STUCK IN THE SOUND @ BIG BAND CAFE à CAEN 08/11/2012

20 Nov

Quand j’attends un concert avec impatience depuis de longs mois, j’y arrive souvent avec une certaine appréhension. Quand j’attends beaucoup d’un groupe  sur scène, j’ai toujours peur que l’image que j’ai créée de lui dans mon moi intérieur ne corresponde pas à la réalité. Avec Stuck In The Sound, aucune angoisse de ce genre, je savais que j’adorerais. C’est par une vidéo live (merci Chacaloute) que j’ai découvert ce groupe il y a environ 8 mois, et j’ai immédiatement décelé chez eux une présence scénique hors du commun. J’avoue que si j’avais fait connaissance avec eux par une version studio, le coup de foudre n’aurait probablement pas été immédiat, car, au départ, je n’étais pas vraiment conquise par la voix de José que je trouvais quand même un peu trop aigüe, le contraste avec la puissance de leur musique est, à priori, un peu déroutant. Avec le recul, je considère sa voix comme une valeur ajoutée qui contribue largement à l’originalité de leur son. J’étais convaincue, donc, de passer une excellent moment en leur compagnie, je n’avais qu’une crainte: que le public normand, comme à son habitude, me déçoive par son manque d’enthousiasme.

Accompagnée de mon amie Titi (qui n’était pas, non plus, convaincue par la voix, mais à qui j’avais promis un concert FOU), nous arrivons devant le Big Band Café le plus tôt possible après le boulot et nous retrouvons facilement au premier rang.

C’est The Bewitched Hands qui assurait la première partie, je n’en parlerai que très brièvement, car je n’ai pas vraiment pas réussi à entrer dans leur univers, et leur prestation m’a parue un peu longue. Je suis pourtant toujours dans un état d’esprit très ouvert vis à vis des premières parties car je considère que ce sont de bonnes occasion de découvrir des jeunes groupes.

