Rock en Seine : Jour 3 – Sunny Sunday Afternoon

10 Sep

Après quelques neuf heures passées au Domaine de Saint Cloud la veille pour un samedi bien chargé comme on les aime, on rempile de plus belle en ce dimanche ensoleillé. D’habitude le dimanche à Rock en Seine, c’est relâche : quelques concerts parsemés et de longues pauses. Pendant celles-ci, on flâne à travers les stands (comprendre : on fait les jeux concours et on gratte de jolis badges), on papote avec les copains autour d’un verre à débriefer et/ou refaire le festival, on prend le temps… Bref, on attend surtout le concert de clôture. Mais là, grand dieu non. Car pour clôturer ce 10ème anniversaire longuement vendu comme « mémorable », qui nous propose-t-on ?! Green Day. Euh… Cache ta joie. Ouais désolée mais un concert de Green Day, ça ne me fait pas rêver. Bon, il paraît que le changement c’est maintenant, alors au diable les vieilles habitudes, profitons à fond de l’après-midi, où se trouvait d’ailleurs tout le côté alléchant de ce dernier jour.

C’est donc (super) tôt que je gagne le domaine ce dimanche. Arrivée à 14h30 sur le site, je fonce directement vers la scène Cascade où se produit un quatuor belge fort prometteur, BRNS, l’une de mes grosses attentes de cette édition. Groupe défini comme pop-rock, né à Bruxelles en 2010, BRNS (prononcez « Brains ») commence à faire un peu de bruit en France. Découverts en juillet dernier grâce à une session Scène de bain (juste après les avoir honteusement manqués au festival Artchikult), j’ai été immédiatement séduite par ce mélange de sonorités, à la fois brouillon et subtilement calculé. Une musique surprenante et bourrée de contradictions, sombre mais enjouée, planante mais énergique. Un génie mélodique porté par la superposition puissante de leurs voix qui n’est pas sans rappeler le caractère brut et sauvage des anglais de Wu Lyf. Vu la claque musicale que j’avais prise chez moi, il va s’en dire que j’attendais beaucoup de leur prestation à Rock en Seine. Et quelle belle confirmation ! Sur la grande Cascade, les quatre musiciens nous ont offert un live intense, composé des titres de leur maxi EP Wounded. Il est clair que les percussions en tout genre ont la part belle chez BRNS. Mené par son impressionnant batteur-chanteur, Tim Philippe, le groupe a l’art d’apporter à chaque titre un souffle dynamique et irrésistible, à l’image du tubesque « Mexico » ou encore du superbe « Our Lights » dont voici un extrait.

Les quatre belges ont déclaré aimer l’enthousiasme du public français, eh bien on peut dire que celui de Saint Cloud le leur a bien rendu. Je ne pensais pas trouver autant de monde et d’ambiance autour d’un groupe encore assez mal connu chez nous. BRNS a convaincu. D’ailleurs, à en lire la presse, le groupe fait partie des révélations de ce Rock en Seine 2012. Éloges amplement méritées. Actuellement en tournée, je vous recommande vivement d’aller les (re)voir (pour les parisiens, RDV le 26 octobre prochain à la Cigale à l’occasion du festival Mama).

Deuxième grosse attente (évidente) de ce dimanche après-midi : Stuck in the Sound. Mais avant, petite pause hydratation sous les arbres du côté de la Grande Scène, au son très agréable des anglais de Bombay Bicycle Club, groupe que je ne connaissais que de nom et que je n’avais pas spécialement prévu au planning de ce troisième jour. Quatuor d’indie rock, Bombay Bicycle Club compte déjà trois opus à son actif en cinq ans, dont le dernier A Different Kind of Fix remonte à l’été 2011. Je dois dire que leur prestation fut la bienvenue pour cette pause, avec des morceaux oscillant entre très rafraîchissants (« Always like this ») et assez rock (« What If »). D’ailleurs, l’ambiance semblait au rendez-vous dans la fosse devant la Grande Scène. Un groupe qui mérite amplement une réécoute un peu plus poussée post-festival.

Les anglais quittent la place. 16h, il est temps d’aller rejoindre les premiers rangs de la Grande Scène pour se placer en vue du concert de Stuck in the Sound. La prairie étant encore relativement clairsemée, il est facile d’accéder au devant de la scène. Et là, comble de la surprise, voilà qu’on découvre 3 à 4 rangs d’adolescents aux chevelures simili-punk roses et vertes, agrippés ou assis le long de la barrière de sécurité. Argh ! Des rangées de T-shirts Green Day, ayant investi la place dès l’ouverture des portes du festival et préférant probablement te tuer plutôt que de te laisser leur place au premier rang, même pour une heure de ton groupe favori. Sympa les mecs.

