Un dimanche à Bonne Machine (Conflans-Sainte-Honorine – 21.04.2013)

13 Mai

Le 20 avril dernier, tandis que le Disquaire Day battait son plein dans les rues de Paris, la MJC Les Terrasses à Conflans-Sainte-Honorine (78) organisait sa 2e édition du festival Bonne Machine. Digne héritier du festival Festiv’ Music qui opérait depuis 20 ans dans la cité yvelinoise, ce festival proposait cinq jours de musique à travers la ville : animations musicales pour enfants, atelier rap, bal irlandais, et festival en plein air. D’une envergure nettement supérieure à celle de son prédécesseur, Bonne Machine annonçait la couleur : « grosse scène, gros son, belle programmation ». Un chapiteau d’une jauge d’environ 400 personnes installé dans le parc de la MJC, une vingtaine de groupes invités dont quelques bonnes découvertes locales. D’ailleurs, l’année passée, le lancement du festival avait fait carton plein avec notamment la présence de Birdy Hunt, Quadricolor et Oldelaf. Cette année, la programmation était tout aussi intéressante et éclectique : diverses variantes de rock (Balinger, Twin Arrows, Blue Box, Teleferik, Black Minou…), électro-pop (AutoReverse, Hyphen Hyphen), reggae (Ailleurs Reggae), électro (ZZZ) et chanson française (Zoufris Maracas). Autant dire pour tous les goûts. Sur les bons conseils des Klink Clock, activement impliqués dans l’organisation du festival, on a décidé d’aller y faire un p’tit tour avec Dumdumgirl le dimanche 21 avril dernier.

Simple d’accès, à deux pas des quais de Seine, l’endroit était des plus accueillants. Le fameux chapiteau était dressé sur les hauteurs de la ville. Sous celui-ci, une scène plus qu’honorable, entourée d’un bar et d’une sympathique exposition d’Olivier Small (dit Oh’Small), Déchets d’œuvres.

A l’extérieur, un espace de rencontre et de détente où était installée une Dodoche à vinyles pour les amateurs de galettes rétro et des jeux pour enfants. En ce dimanche ensoleillé, l’ambiance est clairement conviviale (voire même familiale), résumant ainsi tout l’esprit de Bonne Machine.

Nous sommes donc arrivées dans l’après-midi, vers 16h, peu avant la prestation de Blue Box. Je ne sais pas si tu te souviens, le dernier EP autoproduit du quatuor yvelinois, Don’t Give Up The Ghost, faisait partie de mon top EP 2012. Découverts en live huit mois auparavant à l’International, j’avais hâte de les revoir sur une scène un peu plus grande. Sans doute plus à l’aise dans ce grand espace, les Blue Box nous ont offert un set bien maîtrisé. Après une ouverture sur le pop-rock « Easier », le son prend un virage rock avec « It’s Too Late », puis « No One Cares ». Très efficace. Pourtant, pas facile de jouer en plein après-midi car, le soleil se faisant tellement rare ces derniers temps, la foule tarde un peu à gagner le chapiteau. Ils ne se démontent pas pour autant et incitent le timide chapiteau à les accompagner sur « It’s Alright », puis sur le splendide « Ocean » dont voici un extrait.

En tout cas, le moins que je puisse dire, c’est que les Blue Box ont nettement progressé ces derniers mois, on les sent bien plus confiants sur scène. Trente minutes, courtes mais convaincantes, qui se termineront en beauté sur le puissant « Don’t Give Up the Ghost », titre phare de leur dernier EP. Un groupe très prometteur donc, que te conseille (à nouveau) de suivre et d’aller voir sur scène ! Tu pourras notamment les retrouver le 23 août à l’International à l’occasion du festival French Pop Mission. Seul bémol de ce live, on regrettera le son un poil trop fort sous le chapiteau.

C’est au tour d’un groupe de soul reggae, Kana Hunaman, d’investir la scène du chapiteau. N’étant pas très friandes de ce type de musique, on a opté pour une petite ballade pour nous aussi profiter un peu du soleil et de la verdure. A notre retour, Zoufris Maracas avait pris possession de la scène. Le chapiteau était blindé et l’ambiance battait son plein sur ce mélange de chanson française à textes et de rythmes de musiques du monde. Rejointes entre temps par Caïpirinou, on a écouté quelques-uns de leurs titres plutôt sympathiques, puis profité des derniers rayons de soleil (et de l’apéro) à l’extérieur, où quelques personnes dansaient au son festif du collectif sétois. 20h. Je ne sais pas si l’organisation avait pris un peu de retard ou si c’était à la demande du public mais le set des Zoufris s’est nettement prolongé.

