’ouverture du dernier album sur lequel j’ai bien accroché, et qui a une bonne petite patate. En live il aurait été bienvenu.

Après cette tentative de réconciliation semi-réussie avec Bloc Party, je m’octroie une petite pause technique/sandwich. Du coup, quand j’arrive à la Scène Cascade pour voir Sigur Ros, celle-ci est bien évidemment bondée. La musique des Islandais est plutôt faite pour être écoutée pépère chez soi ou « allongé dans l’herbe sous les étoiles » (citation empruntée à un ami, fan du groupe). Or, moi je suis coincée sur le côté entre un stand de Churros et une baraque à frites, sûrement pas le meilleur endroit pour faire connaissance avec ce groupe et apprécier pleinement le côté planant de leur musique.

Vient ensuite un groupe qui ne me rajeunit pas, j’ai nommé Placebo, que j’ai déjà eu l’occasion de voir, dans ma Moselle natale, mais il y a environ dix ans. De l’eau a coulé sous les ponts depuis le temps où on était toutes un peu amoureuses de Brian Molko et son look androgyne. Les derniers albums n’ont pas franchement ameuté les foules et je dois avouer qu’à l’exception de quelques titres, ça fait belle lurette que je ne les écoute plus. Déjà ça part mal car ils débutent leur set avec deux titres d’affilée de Battle of the sun leur dernier album en date à ce jour, qui, tu l’auras compris, est loin d’être mon préféré. Sur le coup, le troisième titre ne me dit rien. Et lorsque Brian commence à chanter, je me rends compte avec surprise qu’il s’agit de Every you, every me, qui est quand même une de mes chansons préférées du groupe, sinon MA préférée (ça, c’est la faute au film Sexe Intentions et à Ryan Philippe qui file en décapotable avec cette chanson en fond sonore. Oui, on a les références qu’on a.) L’intro avait été complètement réorchestrée, si bien que je ne l’avais pas reconnue. Tout de même un peu inquiétant. Et que dire de cette version de Teenage Angst ? C’est sympa d’avoir une violoniste sur scène, m’enfin point trop n’en faut ! Le summum est atteint sur The Bitter End, où on nous sert le dernier couplet façon instrumental, faisant perdre toute la montée en puissance de ce passage. Bon, ok, Brian avait une « grenouille dans la gorge » et il s’en est fallu de peu qu’ils n’annulent le concert. A l’issue de cette chanson, le groupe quitte la scène et des sifflets se font entendre. Car ils n’ont joué qu’une heure alors que le set est censé durer 1h30…fort heureusement, ils sont vite de retour et jouent pendant le temps qui leur est imparti. Le set s’achève sur B3, une nouvelle chanson. Pas mal, sans plus. Ce n’est en tout cas pas ce concert qui me fera à nouveau aimer Placebo, même si j’avoue que depuis je me surprends à réécouter certains anciens titres.

En regagnant la sortie, je passe devant la Scène Cascade où officie C2C. Mais malgré tout le bien que j’ai pu entendre sur eux, je suis trop fatiguée pour rester, surtout que j’en ai pour plus d’une heure de trajet retour (les joies  de la traversée parisienne Ouest-Est…) Certes, au moins, contrairement à Solidays, il y a des transports en commun à moins d’une demie-heure à pieds, mais il ne faut point oublier la régulation par les agents de la RATP à l’entrée de la station de la ligne 10. Eh oui il y a tellement de monde qui veut rentrer chez soi qu’il faut attendre que ça se désengorge un peu.

Une première journée en demie-teinte, sans réelle déception mais sans gros coup de coeur non plus.

Crédits

Photos by dumdumgirl/Vidéos by chacaloute

 

 

 

 

 

 

 

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2 Responses to “Rock en Seine 2012 – Jour 1 : La Fête à la grenouille”


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