Rock in the Barn, jour 1 – 30.08.2013

18 Sep

Comme chaque année, la fin de Rock en Seine annonçait la rentrée. La quoi ? Ah non. Pas cette année. Pas envie. Sur les bons conseils de Zyblynn, j’ai préféré prolonger ce bel été en allant découvrir un petit festival à une heure de Paris avec mon acolyte Caïpirinou. Dans un cadre bucolique entre Giverny et Vernon (à cheval entre les Yvelines et l’Eure), Rock in the Barn organisait sa 4e édition sur deux jours, les 30 et 31 août. Bien équilibrée et proposant pas mal de groupes de la région, sa programmation était très intéressante. Avec de jolies têtes d’affiche comme Balthazar, Juveniles, Concrete Knives ou encore Bow Low, le désigné « petit frère » du Rock Dans Tous Ses Etats (ou RDTSE, autre très bon festival du côté d’Évreux auquel j’ai assisté fin juin) n’avait vraiment pas à rougir de sa petite taille (environ 1 500 personnes recensées sur cette édition). Au-delà de son absence quasi totale de signalisation (premier panneau à 500 mètres du festival, bah oui on est vite perdus nous autres parisiens), le cadre de Rock in the Barn est magnifique. Sous le soleil et bracelet orange au poignet, on traverse un petit bras de Seine pour entamer une marche d’1 km à travers champs qui dévoile progressivement la ferme de Grande-Ile, un joli site perdu en pleine nature. Sur place : deux scènes, une grande en extérieure (Scène des Champs) et une plus petite en intérieure (La Grange), quelques tentes pour boire des coups et quelques stands pour se restaurer (big up au camion Fish & Chips !). Champêtre, à taille humaine, parfait pour terminer l’été à la cool. Mais c’était sans compter sur un public local carrément… survolté !

Arrivés tout pile pour le début de Lascaux, on se presse vers la Grange, scène intimiste à l’acoustique aussi belle que les vieilles pierres qui constituent son intérieur. Ayant raté les deux passages de Lascaux au RDTSE fin juin, j’avais hâte de les découvrir. Le quatuor rouennais propose une pop-rock sombre et accrocheuse. En live, ça sonnait nettement plus rock, ça démarrait bien, très bien… Mais, au fil des morceaux, malaise. C’était comme si l’énergie dégagée par leur musique ne nous parvenait pas. Je crois que l’attitude renfermée, presque nonchalante, de Clément au chant y était clairement pour quelque chose. Un titre, deux titres, trois titres… non, décidément l’ambiance ne se détend pas. On quittera la Grange, déçus.

Place à Granville, groupe incontournable sur les festivals cet été. Les normands jouaient leur dernière date de la tournée à Rock in the Barn. Et ça s’est vu. Si leur album Les Voiles fut bien accueilli par la critique, leurs prestations scéniques n’ont pas toujours fait l’unanimité. « Trop calme », « Ennuyeux »… Eh bien là, c’est le sourire aux lèvres que les cinq musiciens commencent leur set. Leur pop rétro « made in France » fait rapidement son petit effet, la présence est bonne et contraste avec le manque de pêche de leurs prédécesseurs. Mélissa, la jolie chanteuse semble avoir laissé sa timidité au vestiaire et invite le public à danser le temps d’un « Slow ». On a aimé, on en redemande : Granville reviendra nous rejouer leur tube « Jersey » en guise de rappel. Bonne surprise.

La nuit tombe doucement sur la prairie, on regagne la Grange, contents de profiter de la chaleur de ses vieilles pierres. Au programme : le blues de Curtis Johnson Band. Également présents au RDTSE, également manqués, hop nouveau rattrapage. Sur scène, sept excellents musiciens arborant des costumes supra classes enchaînent des titres blues-rock d’une énergie folle, canalisés par la voix chaude de leur chanteur. Blindée, la Grange sort ses meilleurs pas de danse, l’intimité créée avec le public au fil du concert est incroyable. Très bon moment.

On enchaîne avec la tête d’affiche de cette édition 2013 : Balthazar. Et les belges nous ont encore bluffés. Je dis encore car la semaine passée, on les avait déjà vus à Rock en Seine, remplaçant au pied levé le groupe DIIV. A Saint Cloud, j’avais adoré ce moment, on se serait cru dans une bulle, comme un instant suspendu juste entre eux et nous. A Rock in the Barn, cette sensation de proximité s’est également instaurée, mais de manière beaucoup plus intense. Les éclairages brumeux de la Scène des Champs rendaient l’environnement encore plus captivant, pas question d’en rater une note. Pourtant, même bémol qu’à Rock en Seine, leur set est un peu long à démarrer. Critique vite oubliée dès l’annonce du splendide « Blood Like Wine » accompagné d’une petite phrase (en français) du guitariste « Hey, c’est vraiment chouette ici ! ». Grave, et ce morceau va faire voler en éclat la retenue affichée jusqu’alors par le groupe, faisant encore monter l’ambiance d’un cran. Extrait vidéo (désolée j’étais sous l’enceinte, ça crache un peu) :