La nuit tombant, l’attente a commencé à nous paraître un peu longue. Ouf, 20h45, arborant leurs fameuses peintures tribales, les quatre acolytes d’Hyphen Hyphen entrent enfin en piste, accueillis chaleureusement par un chapiteau des plus remplis. Rien d’étonnant, depuis plus d’un an, les niçois se sont forgés une sacré réputation et font sensation partout où ils passent. D’ailleurs, Conflans n’échappera pas à la règle ce soir-là. Après la classique ouverture sur le magistral « MTV II », Hyphen Hyphen impose son rythme pop-tribal avec « Baby Baby Sweet Sweet », puis « Atlas », l’audience commence à bouger. Les ayant vu la semaine précédente au festival Chorus à la Défense, je redoutais un peu d’entendre le même set (mouais, peu crédible venant d’une nana qui les a déjà vus au moins 10 fois en concert, ahem…). Allé, pas d’apriori, l’avantage avec Hyphen, c’est qu’on n’est jamais à l’abri d’une surprise ! Et ce fut le cas, puisque la setlist était légèrement différente, permettant alors d’apprécier des titres qui se font un peu plus rares en live, tels que « Major Tom » ou « Grace ». La charismatique chanteuse, Santa, mène la danse avec une énergie phénoménale, gagnant rapidement l’adhésion unanime du public conflanais. On a également plaisir à noter la présence nettement plus imposante de Line, la jolie bassiste. Chanceux que nous sommes, nous avons même profité d’un nouveau titre (également joué au Chorus, tu peux le découvrir ici), juste avant l’explosion finale sur « Wild Patterns » dont voici un extrait :

C’est dire si l’ambiance était chaude pendant ces 45 minutes. Le show des jeunes niçois est vraiment très impressionnant, je ne saurais que trop te conseiller d’aller les voir. Tu pourras les retrouver sur de nombreux festivals cette année, notamment à Solidays fin juin.

Une demi-heure de battement. Tandis que le public conquis fonce attraper un EP et faire des bisous à Santa du côté du merch, Black Minou prend ses quartiers sous le chapiteau. La nuit est définitivement tombée et la fraîcheur printanière commence à se faire sévèrement sentir, on se resserre dans la fosse. Heureusement, le rock musclé de Black Minou va venir réchauffer tout ça. Black Minou, c’est une formation parisienne, fondée il y a deux ans par la fratrie Poupaud : Yarol (ex-guitariste du groupe FFF), Melvil (acteur) et César. Ils sont accompagnés par un gang de potes musiciens qui se relayent sur scène en fonction des soirées. Et là, bonne surprise : voilà qu’on retrouve également Aurélien du duo Klink Clock sur scène, ici en second guitariste. J’avais déjà écouté le cocktail de rock/blues/soul des parisiens sans jamais avoir pu les voir en live mais les retours sur leurs prestations étaient généralement bons. Peu après 22h, c’est parti et ça ne tarde pas à envoyer du lourd : « Voodoo Love », « Daft Punk Is Playing At my House », « Natural Soul Brother ». Les riffs sont accrocheurs, les solos aériens, le résultat est brut et viril avec cette touche rétro rock 60-70s absolument irrésistible.

Le gang en a également profité pour rôder quelques nouvelles compos, plutôt excellentes je dois dire, ce sont même les morceaux que j’ai préférés. Voici un petit extrait de l’ambiance sur « Bad Habit » issu de leur EP éponyme :

L’ambiance étant à son comble en fin de set, Yarol investira même le bar de Bonne Machine pour y jouer un titre, tel un équilibriste. C’est sur ce titre qu’on quittera le festival, le froid ayant malheureusement eu raison de nous. Au regret de nos p’tites oreilles, hein. Si tu aimes le rock n’roll authentique, n’hésite pas à aller voir Black Minou en live, franchement ça vaut le détour. D’ailleurs, ils jouent ce jeudi 16 mai au Bus Palladium.

Encore une édition réussie pour le festival Bonne Machine, ayant apparemment affiché quasi complet au long de ces cinq jours. En tout cas, cet après-midi passé en terre conflanaise était très agréable, ça fait plaisir de pouvoir profiter de groupes d’une telle qualité dans un esprit simple et convivial. Alors vivement l’annonce de la prog 2014 !

Et merci à Jennie de nous avoir permis d’assister à cette journée.

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