STUPEFLIP @ Festival Les Ardentes 12/07/2013

26 Sep

Cet été, je suis allée au Festival Les Ardentes, à Liège en Belgique durant quatre jours. N’ayant pas de temps à consacrer à l’écriture à ce moment-là, j’ai rapidement abandonné l’idée d’en faire un live-report détaillé. Mais j’avais quand même envie de revenir sur le concert de Stupeflip…Pourquoi? Là est toute la question…c’est même peut être le mot qui résume le mieux mon envie d’approfondir le sujet…Pourquoi suis-je allée voir ce concert? Pourquoi suis-je restée? Pourquoi ai-je aimé? Oui, parce que, on a beau dire que leur style est inclassable, Stupeflip, pour moi, c’est très rap, et mes précédentes tentatives de réconciliation avec ce style musical sur scène n’avaient pas été franchement concluantes: « Zone libre Vs Casey et B James » au festival des papillons de nuit 2011 ou « 1995  »  aux Francofolies de Spa 2012, aucune accroche.

crédit photo: Geoffroy Kaisin – Photographe

J’ai choisi d’aller voir Stupeflip, au lieu de revoir Mika, que j’adore, qui se produisait au même moment sur la scène voisine…parce que, Mika j’avais déjà vu…parce que on m’avait dit du bien de Stupeflip… parce que, le meilleur en festival ce sont les découvertes…parce que, je voulais comprendre ce que les gens trouvent à ce groupe complètement glauque et … parce que, j’avoue que le peu que j’en connaissais avait un (tout) petit quelque chose de fascinant. Arrivée aux abords de la scène, le sound check n’était pas terminé, le concert commence avec un petit quart d’heure de retard (ça commence mal, je grognonne, j’aurais pu voir deux chansons de plus du côté de Mika). Entrée en scène: à partir de là, plus rien n’est clair, dans tous les sens du terme: la scène n’est pas claire, dans le sens « sombre » – les images sur l’écran du fond, ne sont pas claires, dans le sens « embrouillées » –  les mecs tous cachés derrière leurs masques ne sont pas clairs, dans le sens « pas tout juste » – et mes idées ne sont pas claires, dans le sens, « j’y comprends rien, mais j’ai quand même envie de rester ». C’est qui ce Crou? Une sorte de Dieu, une religion à laquelle personne ne comprend rien, et c’est quoi ce public complètement endoctriné qui scande les paroles à l’unisson? (C’est qu’ils font au moins autant de bruit que le public de midinettes des B B Brunes qui se sont produits la veille sur la même scène). Je n’ai jamais vu une telle cohésion dans un public en festival, j’en aurais presque peur. D’habitude il y a toujours bien un boulet pour hurler des trucs totalement hors sujet, ici pas: tout le monde semble fasciné par leur univers hors du commun…

Credit Photo: Geoffroy Kaisin – Photographe

Voguant entre scepticisme et fascination, je me laisse envoûter pas l’ambiance sombre et ironique qui règne autour de ce concert, et j’essaye d’écouter les paroles (ok, on m’a dit qu’elles n’ont pas de sens, mais moi, je n’y crois pas), j’y découvre des blessures d’enfance, un rejet du fonctionnement de la société actuelle, une invitation à rendre vie à l’enfant qui sommeille en chacun de nous (eh oui, ce serait presque poétique…), et une certaine capacité à se complaire dans ses cauchemars, impliquant une fascination pour les monstres que l’on y croise. Enfin, ceci est simplement mon interprétation personnelle, car, contrairement à Fauve – dont j’avais expliqué ici que je trouvais leurs textes trop précis pour laisser place à l’imaginaire – j’ai l’impression qu’on peut interpréter Stupeflip de bien des manières différentes (mais bon, tu as quand même peu de chances d’y déceler des fleurs colorées et des petits cœurs, pour ça, il fallait rester avec Mika). Côté jeu de scène, leur set est scénarisé comme une histoire dont le fil conducteur est la fameuse Stup religion portée par le Crou, les lumières jouent beaucoup sur le contre-jour, les ombres, et les effets stroboscopiques, ce qui renforce le mystère qui plane autour des personnages masqués, le tout accentué par les images sur l’écran de fond. Côté son, j’ai été agréablement surprise par la guitare bien plus présente que je ne l’aurais imaginé. Petit aperçu en image:

Et je dois bien avouer que je trouve le personnage de King Ju très attachant, on sent que c’est un mec qui a souffert…qui souffre, et qui s’est fait une carapace, mais pas si épaisse que ça, il hurle sa douleur avec ses tripes, et même s’il y a beaucoup d’ironie autour de tout ça, on sent que ça vient de loin, et qu’il n’y a pas de réelle méchanceté cachée là-dessous. Et ça, ça te met un bon gros coup de poing dans le bide, qui laisse des traces indélébiles…on ne sort pas un indemne d’un concert de Stupeflip. Et pourtant, le mec se dit ne pas aimer la scène, et bien moi, je dis chapeau, parce que c’est du travail bien fait. Je ne sais toujours pas exactement pourquoi je suis restée, mais une chose est sûre: j’en ai encore les marques.

(J’ai été tellement hypnotisée par ce concert, que j’ai bien failli oublier de filmer: l’extrait ci-dessus est la dernière chanson du set, que j’ai capturée de justesse. Autant dire que, question photos, je suis rentrée bredouille: un grand merci à Geoffroy Kaisin – Photographe pour m’avoir gentiment prêté quelques photos de ce concert)

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