16h25. Très attendus, les Stuck entrent en scène sous un soleil de plomb. Et le groupe n’est pas là pour rigoler, ça va envoyer du lourd. C’est Paris, c’est Rock en Seine. Dire qu’en 2005, le groupe parisien était invité au festival en tant qu’Avant-Seine. En 2012, ils sont programmés sur la Grande Scène. Ça méritait bien qu’on suive le bon vieil adage du groupe : « Foutez le bordel !». Leur imparable trio de tubes en tête de setlist (« Ouais », « Let’s go », « Brother ») commence à faire doucement gigoter la pelouse. Doucement oui, j’avoue qu’en comparaison du public enragé du Pont du Rock fin juillet, celui de Paris m’a semblé bien mou du genou. Et je ne parle même pas des premiers rangs, aveuglés par leur amour exclusif pour Green Day. Mais bon, les sublimes photos prises par le HibOO depuis la scène (je te conseille d’y jeter un œil ici) me donnent agréablement tort. A priori, le milieu de la fosse avait l’air nettement plus en forme que le côté droit où nous étions. Au fil des titres néanmoins, l’énergie naturelle dégagée par le groupe entraîne la foule dans une communion musicale jouissive et bordélique, avec pour apogée l’irrésistible « Toy Boy ». A souligner, au beau milieu des morceaux incisifs et puissants, un grand moment d’émotion avec la ballade « Tender », dont voici un extrait.

Bon bah là je pense que c’est clair hein, José Reis Fontao est définitivement l’une des plus belles voix du rock français (avec ou sans capuche). Cinquième concert, jamais déçue. En dépit d’une ambiance un peu longue à démarrer, je me suis encore bien éclatée et ne cesserais de vous encourager à aller triper avec ces fascinantes bêtes de scène. Parisiens, ne manquez pas le RDV du 20 octobre à l’Olympia, ça s’annonce grandiose !

On a eu chaud, très chaud à danser en plein soleil. 17h15, pas la force de galoper à l’opposé du domaine jusqu’à la scène Pression Live pour aller voir Passion Pit. Alors place à une nouvelle pause hydratation au frais, accompagnée d’un petit coup d’œil au Rock’n’roll Circus, où un surprenant fakir (attention, « recordman mondial des fakirs » dixit le livret du festival) se perçait l’ensemble du corps à coups de longues aiguilles. Hii. Requinqués et divertis, nous voilà repartis vers la Grande Scène pour le concert des Dandy Warhols. Quel plaisir de voir le groupe américain à l’affiche de Rock en Seine cette année ! Accros de séries TV, vous vous souvenez forcément de leurs tubes « We used to be Friends », générique de la série Veronica Mars (oh, allé on a tous regardé ça dans notre jeune temps) et « Bohemian Like You », figurant sur la BO de la série Buffy contre les Vampires. Leur dernier album This Machine, sorti au printemps 2012, m’avait laissée très perplexe de par la qualité plutôt inégale des morceaux, mais qu’importe, leurs anciennes chansons et tout simplement leur présence valait bien ce petit détour par la Grande Scène. Eh bien, ce fut un concert très agréable, rock mais tranquille, ponctué des fameux tubes précités et d’autres tout aussi entraînants tels que « The Autumn Carnival » (justement l’un des très bons titres du dernier album) ou plus mystiques comme « I Love You ». Un bon moment donc, un live bien mené et parfaitement adapté à cet après-midi ensoleillé, même si je ne retournerai probablement pas les voir en salle.

La suite du programme prévu, en l’occurrence les Avant-Seine All Stars, nous a contraints à quitter les lieux un peu avant la fin du concert des Dandy. Eh oui, faut bien avouer que la route est sacrément longue pour rejoindre la scène Pression Live, tellement longue qu’on a manqué le début de la fête. Son concept : pour fêter les 10 ans de Rock en Seine, 10 groupes produits en Avant-Seine les années précédentes reprennent à leur sauce 10 grands titres de la décennie. Le tout animé par un certain Philippe Risotto, pseudo-manager de la troupe Airnadette (tu sais, la fameuse « Comédie Musiculte » adepte du Air Guitar, qui fait fureur cette année) et ponctué de sympathiques prestations du airband déjanté. Sur le papier, l’idée m’avait emballée, d’autant que la série d’artistes invités était plutôt alléchante. Eh bien, à l’arrivée, ce fut une heure de reprises live assez mitigée, la plupart étant, à vrai dire, plutôt décevantes. Je ne reviendrai pas sur le massacre de « No One Knows » des QOTSA par Success, ni sur le méconnaissable « Seven Nation Army » des White Stripes revisité par l’électro de Molecule. Exercice périlleux que de s’attaquer à des monuments pareils. A retenir néanmoins, la bonne prestation de Gush reprenant « That’s not my Name » de The Ting Tings (carrément pas évident), celle de Stuck in the Sound, toujours aussi puissants, reprenant « One Armed Scissor » de At The Drive-In (featuring David Fontao, le fameux « Brother » et leader du groupe explosif I am un chien) et enfin celle des excellents Birdy Hunt revisitant « Hey Ya » d’Outkast, avec toute la fraîcheur et l’énergie qui font le succès de leur son. Un petit extrait, sur lequel on voit bien l’ambiance soulevée par les six parisiens.

D’ailleurs, Zyblynn t’en reparle plus en détail ici à l’occasion de la Reprise du lundi.

