The Smashing Pumpkins (…17 ans après) @ Zénith de Paris – 24/06/2013

2 Juil

Les Smashing Pumpkins, mon premier vrai coup de cœur artistique… je me souviens, j’avais 16 ans, on m’avait filé une cassette enregistrée (ça fait ancêtre, là tout de suite, ce temps lointain où l’on ne gravait pas facilement de la musique sur CD, ce temps reculé où le MP3 n’existait pas), il était juste écrit Smashing Pumpkins, et, rien que le nom, je trouvais déjà ça magnifique…Il s’agissait de Siamese Dream, dès la première écoute, chaque chanson m’a paru sublime, j’ai ressenti leur son comme un véritable trésor, et cet album reste certainement celui que j’ai le plus écouté de toute ma vie.

Et pourtant, après l’album Mellon Collie and the Infinite Sadness, j’avais carrément décroché, je n’étais plus réceptive aux nouvelles compositions du groupe, et les remaniements de l’équipe ne m’ont, par la suite, pas encouragé à persévérer dans l’écoute attentive des nouveaux opus (même si je les ai quand même un peu survolés…). Cependant, Billy Corgan restait, à mes yeux, une sorte de « personnalité divine », je ne me lassais jamais de l’admirer, une guitare entre les mains, et m’extasiais toujours sur son timbre de voix si particulier. Arrive l’année 2012, et le nouvel album des Smashing Pumpkins nommé Oceania (chroniqué par Virgill ici). Pour la première fois depuis environ 15 ans, j’ai trouvé leur opus pas trop mal réussi, et je me suis donc mis en tête de revoir le groupe sur scène… Enfin, c’est surtout Billy, que je voulais revoir, puisque, dans la composition actuelle du groupe, il est le seul membre de la formation initiale. La date est tombée : les retrouvailles auraient lieu le 24 juin au Zénith de Paris, soit un peu plus de 17 ans après le seul de leurs concerts auquel j’ai pu assister, à savoir le 6 avril 1996 au Parc Expo de Gand en Belgique (J’ai toujours su que ça me servirait à quelque chose, de garder mes places de concerts). Et il se trouve que l’amie qui m’accompagnerait au Zénith ce jour-là, serait celle-là même avec qui j’avais partagé un de nos meilleurs souvenirs de concerts plusieurs années auparavant.

Avouons-le, nous gardions un souvenir tellement magique du concert des Smashing Pumpkins à nos 18 ans que nous pensions sincèrement être déçues… Mais c’était sans compter sur le charisme toujours bien présent de Billy Corgan : dès son apparition sur scène, me voilà complétement envoutée par sa simple présence, par sa voix toujours aussi sublime (même si on ne l’entendait pas assez sur la première chanson) et par les vibrations de sa guitare qui donnaient une dimension physiquement palpable à cette nouvelle rencontre… Tout cela était tellement délicieux que j’ai, pour l’occasion, laissé tomber mes bouchons d’oreilles : je pouvais bien laisser en offrande, à Dieu, alias Billy Corgan, une infime partie de mon audition. Le groupe a proposé une setlist majoritairement rock, avec des bons vieux morceaux de l’album Siamese Dream, tels que Rocket, Today, ou Disarm (cette dernière m’a laissée sur place, le temps s’est arrêté, tout comme ma respiration… un miracle que j’aie survécu). Parmi les passages épiques, je retiendrai également les autres morceaux qui ont fait ma jeunesse, comme X.Y.U, Tonight Tonight, Thirty Three, Bullet with Butterfly Wings ou l’inégalable Zero que j’ai miraculeusement réussi à filmer en me reculant un peu des pogos.

J’ai également redécouvert quelques chansons de l’album Oceania qui m’ont mis la claque en live, comme Quasar, Panopticon, ou, grande surprise de la soirée, Pale Horse, que j’ai appris à apprécier sur le moment, ce qui en fera mon souvenir le plus inattendu de la soirée. J’ai trouvé Billy Corgan détendu, et il semblait prendre beaucoup de plaisir sur scène. Depuis toutes ces années, il a, visiblement, appris l’auto-dérision, puisqu’on pouvait lire sur son T-Shirt : « Je suis un rock star » (lui qui, à l’époque, ne supportait pas qu’on lui attribue ce titre). Respectueux des autres membres du groupe, il n’hésite pas à se mettre en retrait pour laisser s’exprimer le talent de ses acolytes (C’est d’ailleurs un peu dommage qu’il ait fallu qu’il perde tous les membres de la formation initale pour comprendre que c’est comme ça qu’il faut se comporter). Il n’y avait pas une foule énorme à ce concert, mais on sentait que le public connaissait bien le répertoire du groupe, à des époques différentes, certes, selon l’âge. Les gens étaient enthousiastes, et se laissaient volontiers aller à un petit pogo, pour mon plus grand plaisir (oh, que ça faisait longtemps que je n’avais plus joué à ça). Il y avait, malgré tout, comme dans tout public qui se respecte, l’inévitable boulet qui réclamait la chanson « Today » entre (et parfois même pendant) chaque chanson. Je suis toujours sidérée par le manque de respect (pour l’assemblée, comme pour l’artiste) qu’implique ce genre de comportement. J’aurais même souhaité que le groupe ne la joue pas du tout, tiens… moi, je voulais « Soma », et j’ai pourtant fermé ma G..le!

Les Smashing Pumpkins nous ont fait vibrer pendant près de deux heures, nous interprétant un total de 23 titres, avant de nous laisser sur notre petit nuage, avec l’envie de revivre ça très vite…. et, pourquoi pas, demain à Nantes…. en partant de notre patelin Bas-Normand, ce n’est pas plus loin que Paris… ah mais oui, c’est vrai, ce n’est pas possible, j’ai un boulot, un mari, des enfants… oui, c’est vrai, je n’ai plus 18 ans, ah mince, pourtant, j’y ai cru, pour quelques heures, merci infiniment pour ce voyage dans le temps, c’était parfait… On se reverra bientôt, Billy, c’est certain…

Photos © Dumdumgirl

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