« Raise your glass to the nighttime and the ways, to choose a mood and have it replaced… » Ils chantent en chœur, on reprend de plus belle, ils lèvent leurs instruments, on lève nos verres, ça sonnerait presque comme un final… mais non, c’est le moment que choisit Balthazar, pour lâcher les deux autres bombes de son premier opus, « Fifteen Floors » et « Morning ». Génie. Je n’avais plus envie que ça s’arrête. La foule non plus. Nos acclamations ont payé, ils reviendront nous combler avec un généreux rappel. Du pur bonheur.

A 23h, la Grange était déjà pleine à craquer pour entendre Chakals, jeune groupe électro-funk parisien. Je ne m’étendrais pas sur leur prestation, n’ayant pas spécialement accroché au son – pourtant entraînant – proposé par le quintette masqué. Un coup de fatigue sans doute car l’engouement suscité dans la salle était très impressionnant.

Il était donc près de minuit quand les cow-boys de Bow Low entrèrent en piste. Électrisé par le son des Chakals, la foule regagne gaiement la scène des Champs pour prolonger son trip à l’air frais. Hum, rester dans les premiers rangs s’annonçait déjà sportif. Mais tant pis, j’étais tellement contente de revoir les cinq normands (avec en tête le souvenir de leur live bourré d’énergie au festival Beauregard en juillet) que ça valait bien la peine d’affronter quelques pogos. Et ça n’a pas raté. Dès les premières notes de leur tube, « Little River », la pelouse s’enflamme. Parfait pour se mettre dans l’ambiance, on danse déjà de tous les côtés, les slams (spécialité locale) sont lancés. C’est l’éclate totale dans le public et ce plaisir est clairement partagé sur scène. Et c’est ce que j’aime particulièrement chez Bow Low : ils sont heureux d’être là et ça se voit. Au-delà de l’irrésistible originalité de leur rock Western, l’énergie et la générosité qu’ils dégagent sur scène sont remarquables. Avec son déhanché unique, Nik, le chanteur, va sans cesse chercher la foule et l’encourage à se laisser entraîner dans cette chevauchée à travers le Grand Ouest. En quelques morceaux, l’ambiance est même devenue carrément dingue, la preuve en images avec une vidéo de « Bird Of Prey » pendant laquelle j’ai vécu mon premier jetage en règle d’une fosse.

Une chevauchée rondement menée donc qui se terminera sur le diabolique doublé « Write A-Z »/« Sympathy For You ». Pour en voir un p’tit extrait, c’est (déchanché et slam inside).

On n’aurait pas pu espérer plus belle clôture pour cette première journée à Rock in the Barn, c’est tout groggy de bonheur qu’on a repris notre route vers la capitale.

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3 Responses to “Rock in the Barn, jour 1 – 30.08.2013”

  1. Zyblynn 18 septembre 2013 at 8:59 #

    Bon, je mourrais déjà d’envie de revoir Bow Low sur scène, c’est encore un peu pire depuis que je t’ai lue 🙂
    « le diabolique doublé « Write A-Z »/« Sympathy For You  » hahahaaaa, oui, je l’aime, celui-là!

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  1. Rock in the Barn, jour 2 - 31.08.2013 | My Wonderwall - 1 octobre 2013

    […] tout aussi alléchant que la veille (si tu veux lire le résumé du vendredi, c’est par là). Juste un léger regret de n’avoir pu arriver plus tôt sur le site pour découvrir le rock des […]

  2. Le Top Concerts 2013 de la rédaction | My Wonderwall - 14 janvier 2014

    […] Bow Low à Rock In The Barn (Giverny) : La folie ! J’avais déjà vécu un bel aperçu de l’énergie envoyée par les cinq normands le mois précédent au festival Beauregard, mais ce soir-là, wow ils ont carrément enflammé la pelouse de Rock in The Barn. Leur prestation était tout aussi entraînante, authentique et généreuse qu’à Hérouville St Clair, mais en face, le public était dé-chaî-né ! Les deux côtés de la barrière se répondaient à merveille, l’interaction n’a cessé de s’intensifier au fil des morceaux pour exploser dans un final carrément dingue. Son simple souvenir me file le sourire. Jetage de fosse, déhanchés, slams, je te raconte tout en détails ici. […]

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