Pour clôturer en beauté ce festival, on tente de se frayer un chemin au sein de la foule déjà dense, venue à la Scène Cascade pour écouter Foster The People. Alors oui, comme beaucoup de monde, j’ai aimé leur album Torches sorti l’année dernière mais de là à en faire l’album de l’année, non. Je ne comprenais pas bien l’engouement autour de ce trio pop-rock californien d’à peine 2 ans d’âge, comment pouvait-il faire déjà salle comble si peu de temps après la sortie de son premier opus ? Ah bah ok, là maintenant c’est clair : Foster the People en live, ça dé-chi-re ! Une ambiance de folie d’un bout à l’autre du concert, je pense même l’une des plus belles ambiances de ces trois jours. Musicalement, leur recette est hyper efficace : parfait dosage entre pop et rock, des percussions puissantes et omniprésentes, du synthé pour le côté rétro et parfois même quelques touches d’électro. Entre deux énormes bonhommes gonflables aux visages tordus mais sympathiques, les américains nous entraînent au fil de leurs nombreux tubes irrésistibles : « Helena Beat », « Call It What You Want », « Don’t Stop », « Houdini »… Le temps d’un morceau (« Warrior »), le groupe de Mark Foster accueille la jolie Kimbra. Sa voix sexy et sa volumineuse robe rouge à froufrou ont encore ajouté un peu plus de piment à tout ça. Bref, Foster the People, c’est le genre de concert qui te donne envie de chanter, sauter, danser même si tu n’aimes pas ça. Le genre de concert dont tu sors avec un sourire béat. Le genre de concert dont le rappel te trotte dans la tête jusqu’à ton lit. Et là, c’était imparable car c’est sur leur tube ultime « Pumped up Kicks » que Foster The People terminera sa prestation à Rock en Seine. Un morceau euphorisant, aux paroles reprises en cœur par le public et qui se finira sous une pluie de confettis. Magique.

Et voilà, c’est fini. Il est presque 22h, la foule se disperse à la Cascade, les cheveux pleins de papier à cigarette et le sourire aux lèvres. La plupart se précipite vers la Grande Scène pour assister au (vrai) concert de clôture, celui de Green Day, qui bat déjà son plein. Comme tu l’auras compris au début de cet article, je ne t’en parlerai pas. Encore moins envie d’y aller après ce délicieux moment passé avec Foster The People, une si belle clôture 2012. Alors, histoire de profiter pleinement des derniers instants de cette 10ème édition, on a testé le « son et lumière » de Green Day depuis la grande roue installée non loin de la Scène de la Cascade. Deux fois. Bah oui, ce n’est pas parce qu’on n’aime pas les shows taillés pour les stades qu’on allait se priver d’un bon vieux « Basket Case ».

 

Un dimanche riche, ensoleillé et festif. A retenir la confirmation live du talent des belges BRNS, la prestation toujours aussi puissante des Stuck in the Sound et une clôture des plus euphorisantes avec Foster the People. Et la conclusion de ces 10 ans ? Les avis semblent partagés sur le sujet. Pour ma part, j’ai trouvé cette édition de Rock en Seine plutôt réussie. Bon c’est vrai que 10 ans ou pas, on n’a pas vraiment vu la différence. Une programmation sans véritables headliners mais parfaitement à la hauteur. Des noms et prestations de qualité tout au long du festival, de très beaux moments et aucune (grosse) déception sur les 3 jours. Et à peine 1h de pluie. De toute beauté. Par contre, pitié les gars, faites un effort sur le son l’année prochaine !

 

Crédits

Photos : caïpirinou / chacaloute

Vidéos : chacaloute

Share Button

One Response to “Rock en Seine : Jour 3 – Sunny Sunday Afternoon”


  1. Fatal error: Uncaught Error: Call to undefined function ereg() in /homepages/1/d419662061/htdocs/app419729548/wp-content/themes/bueno/includes/theme-comments.php:66 Stack trace: #0 /homepages/1/d419662061/htdocs/app419729548/wp-content/themes/bueno/includes/theme-comments.php(20): the_commenter_link() #1 /homepages/1/d419662061/htdocs/app419729548/wp-includes/class-walker-comment.php(179): custom_comment(Object(WP_Comment), Array, 1) #2 /homepages/1/d419662061/htdocs/app419729548/wp-includes/class-wp-walker.php(145): Walker_Comment->start_el('', Object(WP_Comment), 1, Array) #3 /homepages/1/d419662061/htdocs/app419729548/wp-includes/class-walker-comment.php(139): Walker->display_element(Object(WP_Comment), Array, '5', 0, Array, '') #4 /homepages/1/d419662061/htdocs/app419729548/wp-includes/class-wp-walker.php(387): Walker_Comment->display_element(Object(WP_Comment), Array, '5', 0, Array, '') #5 /homepages/1/d419662061/htdocs/app419729548/wp-includes/comment-template.php(2174): Walker->paged_walk(Array, '5', 0, 0, Array) # in /homepages/1/d419662061/htdocs/app419729548/wp-content/themes/bueno/includes/theme-comments.php on line 66