Changement de plateau, je sens l’excitation pointer le bout de son nez, je mesure à quel point, en quelques mois seulement, Stuck In The Sound est devenu un groupe mythique à mes yeux. Voir STUCK écrit sur la grosse caisse de la batterie et, posée à côté, la guitare sèche de José (autre atout majeur pour l’originalité du son de ce groupe), me paraissait presque surréaliste. J’avais déjà envie de faire du bruit pour les appeler, la scène était prête à les accueillir, mais le public ne bougeait pas, j’ai tenté de taper un peu dans les mains, mais trop discrètement…aucune réaction de l’assemblée. Je me dis en moi-même: « Voilà, c’est sûr, ça va être le seul concert de la tournée de Stuck où il n’y aura pas d’ambiance. ». Ils arrivent enfin….sous des applaudissements peu convaincants. Visiblement, le groupe devait être au courant que le public normand est un peu difficile à réveiller, puisqu’ils ont attaqué fort …très fort avec: Ouais, Let’s Go, Brother et Purple quatre titres sur lesquels il est strictement impossible de ne pas avoir envie de sauter et crier, mais ça ne bougeait pas assez à mon goût dans le public. Visiblement, José était du même avis, puisqu’après ce quatrième titre, il a lancé un « Alors, on est à un concert de Renan Luce ici ou quoi ? », avant d’enchaîner avec le titre fou Don’t Break The Bar Please Dumbo ! C’est vrai qu’à ce moment du concert, je peux en témoigner en connaissance de cause : j’avais déjà vu des concerts de Renan Luce où l’ambiance était plus chaude. (Oui, car Renan Luce fait partie de mes chouchous, j’ai d’ailleurs trouvé cette coïncidence plus qu’amusante). Je ne sais plus très bien quand, exactement, le public a commencé à se laisser aller, car j’ai moi-même lâché prise, je n’en avais plus rien à foutre de ce qui pouvait bien se passer autour de moi, je voulais du STUCK, rien d’autre que du STUCK et je voulais que ça ne s’arrête jamais. Je voulais crier, faire du bruit, plein de bruit et qu’il sachent à quel point j’aime leur son, qu’ils sachent combien c’est fou, un concert avec eux. C’est à ce moment que j’ai ressenti que Stuck In The Sound sur scène, c’était bien PLUS que tout ce que j’avais pu imaginer jusque là, même si je n’en avais pas vraiment conscience au moment présent. C’est dans cet état de semi-inconscience qu’une espèce de cri du cœur m’a échappé alors que José ajustait son capodastre dans un silence quasi total…il a été surpris…moi aussi, car il est plutôt rare que je crie pendant les moments de silence en concert. Et, à y réfléchir, je crois que la dernière fois que j’ai eu ce genre de réaction irréfléchie, c’était à un concert de Renan Luce en novembre 2010, (sans blague, c’est vrai en plus, et cet constatation me fait vraiment sourire). Comme un fait exprès, histoire d’accentuer encore un peu le trouble occasionné par ce cocktail de sensations fortes, et sur lequel je n’aurais désormais plus aucun contrôle, le groupe enchaîne Tender et Silent and Sweet, deux titres que j’aime écouter en boucle, tant ils mêlent finesse et puissance (marquée par la batterie sur la première et par la basse sur la deuxième) en toute subtilité. Séquence émotion qui m’a littéralement hypnotisée…mais Shoot Shoot m’a rappelé qu’on était là pour bouger et, c’est à ce moment que j’ai décidé de reculer, car, au premier rang, on voit tout bien, mais c’est quand même moins pratique pour « Foutre le bordel ». Et oui, chose incroyable, le public normand était désinhibé, et j’ai adoré ça ! C’est dans l’euphorie la plus totale que j’ai savouré l’alternance de titres que je connaissais peu, comme Never On The Radio, Don’t Go Henry ou It’s Friday (marqué par la rencontre du micro avec le manche de guitare, puis avec le sol) et de l’inégalable Toy Boy, toujours entrecoupée de petite séquences originales visant à faire participer activement le public, de discussions avec quelques membres choisis dans les premiers rang (un jeune homme au timbre de voix particulier nous a fait profiter de son cri perçant en solitaire) et une nouvelle petite allusion à Renan Luce, apparemment élu fil rouge de cette soirée. Première fin de concert, même si nous savions tous qu’il y aurait au moins un rappel, on ne s’est pas privé de faire du bruit pour qu’ils reviennent. Ils nous ont livré l’hypnotisante Zapruder (grand grand moment) suivie de Cramp Push And Take It Easy !, Bandruptcy (une de mes préférées ; deuxième tentative de mise à mort du micro) et Teen Tale. Hors de question d’en rester là, nous avons uni nos cris pour un deuxième rappel, qui a plus ou moins commencé par une simili-reprise (ou plutôt une désintégration) de La Lettre de Renan Luce (eh oui, jamais deux sans trois) que je n’ai malheureusement pas eu le temps de filmer. Nous avons été plusieurs à réclamer Criminal, mais nous avons obtenu….une version déjantée de la compagnie créole… suivie de Pursuit et Delicious Dog, que je te propose de (re)vivre ci-dessous (filmées de mes mains) :

Image de prévisualisation YouTube

Je m’attendais vraiment à adorer ce concert, mais pas à être désorientée à ce point-là, Stuck In The Sound, sur scène, c’est une véritable drogue aux effets déstabilisants et indéfinissables, mais incontestablement bienfaisants sur le long terme, à consommer sans modération.

 

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4 Responses to “STUCK IN THE SOUND @ BIG BAND CAFE à CAEN 08/11/2012”

  1. Wenine 23 novembre 2012 at 11:53 #

    Waouw, ta review m’a replongée dans le concert !

    • zyblynn 23 novembre 2012 at 12:04 #

      C’est un plaisir de partager ce genre de sensation 🙂

Trackbacks and Pingbacks

  1. Le Top Concerts 2012 de la rédaction | My Wonderwall - 7 février 2013

    […] Stuck est la preuve irréfutable que la vidéo ne remplace pas le vrai live. J’avais regardé plusieurs retransmissions intégrales de leurs concerts, et je n’ai quand même pas réussi à anticiper la grosse claque que je me suis prise en pleine figure ce jour-là. Pour les détails de ce moment inoubliable, c’est là. […]

  2. [Live-Report] Half Moon Run @ UBU - Rennes 16/11/2013 | My Wonderwall - 22 novembre 2013

    […] pas (Youtube et Chacaloute y sont pour beaucoup dans cette capacité de discernement). Comme pour Stuck in the Sound l’année passée (tiens-donc, quelques jours avant mon anniversaire, deux années de suite…), je savais que ma […]

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